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Sur fond de réveil des « puissances de déstabilisation », Emmanuel Macron fait désormais régulièrement appel à la nation et au patriotisme. Selon une enquête, le sentiment patriotique est moins clivé que ne le laisse penser le débat politique.
Publié hier à 20h00 Temps de Lecture 3 min.
C’était en 2018. Emmanuel Macron, pour le centenaire de la Grande Guerre, le 11-Novembre, promettait de « placer la paix plus haut que tout ». Ses conseillers expliquaient au Monde sa volonté de « revivifier » le récit national. « Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme, le nationalisme en est une trahison », disait-il, place de l’Etoile, devant plus de 70 chefs d’Etat, dont Vladimir Poutine et Donald Trump.
Huit ans plus tard, le récit national est surtout au service d’un réarmement et à l’évocation de la « puissance », dans un contexte géopolitique bouleversé par la guerre en Ukraine et le retour de l’impérialisme américain. « Pour être craint, il faut être puissant. Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a déclaré, jeudi 15 janvier, le président de la République lors de ses vœux aux armées, lui qui estime qu’il faut que « la nation consente des efforts à la mesure de notre rude époque ». La référence au patriotisme, au fil des événements, se fait dans un climat de plus en plus guerrier.
En faisant des promesses aux armées, après avoir annoncé, en novembre 2025, le rétablissement d’un « service national volontaire », Emmanuel Macron continue de préparer l’opinion à un effort de guerre qui pèsera dans les choix budgétaires. Il pousse le monde politique à refermer, enfin, la séquence budgétaire et à faire suivre ses déclarations de crédits sonnants et trébuchants. « Je sais, à cet égard, pouvoir compter sur la ministre, la ministre déléguée et l’ensemble des parlementaires pour que l’actualisation de la loi de programmation militaire puisse être adoptée d’ici au 14 juillet prochain », a-t-il ainsi affirmé jeudi, alors que les débats sur le budget s’enlisent.
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Curated by Marcus Thompson






