Selon Sébastien Lecornu, les priorités de ce projet, qui sera « examiné au Parlement avant l’été », seront l’eau, la prédation et les moyens de production. La partie fiscale dépendra de l’adoption du budget. Ces annonces répondent presque point par point à des demandes de la FNSEA, qui annonce rester dans la capitale « pour la nuit ».
Les agriculteurs de la FNSEA ont annoncé rester encore devant l’Assemblée nationale après y avoir passé la journée de mardi pour réclamer davantage de soutien au secteur et malgré les nouvelles annonces du gouvernement.
« On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit », a déclaré Damien Greffin, l’un des vice-présidents de la FNSEA, affirmant à ses troupes que le syndicat agricole souhaitait « remonter au créneau » sur le « sujet de trésorerie, actuellement en discussion ».
Voici quelques clés pour comprendre le rôle central de la FNSEA. Née en 1946, la FNSEA va rapidement devenir le « cogestionnaire » de l’agriculture française : les lois de modernisation de 1960 et 1962 « ont été coélaborées entre les pouvoirs publics et le syndicalisme », explique dans cet article Véronique Lucas, sociologue rurale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).
Longtemps syndicat unique, jusqu’à la création du Modef en 1959, il devient ensuite le premier syndicat agricole, revendiquant 212 000 adhérents et 31 fédérations de producteurs.
La FNSEA contrôle la quasi-totalité des chambres d’agriculture, dont le rôle est central dans le développement du secteur, l’accompagnement et le conseil aux agriculteurs. Le mode de scrutin majoritaire aux élections professionnelles leur assure une surreprésentation dans la gouvernance et une assise financière. Le syndicat contrôle aussi une grande partie de la presse professionnelle agricole (60 % des titres en 2013), parfois hébergée dans les chambres d’agriculture. Enfin, la FNSEA dirige le Conseil de l’agriculture français.
La Coordination rurale a dénoncé, mardi sur X, « la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations », en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat, qui cultive une proximité avec l’extrême droite, a fait face en amenant ses tracteurs jeudi dernier à Paris.
Aujourd’hui, plus de 350 tracteurs d’agriculteurs encartés à la FNSEA selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont été autorisés par la Préfecture de police de Paris à stationner aux abords de l’Assemblée nationale.
La FNSEA demandait depuis plusieurs semaines « une loi spéciale » pour aborder « la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau », la suspension de la directive nitrates et un moratoire sur « l’ensemble des sujets eau ».
Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas, conditionnant leur départ à un rendez-vous à Matignon qui a eu lieu dans l’après-midi. Après les annonces de Sébastien Lecornu, les responsables de la FNSEA reçus plus tôt se concertaient devant l’Assemblée sur les réponses à donner.
« La souveraineté agricole ne peut pas n’être qu’un slogan. C’est une responsabilité nationale. Et elle appelle des décisions et des actes », a estimé le premier ministre dans un post sur X, faisant le constat de « trop de règles complexes, mal expliquées, parfois contre-productives » et de l’« accumulation de normes ». Il annonce ensuite avoir pris quatre décisions : En réponse à François Ruffin, Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, a rappelé le « combat » mené par le gouvernement pour « repousser » l’accord du Mercosur qui « portait atteinte à nos intérêts ».
Cela a permis d’obtenir des concessions, notamment des mesures miroir qui « vont interdire l’entrée sur le marché unique en complément des mesures prises au niveau national » et le renforcement des contrôles.
Jean-Noël Barrot a dit que c’est désormais au Parlement européen qu’il faut aller « mener la résistance, pour introduire cette demande devant la Cour de justice européenne et pour faire entendre la voix des groupes politiques ».
François Ruffin, député du groupe écologiste de la Somme, exige que la « cour de justice » de l’Union européenne soit saisie pour combattre le traité UE-Mercosur. « Je ne veux pas voir mon pays se vider de ces fermes pour un Brésil devenant la ferme-usine du monde. Sinon, demain, ce sera votre censure », a-t-il conclu son intervention.
Deux motions de censure, du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-échange Mercosur, ont été déposées.
Annie Genevard, ministre de l’agriculture, rappelle qu’« on ne peut pas expliquer aux agriculteurs et aux consommateurs que ce qui est interdit dans l’Union européenne puisse être autorisé de fait à travers l’importation de productions ». A quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, contesté par le monde agricole, elle a annoncé que le gouvernement a « décidé d’interdire dans les produits importés cinq substances, et l’Union européenne en a validé déjà trois ».
La ministre s’est félicitée, devant les députés, d’un « progrès majeur », en ajoutant qu’il y aurait la mise en place d’une « brigade de contrôle qui interviendra à la fois sur les importations venant des ports du nord de l’Europe et sur l’ensemble du territoire national ». Plusieurs dizaines de personnes seront chargées d’effectuer ces contrôles, a-t-elle précisé.
Pour les détracteurs du traité, cet accord pourrait bousculer l’agriculture européenne en rendant possible l’importation de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.
La séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale va commencer. La première question est posée par le député d’Horizons Philippe Fait à destination de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard.
La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, rencontre, à son tour, les agriculteurs devant l’Assemblée nationale, avant les questions au gouvernement, prévues à partir de 15 heures.
« Je suis touchée par vos témoignages, a-t-elle dit ? devant un parterre de journalistes. Vous aimez profondément votre métier et vous avez envie d’en vivre dignement. » La ministre de l’agriculture a rappelé les « difficultés conjoncturelles » et le plan annoncé en fin de semaine dernière.
Interpellée par les syndicats agricoles, Annie Genevard a assuré « entendre les revendications ». « Ce n’est pas normal que [pour] des métiers où on travaille tant on gagne si peu. Il faut rallumer la lumière », a-t-elle ajouté, en précisant que le premier ministre, Sébastien Lecornu, devrait annoncer « un deuxième train de mesures dans l’après-midi ».
La ministre a toutefois conditionné les mesures engagées par le gouvernement à l’adoption d’un budget 2026. « Ce n’est pas du chantage, comme nous le reprochent certains, c’est juste la réalité des choses », a-t-elle conclu, alors que les débats sur le projet de loi de finances reprennent dans l’après-midi à l’Assemblée nationale.
C’est une première dans l’histoire de la manifestation, créée en 1964 : les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas présenter de bovins au concours général agricole et refusé la présence, même symbolique, de quelques vaches, dont Biguine, l’égérie brahman venue de la Martinique.
C’est « un coup dur pour le salon », qui laisse ses organisateurs « profondément attristés », a déclaré mardi à la presse son président, Jérôme Despey, ajoutant respecter le choix des éleveurs. Cette décision intervient alors même que « 85 % des bovins » parmi les 500 à 600 qui devaient concourir venaient de zones indemnes de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Mais le protocole sanitaire pourtant strict du salon – qui s’ouvre cette année le 21 février – n’a pas convaincu : « quand on élève pendant plusieurs années des bêtes de concours, on peut comprendre la peur des éleveurs » qui ont choisi de ne pas transporter leurs meilleurs animaux, a expliqué Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisateur du salon.
Les autres animaux (cochons, ovins, chiens, chats, chevaux et ânes) seront bien présents, ainsi que les milliers d’exposants de produits de différentes régions.
Des responsables de la FNSEA et une délégation de 12 agriculteurs sont reçus à Matignon depuis 14 h 30.
Suivra, à partir de 15 heures, une séance de questions au gouvernement, durant laquelle la mobilisation agricole devrait être discutée.
Les Pays-Bas abordent l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur forts d’un modèle agricole singulier, bâti sur l’ultraproductivité et l’exportation. En quelques décennies, ce petit pays densément peuplé est devenu le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, grâce à une agriculture hautement technologique, intensive et intégrée à l’industrie. Serres de pointe, innovations agronomiques, maîtrise des intrants et gains spectaculaires de productivité ont fait du secteur un pilier économique tourné vers les marchés extérieurs.
Dans ce contexte, le monde agricole néerlandais ne s’est pas mobilisé contre l’accord UE-Mercosur. A l’image des autorités politiques, il voit dans le libre-échange un levier pour consolider ses débouchés internationaux. Les critiques se concentrent moins sur les accords commerciaux que sur la politique agricole commune, accusée de favoriser les grands acteurs au détriment des petites exploitations, dont beaucoup ont disparu.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé, mardi, devant des agriculteurs, que la Chambre basse interrogerait en février le gouvernement sur les retards pris dans l’application des lois adoptées au Parlement, dont la loi dite « Duplomb » sur l’agriculture. Elle a assumé de vouloir « titiller le gouvernement » sur un sujet qui revêt « un enjeu démocratique ».
Lors d’une séance dans l’Hémicycle, le 10 février prochain, « chaque président de commission [permanente à l’Assemblée] va pouvoir mettre l’accent sur les lois pour lesquelles les décrets d’application ne sont pas pris correctement, ne sont pas pris dans les temps », a détaillé la députée (Renaissance) des Yvelines.
Plusieurs textes seront concernés, et Yaël Braun-Pivet a annoncé que Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques, présent à ses côtés mardi, avait choisi de mettre sur la table la loi dite « Duplomb », sur l’exercice du métier d’agriculteur, adoptée en juillet, et dont aucun décret d’application n’a encore été pris selon un baromètre sur le site de l’Assemblée.
Après négociation avec le préfet de Haute-Garonne sur place, « on va lever le barrage », ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Benjamin Asna et Bertrand Loup, tous deux responsables des Ultras de l’A64, qui tiennent ce barrage pacifiquement depuis le 12 décembre, à hauteur de la sortie 27 à Carbonne. Les agriculteurs ont commencé à quitter les lieux à bord de tracteurs mardi à la mi-journée.
Les manifestants vont partir « entre aujourd’hui et demain [entre mardi et mercredi], le temps de tout ranger », a précisé M. Loup, alors que de brèves échauffourées ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants, qui voulaient regagner le campement pour le « nettoyer ».
Pour le préfet de la région Occitanie, Pierre-André Durand, cette occupation, « compte tenu de sa durée, était insoutenable ». Après s’être rendu sur place, il a déclaré à la presse que le barrage était « très bien tenu » et ne souffrait « pas de dégradations », alors que les agriculteurs rangeaient leurs affaires avant de prendre peu à peu le départ.
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