Dans un message posté sur X dimanche soir, l’héritier en exil offre une alternative aux fonctionnaires du régime, aux membres de l’armée et aux forces de l’ordre : « se ranger du côté du peuple et devenir les alliés de la nation, ou choisir la complicité avec les assassins du peuple et porter à jamais la honte et la condamnation de la nation. »

Le président américain a déclaré dimanche que le régime iranien était prêt à « négocier » après ses menaces d’opération militaire, alors que la République islamique est aux prises avec des manifestations massives contre le gouvernement.

« Les dirigeants iraniens ont appelé » samedi, a affirmé Donald Trump à des journalistes à bord d’Air Force One, ajoutant qu’« une rencontre est en cours de préparation ». Le président américain a prévenu cependant que les Etats-Unis pourraient « devoir agir avant une rencontre ».

Donald Trump a déclaré dimanche que l’armée américaine étudiait des « options très fortes » concernant l’Iran, au moment où les craintes d’une répression meurtrière du mouvement de contestation dans le pays se renforcent.

« Nous examinons la question très sérieusement. L’armée examine la question, et nous étudions des options très fortes. Nous allons prendre une décision », a dit le président américain aux journalistes à bord de son avion Air Force One.

Dans un message posté sur le réseau social X dimanche soir, Reza Pahlavi, se réclamant d’« un mandat public » qu’il aurait reçu des manifestants iraniens, annonce une « nouvelle phase du soulèvement visant à renverser la République islamique et à récupérer notre Iran bien aimé ».

« A l’intérieur de l’Iran », le fils de l’ancien chah appelle ses compatriotes à considérer « toutes les institutions et tous les appareils chargés de la propagande du régime et de la coupure des communications (…) comme des cibles légitimes ».

Aux fonctionnaires du régime, aux membres de l’armée et aux forces de l’ordre, il offre une alternative : « se ranger du côté du peuple et devenir les alliés de la nation, ou choisir la complicité avec les assassins du peuple et porter à jamais la honte et la condamnation de la nation. »

Reza Pahlavi appelle par ailleurs à ce que les ambassades iraniennes du monde entier soient rendues au peuple iranien. « Le moment est venu de les orner du drapeau national iranien, en remplacement de la bannière honteuse de la République islamique », dit-il, dans une allusion au drapeau qui était celui de l’Iran sous le chah.

« Nous ne nous rendrons pas », assure-t-il encore, alors que la répression se déchaîne en Iran contre les manifestants. « La liberté de l’Iran est proche », clame-t-il encore, affirmant : « nous ne sommes pas seuls. Le soutien international arrivera bientôt. »

Dimanche soir, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant en grand nombre dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.

Malgré les vidéos qui circulent, la télévision d’Etat s’est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d’une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a assuré à la télévision que « le nombre de manifestations [était] en baisse », une affirmation que nous ne sommes pas en mesure de vérifier.

L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé en dénonçant un « massacre » et un « crime (…) majeur contre le peuple iranien ». L’IHR a aussi estimé à plus de 2 600 les manifestants arrêtés.

Dans une autre vidéo authentifiée par l’Agence France-Presse (AFP), on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient « débordés » par l’afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.

A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de boutiques qui ont baissé le rideau. Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter.

Le gouvernement iranien a décrété dimanche trois jours de deuil national pour les « martyrs », dont des membres des forces de sécurité tués au cours de deux semaines de manifestations, a rapporté la télévision d’État, cité par l’Agence France-Presse.

Le gouvernement a décrit la lutte contre ce qu’il qualifie d’« émeutes » comme une « bataille de résistance nationale iranienne contre l’Amérique et le régime sioniste », en utilisant le terme employé par la direction religieuse pour désigner Israël, que la République islamique ne reconnaît pas.

Le président Massoud Pezeshkian a appelé la population à participer lundi à une « marche de résistance nationale », une série de rassemblements dans tout le pays pour dénoncer les violences, que le gouvernement affirme avoir été commises par des « criminels terroristes urbains », selon la télévision d’État.

La répression des manifestations nationales en Iran a fait au moins 538 morts et plus de 10 600 personnes ont été arrêtées au cours des deux semaines de manifestations, selon l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency citée par Associated Press (AP), qui assure que les informations de cette agence se sont révélées exactes lors des précédents troubles en Iran.

L’agence américaine s’appuie sur le réseau de ses sympathisants en Iran pour recouper les informations. Parmi les personnes tuées qu’elle recense, 490 étaient des manifestants et 48 des membres des forces de sécurité.

A cause de la coupure d’Internet et des lignes téléphoniques en Iran, il est devenu plus difficile d’évaluer l’ampleur des manifestations depuis l’étranger. Le gouvernement iranien n’a pas communiqué de chiffres globaux concernant les victimes des manifestations.

Plus de deux mille personnes ont manifesté dimanche à Paris, à l’appel des partisans du fils de l’ancien chah d’Iran, pour soutenir le mouvement de contestation en cours en Iran, aux cris de « Non à la République islamiste terroriste », a constaté l’Agence France-Presse.

Les manifestants, de toutes générations dont de nombreux jeunes, ont marché sous des drapeaux de l’ancien régime impérial iranien mais aussi sous des drapeaux israéliens, sans pouvoir approcher de l’ambassade d’Iran à Paris à la suite d’une décision de la préfecture de Paris.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est déclaré dimanche « choqué par les rapports faisant état de violences » contre des manifestants en Iran, appelant les autorités « à faire preuve de la plus grande retenue » dans l’usage de la force. « Tous les Iraniens doivent pouvoir exprimer leurs doléances de manière pacifique et sans crainte. Les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, tels qu’inscrits dans le droit international, doivent être pleinement respectés et protégés », selon un texte transmis par son porte-parole.

Antonio Guterres appelle en outre les autorités « à prendre des mesures permettant l’accès à l’information dans le pays, notamment en rétablissant les communications ». Au moins 192 manifestants sont morts en deux semaines de manifestations, selon l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights. Ce bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.

Ces captures d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux sont présentées par ceux qui les diffusent comme montrant des corps dans des sacs mortuaires, devant le centre médico-légal Kahrizak, à Téhéran, le 11 janvier 2026.

L’Agence de presse britannique Reuters les diffuse ce dimanche. « La localisation a été confirmée par les bâtiments, le tracé des routes (qui correspond au fichier) et l’imagerie satellite de la zone. La date n’a pas pu être vérifiée indépendamment », précise-t-elle.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Londres pour soutenir la contestation en cours contre le pouvoir en Iran, lors de différents rassemblements devant l’ambassade iranienne et dans Downing Street.

« Nous voulons la révolution, changer le régime », témoigne auprès de l’Agence France-Presse Afsi, 38 ans, vivant à Londres depuis sept ans, et qui n’a pas de nouvelles de ses proches en Iran à cause de la coupure d’Internet qui dure depuis plus de soixante heures dans le pays. Ce n’est pas la première fois que la République islamique fait face à un tel mouvement de révolte, mais « cette fois, nous avons de l’espoir », assure Afsi. « Nous avons le sentiment que nous pouvons le faire cette fois-ci », ajoute-t-il.

« Nous essayons de faire entendre notre voix pour interpeller le monde, lui dire que notre peuple est tué et demander aux pays et gouvernements étrangers, en particulier au premier ministre [britannique] Keir Starmer, d’agir contre la République islamique d’Iran qui tue des gens », témoigne aussi Sassan, ingénieur de 34 ans.

« Je suis prêt à retourner en Iran dès que possible. C’est déjà en préparation », a expliqué Reza Pahlavi sur Fox News. « Mon travail consiste à mener cette transition afin de m’assurer que tout soit mis en œuvre, dans une transparence totale, pour que les citoyens puissent élire librement leurs dirigeants et décider de leur propre avenir », a ajouté le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis.

S’adressant à Donald Trump et critiquant les prédécesseurs Joe Biden et Barack Obama, Reza Pahlavi assure que le président américain et lui peuvent « rendre sa grandeur à l’Iran », détournant le slogan trumpiste « Make America Great Again ». « Vos mots en solidarité avec le peuple iranien, et ceux de votre administration, ont eu un effet positif énorme. »

« Ils [les Etats-Unis et Israël] ont recruté et formé certaines personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur (…) fait entrer des terroristes depuis l’étranger », a accusé le président iranien, Massoud Pezeshkian, lors d’un entretien télévisé diffusé sur la chaîne publique IRIB, ajoutant que les deux pays « cherchent à aggraver les troubles ».

Des propos qui font suite aux menaces énoncées par le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui assure qu’« en cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront [leurs] cibles légitimes ». Il a semblé ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.

Samedi, le président américain, Donald Trump, a répété que Washington se tenait « prêt à aider » les manifestants « aspirant à la liberté ». Il avait auparavant menacé de « frapper très fort » le pays en cas de vague de répression meurtrière. Vendredi soir, déjà, le président américain avait menacé Téhéran, déclarant : « Vous feriez mieux de ne pas commencer ​à tirer sinon nous ‍aussi nous commencerons à tirer. » « J’espère seulement que les manifestants ​en Iran seront en sécurité, car c’est un endroit très ‌dangereux en ce moment. » Pour rappel, les Etats-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin 2025, se joignant ainsi à ‌Israël dans une brève guerre contre Téhéran.

« Les manifestations sont une affaire interne à l’Iran », a fait savoir, dimanche, une source officielle de l’armée israélienne. « Nous suivons de près les développements en cours en Iran », ajoute l’armée en faisant état de plusieurs « évaluations » conduites par l’état-major sur les protestations qui secouent le pays depuis deux semaines. « L’armée se tient prête à agir défensivement (…). Nous serons en capacité de répondre avec force si nécessaire », précise la même source.

Dimanche matin, l’agence de presse Reuters avait cité trois responsables israéliens rapportant un « état d’alerte maximal » dans le pays. L’Iran a menacé dimanche Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d’intervention militaire des Etats-Unis contre la République islamique. « Nous espérons tous que la nation perse sera bientôt libérée du joug de l’oppression », a également déclaré, dimanche, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement. « Lorsque le régime tombera, nous ferons ensemble de bonnes choses pour les deux peuples », a-t-il ajouté, selon les comptes-rendus de la presse israélienne.

Luc Bronner (Jérusalem, correspondant)

« Le peuple [iranien] ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société. Le peuple devrait avoir confiance en [la] volonté [du gouvernement] d’instaurer la justice », a déclaré le président Massoud Pezeshkian, dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision publique IRIB et visionné par l’Agence France-Presse, dans sa première prise de parole après trois nuits de manifestations intensifiées contre les autorités.

« Manifester est un droit du peuple », a-t-il ajouté établissant une distinction entre la colère suscitée par la grave crise économique que traverse le pays et les « émeutiers ». Il a appelé les Iraniens à « s’unir et ne pas laisser ces personnes semer l’émeute ». « Si les gens ont des préoccupations, nous les entendrons, c’est notre devoir de les écouter et de résoudre leurs problèmes. Toutefois, notre devoir premier est de ne pas laisser les émeutiers venir perturber la société », a-t-il insisté.

Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré, dans un entretien télévisé partagé sur X, qu’Israël soutenait le peuple iranien dans ce qu’il a qualifié de « lutte pour la liberté » et « souhaite bonne chance » aux manifestants, alors que d’importantes contestations secouent la République islamique et que 192 manifestants morts ont été dénombrés par l’ONG Iran Human Rights depuis le début du mouvement, soit plus du double de chiffre de 51 morts donné vendredi.

« Nous pensons qu[e l’Iran] mérite un avenir meilleur. Nous n’avons aucune hostilité envers le peuple iranien. Nous avons un énorme problème (…) avec le régime (…), premier exportateur de terrorisme et de radicalisme », a poursuivi M. Saar.

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