Selon le premier ministre, les priorités de ce projet de loi seront l’eau, la prédation et les moyens de production. La partie fiscale et budgétaire de ce projet, dont la création d’un dispositif d’épargne pour « mieux faire face aux chocs économiques », dépendra de l’adoption du budget 2026.

« La souveraineté agricole ne peut pas n’être qu’un slogan. C’est une responsabilité nationale. Et elle appelle des décisions et des actes », a estimé le premier ministre dans un post sur X, faisant le constat de « trop de règles complexes, mal expliquées, parfois contre-productives » et l’« accumulation de normes ». Il annonce ensuite avoir pris 4 décisions : Ce plan fiscal et budgétaire du gouvernement − le 4e point − « sera déposé ce soir par voie d’amendement. Il est désormais soumis au vote du Parlement. Il ne pourra entrer en vigueur qu’avec l’adoption d’un budget », précise Sébastien Lecornu.

En réponse à François Ruffin, Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, a rappelé le « combat » mené par le gouvernement pour « repousser » l’accord du Mercosur qui « portait atteinte à nos intérêts ».

Cela a permis d’obtenir des concessions, notamment des mesures miroir qui « vont interdire l’entrée sur le marché unique en complément des mesures prises au niveau national » et le renforcement des contrôles.

Jean-Noël Barrot a dit que c’est désormais au Parlement européen qu’il faut aller « mener la résistance, pour introduire cette demande devant la Cour de justice européenne et pour faire entendre la voix des groupes politiques ».

François Ruffin, député du groupe écologiste de la Somme, exige que la « cour de justice » de l’Union européenne soit saisie pour combattre le traité UE-Mercosur. « Je ne veux pas voir mon pays se vider de ces fermes pour un Brésil devenant la ferme-usine du monde. Sinon, demain, ce sera votre censure », a-t-il conclu son intervention.

Deux motions de censure, du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-échange Mercosur, ont été déposées.

Annie Genevard, ministre de l’agriculture, rappelle qu’« on ne peut pas expliquer aux agriculteurs et aux consommateurs que ce qui est interdit dans l’Union européenne puisse être autorisé de fait, à travers l’importation de productions ». A quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, contesté par le monde agricole, elle a annoncé que le gouvernement a « décidé d’interdire dans les produits importés cinq substances et l’Union européenne en a validé déjà trois ».

La ministre s’est félicitée, devant les députés, d’un « progrès majeur », ajoutant qu’il y aurait la mise en place d’une « brigade de contrôle qui interviendra à la fois sur les importations venant des ports du nord de l’Europe et sur l’ensemble du territoire national ». Plusieurs dizaines de personnes seront chargées d’effectuer ces contrôles, a-t-elle précisé.

Pour les détracteurs du traité, cet accord pourrait bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.

La séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale va commencer. La première question est posée par le député Horizons Philippe Fait à destination de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard.

La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, rencontre, à son tour, les agriculteurs devant l’Assemblée nationale, avant les questions au gouvernement, prévues à partir de 15 heures.

« Je suis touchée par vos témoignages, a-t-elle dit, devant un parterre de journalistes. Vous aimez profondément votre métier et vous avez envie d’en vivre dignement. » La ministre de l’agriculture a rappelé les « difficultés conjoncturelles » et le plan annoncé en fin de semaine dernière.

Interpellée par les syndicats agricoles, Annie Genevard a expliqué « entendre les revendications ». « Ce n’est pas normal que des métiers où on travaille tant, on gagne si peu. Il faut rallumer la lumière », a-t-elle ajouté, précisant que le premier ministre, Sébastien Lecornu, devrait annoncer « un deuxième train de mesures dans l’après-midi ».

La ministre a toutefois conditionné les mesures engagées par le gouvernement à l’adoption d’un budget 2026. « Ce n’est pas du chantage, comme nous le reprochent certains, c’est juste la réalité des choses », a-t-elle conclu, alors que les débats sur le projet de loi de finances reprennent dans l’après-midi à l’Assemblée nationale.

C’est une première dans l’histoire de la manifestation, créée en 1964 : les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas présenter de bovins au concours général agricole et refusé la présence, même symbolique, de quelques vaches, dont Biguine, l’égérie brahman venue de la Martinique.

C’est « un coup dur pour le salon », qui laisse ses organisateurs « profondément attristés », a déclaré mardi à la presse son président, Jérôme Despey, ajoutant respecter le choix des éleveurs. Cette décision intervient alors même que « 85 % des bovins » parmi les 500 à 600 qui devaient concourir venaient de zones indemnes de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mais le protocole sanitaire pourtant strict du salon – qui s’ouvre cette année le 21 février – n’a pas convaincu : « quand on élève pendant plusieurs années des bêtes de concours, on peut comprendre la peur des éleveurs » qui ont choisi de ne pas transporter leurs meilleurs animaux, a expliqué Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisateur du salon.

Les autres animaux (cochons, ovins, chiens, chats, chevaux et ânes) seront bien présents, ainsi que les milliers d’exposants de produits de différentes régions.

Des responsables de la FNSEA et une délégation de 12 agriculteurs sont reçus à Matignon depuis 14 h 30.

Suivra, à partir de 15 heures, une séance de questions au gouvernement, durant laquelle la mobilisation agricole devrait être discutée.

Les Pays-Bas abordent l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur forts d’un modèle agricole singulier, bâti sur l’ultraproductivité et l’exportation. En quelques décennies, ce petit pays densément peuplé est devenu le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, grâce à une agriculture hautement technologique, intensive et intégrée à l’industrie. Serres de pointe, innovations agronomiques, maîtrise des intrants et gains spectaculaires de productivité ont fait du secteur un pilier économique tourné vers les marchés extérieurs.

Dans ce contexte, le monde agricole néerlandais ne s’est pas mobilisé contre l’accord UE-Mercosur. A l’image des autorités politiques, il voit dans le libre-échange un levier pour consolider ses débouchés internationaux. Les critiques se concentrent moins sur les accords commerciaux que sur la politique agricole commune, accusée de favoriser les grands acteurs au détriment des petites exploitations, dont beaucoup ont disparu.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé, mardi, devant des agriculteurs, que la Chambre basse interrogerait en février le gouvernement sur les retards pris dans l’application des lois adoptées au Parlement, dont la loi dite « Duplomb » sur l’agriculture. Elle a assumé de vouloir « titiller le gouvernement » sur un sujet qui revêt « un enjeu démocratique ».

Lors d’une séance dans l’Hémicycle, le 10 février prochain, « chaque président de commission [permanente à l’Assemblée] va pouvoir mettre l’accent sur les lois pour lesquelles les décrets d’application ne sont pas pris correctement, ne sont pas pris dans les temps », a détaillé la députée (Renaissance) des Yvelines.

Plusieurs textes seront concernés, et Yaël Braun-Pivet a annoncé que Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques, présent à ses côtés mardi, avait choisi de mettre sur la table la loi dite « Duplomb », sur l’exercice du métier d’agriculteur, adoptée en juillet, et dont aucun décret d’application n’a encore été pris selon un baromètre sur le site de l’Assemblée.

Après négociation avec le préfet de Haute-Garonne sur place, « on va lever le barrage », ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Benjamin Asna et Bertrand Loup, tous deux responsables des Ultras de l’A64, qui tiennent ce barrage pacifiquement depuis le 12 décembre, à hauteur de la sortie 27 à Carbonne. Les agriculteurs ont commencé à quitter les lieux à bord de tracteurs mardi à la mi-journée.

Les manifestants vont partir « entre aujourd’hui et demain [entre mardi et mercredi], le temps de tout ranger », a précisé M. Loup, alors que de brèves échauffourées ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants, qui voulaient regagner le campement pour le « nettoyer ».

Pour le préfet de la région Occitanie, Pierre-André Durand, cette occupation, « compte tenu de sa durée, était insoutenable ». Après s’être rendu sur place, il a déclaré à la presse que le barrage était « très bien tenu » et ne souffrait « pas de dégradations », alors que les agriculteurs rangeaient leurs affaires avant de prendre peu à peu le départ.

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, est présent lui aussi devant l’Assemblée nationale. Interrogé sur l’absence de son syndicat aux manifestations de la semaine passée, il répond : « On s’est mobilisés depuis des semaines. Ça ne démarre pas d’aujourd’hui. » Il insiste sur le fait que leurs actions se veulent encadrées et dignes : « Parce qu’on n’a pas le même mode opératoire [que les autres syndicats agricoles]. On n’est pas prêts à enfoncer des véhicules de police. Mais, sur le fond, nous sommes tous plus ou moins alignés. »

Pour lui, l’heure n’est pas à la division entre syndicats : l’essentiel est d’obtenir des résultats concrets pour répondre à la crise de l’agriculture. La priorité est l’adoption du budget : « On a besoin de savoir urgemment si, par exemple, un viticulteur du sud de la France qui veut arracher ses vignes, aura son argent ou pas. Ça, c’est blanc ou noir, et c’est tout de suite. »

A la fin de février, il confirme qu’il se rendra au Salon de l’agriculture : « C’est un lieu d’échange avec 600 000 visiteurs, où nous pouvons montrer notre fierté pour notre travail et continuer à bénéficier de leur soutien. »

A 40 kilomètres au sud de Toulouse, Les Ultras de l’A64 ont levé leur barrage, mardi 13 janvier en fin de matinée. Les agriculteurs l’avaient érigé à hauteur de Carbonne (Haute-Garonne) ​depuis le 12 décembre pour protester contre la politique d’abattage systématique de leur troupeau de bovins en cas d’infection à la dermatose nodulaire. « Nous nous sommes engagés à laisser libre la voie d’accès demain midi – mercredi 1​4 janvier – au plus tard », assure Bertrand Loup, vice-président des Ultras de l’A64 et vice-président de la chambre d’agriculture de la Haute-Garonne. « On va tout ranger, tout démonter. On n’a rien dégradé. »

Cette décision a été prise à la suite d’une réunion de négociations avec le préfet de la Haute-Garonne et de l’Occitanie, Pierre-André Durand, un échange au cours duquel a été aussi abordée la situation des exploitants de la région. « Nous avons fléché des fonds d’urgence non attribués pour les céréaliers. Car en Haute-Garonne, fin 2024, 90 exploitations ont été placées en redressement judiciaire », détaille Bertrand Loup. Cette réunion de crise s’est déroulée en milieu de matinée alors que le préfet avait ordonné le démantèlement du barrage. Dans la nuit, aux alentours de 4 heures du matin, plusieurs centaines de gendarmes mobiles – entre 200 et 300 selon Les Ultras​ de l’A64 – avaient été déployé​s sur la zone.

« Nous avons été encerclés. Les agriculteurs venus nous soutenir, ainsi que les journalistes, sont restés sur le rond-point, à l’entrée du barrage », déplore Bertrand Loup. « Quatre blindés centaures ont démoli nos murs de bottes de paille » dressés en travers de l’autoroute Toulouse-Bayonne, coupée dans les deux sens depuis trente-deux jours à hauteur de la sortie 27. « Il y a eu beaucoup de tension mais le calme est revenu. »

Néanmoins, « le combat n’est pas fini », prévient-il. « On va se reposer quelques jours et nous verrons ce qu’il ressortira de la réunion prévue avec le préfet et la chambre régionale d’agriculture. »

Audrey Sommazi (Toulouse, correspondance)

Grégoire Béhot, 31 ans, adhérent des Jeunes Agriculteurs, manifeste aussi aujourd’hui. Il est installé depuis trois ans sur l’exploitation familiale dans le Val-d’Oise, qu’il a reprise intégralement à son père. Il gère une exploitation spécialisée en grandes cultures : blé, orge, colza, maïs. « En trois ans, je ne me suis encore jamais payé », déplore-t-il.

Il pointe les cours « trop bas » et la fixation des prix, hors de leur contrôle : « On a des rendements trop bas par rapport à nos prévisions, et des prix de vente trop bas par rapport à nos charges. Forcément, on arrive en négatif. »

Pour ces jeunes qui ont encore leur installation à rembourser, les contraintes financières s’ajoutent à l’investissement initial, et cela pèse sur la vie quotidienne : « Je vis avec ce que j’ai mis de côté pendant mes huit ans de salariat, mais surtout grâce à ma compagne qui m’aide à subvenir à mes besoins. Elle est directrice adjointe dans un magasin. »

Dans ce contexte, Grégoire Béhot n’a pas envie d’aller « faire le beau » au Salon de l’agriculture alors « qu’il n’y a rien à célébrer cette année ». « Ça n’a pas de sens », soupire-t-il. Pour lui, ne pas s’y rendre pourrait provoquer un « électrochoc » dans la population qui doit comprendre à quel point « l’agriculture va mal. »

Selon nos informations, Damien Greffin, vice-président de la FNSEA, et une délégation de 12 agriculteurs, va se rendre à Matignon à partir de 14 heures.

Au même moment, des pommes de terre seront distribuées aux Parisiens qui viendront dialoguer avec les manifestants devant l’Assemblee nationale.

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