EN DIRECT, colère des agriculteurs : une majorité d’Etats membres de l’UE approuvent l’accord avec le Mercosur, malgré le « non » de la France
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EN DIRECT, colère des agriculteurs : une majorité d’Etats membres de l’UE approuvent l’accord avec le Mercosur, malgré le « non » de la France

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Published
Jan 9, 2026

Grâce à cet aval, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait se rendre dès lundi au Paraguay afin de signer ce traité commercial avec l’Amérique latine.

Une majorité qualifiée d’Etats européens a approuvé vendredi l’accord de libre-échange avec le Mercosur, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France, a montré la réunion des ambassadeurs auprès de l’UE. Selon les informations du Monde, les pays ayant voté contre sont la France, la Pologne, la Hongrie et l’Irlande. Se sont abtenues la Belgique et l’Autriche.

Une procédure écrite va être lancée pour confirmer formellement ce vote. Les résultats sont attendus à 17 heures.

Les forces de l’ordre sont intervenues aux alentours de l’Arc de triomphe, où les Soulevements de la Terre, qui se sont joints au mouvement agricole, annoncent sur X qu’une nasse est en train d’être mise en place.

La Confédération paysanne a annoncé l’arrestation « très brutale » de Thomas Gibert et Stéphane Galais, tous les deux porte-parole nationaux, publiant des vidéos de l’interpellation et des policiers mettant violemment à terre deux manifestants. Ces derniers ont été placés en garde à vue, précise Révolution permanente sur X. « Nous exigeons leur libération immédiate », écrit la Confédération paysanne sur Telegram.

« Il y a deux jours, ils étaient dans le bureau du premier ministre. Sébastien Lecornu nous a dit : “Il va falloir se mobiliser dans la rue contre le Mercosur.” La France vote contre et aujourd’hui, on arrête des représentants syndicaux paysans », s’est indignée une autre porte-parole du mouvement, Fanny Metrat.

« Cette répression de représentants syndicaux est absolument inacceptable. La mobilisation des agriculteurs contre l’abattage total et le Mercosur est plus que légitime », a dénoncé la députée de Haute-Vienne, Manon Meunier, sur X, expliquant que les porte-parole étaient en train de « marcher autour de l’Arc de triomphe » pacifiquement pour aller rejoindre les tracteurs quand ils ont été interpellés.

Le premier ministre a défendu la « position claire » de la France sur le Mercosur, rappelant que « nous voterons contre, sans surprise ». « Déposer une motion de censure dans ce contexte, c’est choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes. C’est choisir d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer l’unité nationale dans la défense de notre agriculture », a-t-il déclaré sur X, alors que LFI et le Rassemblement national ont annoncé le dépôt de mentions de censure.

Sébastien Lecornu a dénoncé ce qu’il qualifie de « postures cyniques partisanes » qui retardent selon lui les discussions budgétaires et envoient « un très mauvais signal à l’étranger ». Ces motions « retard[ent] encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral, et envoie[nt] un très mauvais signal à l’étranger », ajoute M. Lecornu.

« La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux » du président Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion de censure déposée vendredi contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, annoncée par la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée, Mathilde Panot, sur X. Ils protestent contre le « piétinement » de la souveraineté populaire et du droit international, concernant aussi bien l’accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.

Malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, ils dénoncent « le déni écologique, la casse industrielle et sociale, et une concurrence manifestement déloyale » permis par ce traité, qui doit recevoir l’avis favorable de la majorité des Vingt-Sept, vendredi.

LFI accuse le président d’avoir « laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne » par cet accord négocié depuis des années, voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des « artifices ».

Dans l’Union européenne, un nombre limité de domaines politiques considérés comme sensibles restent soumis au vote à l’unanimité. Il s’agit par exemple de la fiscalité, la sécurité sociale et la protection sociale, l’adhésion de nouveaux Etats membres de l’UE, la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ou encore la coopération policière opérationnelle entre les Etats membres.

Toutefois, ce n’est pas le cas de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur. Emmanuel Macron a assuré jeudi que la France voterait contre cet accord, vendredi à Bruxelles, invoquant un « rejet politique unanime ». Mais il n’a pas le pouvoir à lui seul de stopper son adoption par l’Union européenne (UE). La Commission européenne dispose d’un mandat de négociation de la part des vingt-sept Etats membres de l’UE, dont la France, pour finaliser l’accord avec le Mercosur. Ce mandat avait été accordé en 1999, sous la présidence de Jacques Chirac, et n’a pas été remis en question depuis.

Ursula von der Leyen doit obtenir l’aval des Etats européens à la majorité qualifiée (au moins quinze pays, représentant 65 % de la population européenne), lors du vote prévu à Bruxelles. S’il est validé, l’accord sera ensuite soumis à un vote à la majorité simple du Parlement européen. Paris explique que la partie n’est pas terminée, puisque le scrutin pourrait être serré dans l’hémicycle, où les considérations nationales pèseront. Ursula von der Leyen espère ensuite parapher ce traité lundi au Paraguay.

Si le traité est signé, il s’imposerait à l’ensemble des pays membres de l’UE, que la France le veuille ou non. Le marché unique européen impose en effet une politique douanière commune aux Vingt-Sept, qui n’ont pas la possibilité légale, ni matérielle, d’imposer leurs propres droits de douane.

Cela fait vingt-cinq ans que l’Union européenne (UE) et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) tentent de conclure un accord de libre-échange, qui créerait un marché de 750 millions de personnes. Celui-ci pourrait recevoir l’aval des Etats européens vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France. A plusieurs reprises, ils ont cru être parvenus à leurs fins, mais, à chaque fois, dans la dernière ligne droite, ils ont dû renoncer.

En 2019, un accord avait certes été trouvé entre les deux parties, mais la France, déjà, avait pris la tête de la rébellion et convaincu plusieurs Etats membres, à commencer par l’Allemagne. L’exécutif communautaire, en effet, n’a pas le pouvoir de ratification. Celui-ci est aux mains des Etats membres et du Parlement européen qui, seuls, peuvent inscrire un traité commercial dans le marbre.

En décembre 2023, de nouveau, Ursula von der Leyen pensait qu’un accord était à portée de main, mais elle avait dû renoncer in extremis. Emmanuel Macron lui avait alors une nouvelle fois dit son opposition catégorique, tandis qu’à Buenos Aires le président argentin sortant avait préféré laisser la main à son successeur, Javier Milei, tout juste élu mais pas encore en poste.

Fin 2024, Ursula von der Leyen avait passé outre l’opposition d’Emmanuel Macron. Le 6 décembre 2024, elle s’était rendue en Uruguay, à Montevideo, où elle annonçait avoir enfin trouvé un terrain d’entente avec ses homologues du Mercosur.

Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues vendredi, alors qu’un vote sur le Mercosur est attendu dans la journée à la Commission européenne, dans certaines régions de France, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne. Il s’agit du troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs. Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique, selon la préfecture.

La gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7 h 30, à Beaune (Bourgogne), mais aussi en Lozère, dans le Tarn et au Pays basque. Celui de l’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, par des agriculteurs de la Coordination rurale se poursuit, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

« En raison de manifestations agricoles belges en Belgique sur les autoroutes E42 et E19, où des tracteurs occupent la chaussée, le réseau autoroutier français est perturbé », a annoncé la préfecture du département français du Nord dans un communiqué, au cours de la nuit de jeudi à vendredi. Les autoroutes françaises A27 et A2, qui mènent à ces autoroutes belges, sont par conséquent fermées dans le sens France-Belgique, dès la sortie de la métropole lilloise pour l’A27, et peu après Valenciennes pour l’A2.

Sur l’A2, « le secteur de Valenciennes est bloqué depuis 20 h 30 » par des membres du syndicat Jeunes agriculteurs (JA), a précisé à l’Agence France-Presse Anthime Coupet, président des JA du Nord et du Pas-de-Calais, parlant d’une centaine d’agriculteurs franco-belges mobilisés sur l’opération conjointe A2-E19. Une autre action est prévue à partir de vendredi matin par les JA et la FDSEA du Nord sur l’A27, a-t-il ajouté.

« Pour l’instant, on a annoncé au préfet qu’on bloquerait jusqu’à lundi (…), on n’a pas l’intention de se laisser faire », promet M. Coupet, ni par le gouvernement français, ni par Bruxelles, ni par la tempête Goretti, qui doit pourtant souffler fort dans le Nord au cours des prochaines heures.

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a annoncé jeudi que son parti déposerait une motion de censure contre le gouvernement Lecornu, malgré le vote « contre » de la France à l’accord commercial avec les pays du Mercosur, y voyant une « mise en scène ».

« En prétendant aujourd’hui s’y opposer, après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français, il [Emmanuel Macron] tente une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite », a écrit M. Bardella sur X, en dénonçant une « trahison des agriculteurs français ». « Le Rassemblement national engagera donc deux motions de censure : à l’Assemblée nationale contre le gouvernement, au Parlement européen contre la Commission von der Leyen », a-t-il écrit.

Le traité de libre échange UE-Mercosur, « qui demeure déséquilibré, ne répond pas à nos exigences de justice, d’équité et de réciprocité pour nos agriculteurs », a estimé jeudi soir dans un message sur X la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, peu de temps après qu’Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre vendredi à Bruxelles. Cet accord « fait peser des risques économiques sur nos filières, des risques sanitaires pour les consommateurs français ainsi que des risques environnementaux », a-t-elle poursuivi.

« La France restera pleinement engagée pour défendre une politique commerciale cohérente avec nos engagements, protectrice de nos filières et de la souveraineté alimentaire européenne. Vous pouvez compter sur moi pour poursuivre ce combat que je mène avec force depuis la première minute », assure encore la ministre.

Des journalistes présents cet après-midi aux abords de l’Assemblée nationale, à Paris, rapportent que la manifestation des agriculteurs dans la capitale s’est achevée. Des tracteurs sont en train de quitter Paris.

Merci pour votre question. Emmanuel Macron vient d’annoncer que la France voterait contre le traité de libre-échange avec le Mercosur lors du vote prévu vendredi à Bruxelles. La décision française s’ajoute à l’opposition de la Pologne, de l’Autriche, de la Hongrie, ou encore de l’Irlande, qui a annoncé aujourd’hui son rejet de cet accord commercial.

La France, toutefois, ne devrait pas être en mesure de bloquer l’accord. La Commission européenne semble, en effet, en passe d’obtenir le soutien crucial de l’Italie, longtemps réticente, mettant ainsi fin aux derniers espoirs de Paris de pouvoir former une minorité de blocage. Le ministre des affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a salué hier de nouvelles mesures de l’UE en faveur des agriculteurs et « les énormes avantages » du traité avec le Mercosur, montrant ainsi des signes de ralliement au camp des « pro-Mercosur », aux côtés de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Espagne, ou des pays scandinaves, qui plébiscitent cet accord pour relancer l’économie européenne.

La Commission européenne devrait donc obtenir vendredi l’aval des ÉEtats européens à la majorité qualifiée, une signature pourrait avoir lieu dès lundi au Paraguay, après plus de vingt-cinq ans de négociations.

Si le chef de l’Etat a anoncé que la France voterait « contre » le traité de libre-échange avec le Mercosur, il a toutefois salué les « avancées » obtenues auprès de Bruxelles : « une clause de sauvegarde spécifique », sorte de « frein d’urgence » sur les importations agricoles des pays latino-américains du Mercosur en cas de déstabilisations de marché en Europe, mais aussi des « mesures de réciprocité sur les conditions de production », et des « contrôles » renforcés. « Plusieurs de ces progrès doivent encore être finalisés, la France y veillera », a déclaré Emmanuel Macron.

Il s’est aussi félicité d’autres « engagements majeurs de la Commission européenne », sur le montant du budget futur de la politique agricole commune (PAC) et sur les prix des engrais. « L’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire. Je continuerai de me battre pour la pleine mise en œuvre concrète des engagements obtenus de la Commission européenne et pour protéger nos agriculteurs », a-t-il assuré.

« la France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes », a avancé le chef de l’Etat pour justifier le rejet de l’accord par la France.

« Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+ 0,05 % sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040, selon la Commission). Il ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire », a-t-il estimé.

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