Selon l’ONG qui fait état de « morts confirmées », 2 403 manifestants et neuf civils qui ne prenaient pas part aux manifestations ont été tués. Par ailleurs, l’organisation rapporte que 147 membres des forces de sécurité et soutiens du gouvernement ont également été tués.
La violente répression du mouvement de contestation en Iran a tué plus de 2 500 personnes, dont 2 403 manifestants, et neuf civils qui ne prenaient pas part aux manifestations, a rapporté mardi l’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), faisant état de morts « confirmées ». Parmi eux se trouvent 12 mineurs, ajoute-t-elle. Par ailleurs, l’organisation rapporte que 147 membres des forces de sécurité et soutiens du gouvernement ont été tués.
HRANA fait aussi état de 18 434 manifestants arrêtés dans le mouvement, qui s’est étendu dans 187 villes. Selon la même sources, 97 cas de confessions forcées ont été diffusés, et la répression a également fait 1 134 blessés graves.
Dans un message publié en farsi sur X, le département d’Etat américain affirme que l’Iran a programmé une première exécution de manifestant mercredi.
« Plus de 10 600 manifestants ont été arrêtés », rappelle la diplomatie américaine ajoutant qu’« Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux ».
Amnesty International a demandé à l’Iran de « surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani ».
Selon Associated Press, le fournisseur d’accès Internet par satellite Starlink propose désormais un service gratuit en Iran. Mehdi Yahyanejad, un militant basé à Los Angeles qui a contribué à faire entrer les appareils en Iran, a déclaré à l’Associated Press que le service gratuit avait commencé. D’autres militants ont également confirmé dans des messages en ligne que le service était gratuit.
« Nous pouvons confirmer que l’abonnement gratuit aux terminaux Starlink est pleinement opérationnel », a déclaré M. Yahyanejad dans un communiqué. « Nous l’avons testé à l’aide d’un terminal Starlink nouvellement activé en Iran. »
Tôt mercredi matin sur X, Reza Pahlavi, le fils en exil de l’ancien chah, a adressé « un message spécial aux membres de l’armée. Vous êtes l’armée nationale d’Iran, pas l’armée de la République islamique. Vous avez le devoir de protéger les vies de nos compatriotes. Il ne vous reste pas beaucoup de temps. Joignez-vous à eux dès sans tarder ».
Dans ce même message adressé plus largement à ses compatriotes, Reza Pahlavi a repris les propos de Donald Trump, assurant que « l’aide est en route ». « Le monde n’a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond », dit-il encore, appelant les manifestants à « continuer le combat ».
La mission iranienne à l’ONU a accusé, mardi sur X, Washington de chercher un « prétexte » pour intervenir militairement en Iran.
« Les fantasmes et la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran sont fondés sur un changement de régime, avec des sanctions, des menaces, des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire », a écrit la mission iranienne sur X.
« Ce scénario a déjà échoué par le passé (…) et il est certain que ce scénario échouera à nouveau », met en garde le communiqué.
Le message est accompagné d’une lettre de protestation adressée aux dirigeants de l’ONU, évoquant notamment « la guerre de douze jours » menée par Israël contre l’Iran, avec le renfort des Etats-Unis. L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, estime que les déclarations du président américain doivent être comprises dans le contexte de « l’échec » de cette guerre.
Revenant sur les propos de Donald Trump appelant les Iraniens « à continuer de manifester » et « à prendre le contrôle des institutions », il l’accuse d’« encourager la déstabilisation politique » et d’« inciter à la violence », « en violation aux principes fondamentaux de la Charte des Nations unies ».
La mission iranienne demande notamment au secrétaire général de l’ONU « de condamner toutes les formes d’incitation à la violence, les menaces de recours à la force et les ingérences américaines dans les affaires iraniennes ».
« Je retourne à la Maison Blanche, nous allons regarder la situation en Iran », a lancé Donald Trump à son retour, mardi en fin d’après-midi, pendant un échange avec la presse sur le tarmac de la base militaire Andrews, près de Washington.
« Nous allons avoir des chiffres précis en lien avec les tueries [de manifestants] », a-t-il ajouté, parlant d’un nombre « significatif » de morts.
Le président américain, Donald Trump, a assuré que les Etats-Unis agiraient « de manière très forte » si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays.
« Nous agirons de manière très forte s’ils font une chose pareille », a affirmé Donald Trump, interrogé par un journaliste de la chaîne CBS sur de potentielles exécutions par pendaison dès mercredi.
IHR « continue de recevoir des rapports faisant état de milliers de morts dans différentes villes et provinces d’Iran », précise l’organisation, après plus de deux semaines de manifestations.
Le parquet iranien a annoncé, mardi, que certaines des personnes arrêtées lors des manifestations s’exposaient à des peines passibles de la peine de mort, sur fond d’inquiétudes sur l’intensification de la répression en Iran.
Le bureau des procureurs de Téhéran a déclaré qu’un nombre indéterminé de manifestants serait poursuivi pour « moharebeh » (guerre contre Dieu, en persan), un des chefs d’accusation les plus graves en Iran et passible de la peine de mort, selon un communiqué cité par la télévision d’Etat. Ces « émeutiers » seront « bientôt présentés à la justice », selon la même source.
L’Iran est deuxième au classement mondial en nombre d’exécutions après la Chine, selon des ONG : en 2025, le pays a exécuté au moins 1 500 condamnés à mort, dénombre l’organisation Iran Human Rights (IHR). Douze personnes avaient été exécutées lors de la dernière grande vague de manifestations entre 2022 et 2023, d’après cette ONG basée en Norvège. Et douze autres ont été exécutées pour espionnage au profit d’Israël, depuis la guerre de juin entre les deux pays ennemis.
Il est « extrêmement préoccupant de voir des déclarations publiques de certains responsables judiciaires évoquant la possibilité de recourir à la peine de mort contre des manifestants à l’issue de procédures judiciaires expéditives », a affirmé, mardi, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Volker Türk. L’IHR a, quant à elle, dit craindre que la théocratie chiite « cherche à organiser des procès rapides sans respecter les garanties d’un procès équitable pour les manifestants détenus ».
L’ONG a notamment cité le cas d’Erfan Soltani, 26 ans, arrêté samedi 10 janvier dans la ville de Karaj, près de Téhéran, et qui, selon sa famille, a déjà été condamné à mort et pourrait être exécuté dès mercredi. Les accusations retenues contre lui ne sont pas connues et l’affaire n’a pas été relayée par les médias d’Etat en Iran.
Les partenaires commerciaux de l’Iran sont nombreux. Parmi les principaux, on retrouve la Chine, les Emirats arabes unis, la Turquie, la Russie, l’Irak mais aussi l’Allemagne, l’Inde, la Thaïlande, le Sri Lanka, le Japon et les Philippines.
Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran ont été réalisés en 2024 avec la Chine, pour 18 milliards de dollars d’importations et 14,5 milliards de dollars d’exportations.
Les hydrocarbures et les composés chimiques (alcools industriels, plastiques) représentaient la majeure partie des exportations iraniennes vers la Chine. L’Iran, de son côté, a importé de Chine des machines industrielles, des équipements électroniques, des voitures et des métaux.
Selon la Banque mondiale, les exportations iraniennes vers les Emirats arabes unis s’élevaient à 6 milliards de dollars en 2022, tandis que les importations atteignaient 18 milliards de dollars. Selon les données de l’OMC, les Emirats arabes unis vendent à l’Iran de l’or, des smartphones et du maïs en échange d’hydrocarbures principalement.
Les importations turques en provenance d’Iran ont légèrement dépassé les 6 milliards de dollars en 2022, tandis que les exportations ont atteint 5,8 milliards de dollars la même année, selon les données de la Banque mondiale.
Les exportations iraniennes vers l’Irak ont représenté 7,35 milliards de dollars en 2022, tandis que les importations en provenance d’Irak ont atteint 456 millions de dollars, selon la Banque mondiale.
Selon le ministère du commerce indien, les échanges commerciaux avec l’Iran sont passés de 17,03 milliards de dollars en 2018-2019 à 1,68 milliard de dollars en 2024-2025. L’Inde exporte vers l’Iran principalement du riz basmati, du sucre, des fruits frais et des produits pharmaceutiques et importe des pistaches, des pommes, des kiwis et des dattes.
Les exportations allemandes vers l’Iran se sont élevées à 870,5 millions d’euros (1 milliard de dollars) entre janvier et novembre 2025, selon l’office fédéral des statistiques de l’Allemagne, Destatis. Les importations en provenance d’Iran ont atteint 217 millions d’euros au cours de cette période.
Le ministère des affaires étrangères allemand a appelé Téhéran « à mettre fin à la violence contre ses citoyens et à respecter leurs droits ». « Les agissements brutaux du régime iranien contre sa propre population sont choquants », a ajouté le ministère dans un message posté sur X.
La France a « toujours un éminent devoir de protection de la communauté française présente en Iran », a souligné le premier ministre devant l’Assemblée nationale. Il a ajouté : « La question de Mme Kohler et de M. Paris, qui sont encore actuellement à l’ambassade, et dont vous savez très bien que la situation reste plus que fragile et préoccupante. » « Parler de silence est excessif », a-t-il complété en réponse au chef de file des députés UDR, Eric Ciotti, allié du Rassemblement national.
« La République française se tient derrière le peuple iranien » et le « combat que mène le peuple iranien pour sa liberté, le respect de ses droits fondamentaux et les aspirations bien naturelles à vivre dans un autre régime politique mérite d’être non seulement salué mais soutenu unanimement », a appuyé le chef du gouvernement.
Le ministère des affaires étrangères danois a annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires d’Iran, l’ambassadeur étant actuellement absent, « afin d’exprimer la condamnation par le gouvernement de l’usage de la violence par le régime iranien contre les manifestants ».
Le ministère danois a déclaré dans un communiqué qu’il a également exhorté « l’Iran à respecter ses obligations internationales, y compris le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion ». « Cela vaut également pour la garantie d’un accès libre et sans entrave à Internet », a-t-il ajouté.
« Patriotes iraniens, CONTINUEZ À MANIFESTER. PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS ! ! ! », a écrit Donald Trump, précisant qu’il avait « annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêt[ai]ent pas ».
Le Royaume-Uni a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Londres pour dénoncer la « répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations » depuis des années, a annoncé, mardi, la cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, devant les députés britanniques.
« Sur mes instructions, le secrétaire d’Etat chargé du Moyen-Orient a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour souligner la gravité du moment, et exiger de l’Iran qu’il réponde aux rapports horribles que nous recevons », et qui font état de « milliers de morts », a-t-elle rapporté.
La France a convoqué, mardi, l’ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer la « violence d’Etat qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques », a annoncé le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors des questions aux gouvernements devant les députés.
Pour Jean-Noël Barrot, la répression des manifestations qui agitent l’Iran depuis le 28 décembre 2025 est « intolérable, insupportable et inhumaine ». « Cette condamnation, je l’ai signifié au ministre des affaires étrangères de l’Iran et elle sera réitérée à l’ambassadeur d’Iran en France que j’ai convoqué aujourd’hui au Quai d’Orsay », a déclaré le chef de la diplomatie.
« Nous ne nous arrêterons pas là : il ne saurait y avoir aucune impunité pour ceux qui tournent leurs fusils contre des manifestants pacifiques », a affirmé le chef de la diplomatie française, évoquant les sanctions « rapides » contre Téhéran promises par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Plusieurs pays européens, notamment l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal ou la Belgique, ont également annoncé ces dernières heures la convocation à leur ministère des affaires étrangères du représentant de la République islamique dans leur pays. Mme von der Leyen « va proposer un certain nombre de désignations nouvelles ciblant les auteurs qui ont tourné leurs armes contre des civils innocents », a rappelé M. Barrot.
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