Après avoir signé la déclaration de la « Coalition des volontaires » mardi à l’Elysée, Emmanuel Macron a annoncé la poursuite des « préparatifs pour la mise en place d’une force multinationale dans les airs, les mers, sur le sol ».
Dans la foulée de la réunion à Paris des alliés de Kiev, les ministres des affaires étrangères du G7 doivent s’entretenir par téléphone ce soir « afin d’aborder les enjeux au Venezuela et en Ukraine », selon la diplomatie française.
Cette réunion des chefs de la diplomatie des Etats-Unis, de la France, du Canada, de l’Italie, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et du Japon se tient à la demande de la France, qui préside le G7 depuis le 1er janvier, précise le Quai d’Orsay.
Les garanties pour la sécurité future de l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie, ont été en « grande partie finalisées », a salué l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, lors de la conférence de presse commune à l’issue du sommet de la coalition des volontaires. Celles-ci permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, « ce sera définitivement », a-t-il assuré.
« Cela ne signifie pas que nous allons aboutir à la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui », a estimé de son côté Jared Kushner, le gendre du président américain.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a salué mardi l’élaboration de « documents substantiels » sur les garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine. « Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse à l’issue du sommet, se félicitant de « contenu concret » démontrant une détermination à « œuvrer pour une sécurité réelle ».
« Il a été déterminé quels pays sont prêts à prendre la tête des éléments de garantie de sécurité sur terre, dans les airs, en mer et dans la reconstruction » de l’Ukraine, a poursuivi M. Zelensky. Selon lui, il s’agit aussi de déterminer comment « la force et la taille appropriées de l’armée ukrainienne seront soutenues et financées » par les alliés de Kiev.
Il a aussi fait état de « progrès significatifs » avec les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, avec qui sont discutées des garanties de sécurité bilatérales, en plus de celles collectives, ainsi que des mécanismes de surveillance des « violations de la paix » en cas d’accord avec Moscou. Selon M. Zelensky, les garanties de sécurité offertes à l’Ukraine doivent être « fondées sur des obligations juridiques ». Il a qualifié le résultat du sommet de Paris de « grand pas en avant », tout en assurant que « ce n’est pas suffisant, pas encore ».
Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’« une cellule de coordination qui permettra d’intégrer pleinement l’ensemble des armées compétentes et qui permettra la coordination entre la coalition des volontaires, les Etats-Unis d’Amérique et l’Ukraine ».
« Nous avons, sur la base de tout le travail accompli au cours des derniers mois, consolidé notre approche, avec la mise en place de mécanismes de surveillance du cessez-le-feu qui seront placés sous un leadership américain, a annoncé Emmanuel Macron, mais [aussi] avec des contributions de plusieurs Etats qui ont marqué leur disponibilité. »
Le chef de l’Etat français a ensuite développé et annoncé la poursuite des « préparatifs pour la mise en place d’une force multinationale dans les airs, les mers, sur le sol » après un cessez-le-feu en Ukraine, perspective qui reste néanmoins lointaine. Cette force, à l’étude depuis plusieurs mois, doit « apporter une forme de réassurance le jour d’après le cessez-le-feu », a déclaré M. Macron.
Un peu plus tôt, le président français, aux côtés du premier ministre britannique, Keir Starmer, et du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avaient signé, devant les caméras, une déclaration d’intention sur le déploiement de cette force.
La réunion des 35 pays de la coalition des volontaires « scelle une avancée considérable pour une paix solide et durable », affirme Emmanuel Macron, à l’Elysée, aux côtés de Volodymyr Zelensky et de plusieurs dirigeants européens. « Elle vient reconnaître une convergence entre les 35 pays de la coalition des volontaires pour bâtir des garanties de sécurité robustes », a poursuivi le chef d’Etat.
Les garanties de sécurité que les pays, essentiellement européens, de la coalition prévoient d’apporter avec le soutien américain après une hypothétique fin des hostilités sont « la clé pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine » de la part de la Russie, a-t-il assuré.
Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky et Keir Starmer signent une déclaration d’intention sur le déploiement d’une force multinationale après un cessez-le-feu
La première ministre italienne a déclaré mardi avoir informé les alliés européens de l’Ukraine et les envoyés américains qu’elle excluait l’envoi de troupes italiennes au sol dans le cadre de garanties de sécurité apportées à Kiev une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie.
« En réaffirmant le soutien de l’Italie à la sécurité de l’Ukraine, conformément à ce qui a toujours été fait, la présidente [du conseil] Meloni a rappelé certains points-clés de la position du gouvernement italien sur la question des garanties, en particulier l’exclusion de l’emploi de troupes italiennes au sol », a indiqué son bureau dans un communiqué, à l’issue d’une réunion à Paris de la coalition des volontaires.
En 2025, « 307 monuments du patrimoine culturel et 261 infrastructures culturelles ont été détruits ou endommagés » par les bombardements et les combats, indique le ministère de la culture ukrainien dans un communiqué publié mardi.
Au total, 1 640 monuments du patrimoine culturel ont subi des dommages depuis le début de la guerre en 2022, ainsi que 2 446 infrastructures culturelles (bibliothèques, musées, galeries, cinémas, théâtre, parcs…) – dont 498 sont complètement détruites. Les oblasts les plus touchés sont ceux de Donetsk, de Kharkiv, de Kherson, de Kiev, d’Odessa, de Soumy et de Mykolaïv.
L’état-major général des forces armées ukrainiennes a confirmé, mardi, dans un message publié sur sa chaîne Telegram, la destruction d’un arsenal de missiles dans l’oblast de Kostroma, en Russie. « La cible a été touchée. Un incendie a été signalé sur le site de l’installation. L’ampleur des dégâts est en cours d’évaluation », précise-t-il. « L’arsenal visé est un complexe de stockage à long terme de munitions, qui fait partie du système d’approvisionnement des forces terrestres, des troupes aéroportées et des forces aériennes de l’armée russe », selon lui.
L’état-major fait également état, dans un second message, d’un dépôt pétrolier russe touché dans l’oblast de Lipetsk dans la nuit de lundi à mardi. Là encore, « l’étendue des dégâts est en cours d’évaluation », indique-t-il.
L’objectif de la réunion de la coalition des volontaires, qui se tient cet après-midi à Paris, est de « fournir à l’Ukraine des garanties de sécurité solides », a souligné sur le réseau social X la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Selon elle, ces garanties devraient reposer sur plusieurs éléments-clés, notamment « des forces armées ukrainiennes fortes capables de dissuader de futures attaques », une « force multinationale de dissuasion » et des « engagements contraignants » de la part des partenaires à soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle attaque de la Russie.
Elle a également rappelé que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne constituerait non seulement une « garantie de sécurité essentielle en soi », mais aussi un « pilier central » de la « prospérité » de l’Union européenne.
Les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, du Canada, de l’OTAN, de l’Union européenne se sont retrouvés à 15 heures à l’Elysée pour un sommet de la coalition des volontaires, créée en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des « garanties de sécurité » à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel cessez-le-feu.
En l’absence du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio – retenu dans son pays par le dossier vénézuélien –, le président Donald Trump est représenté par son envoyé spécial, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner, tous deux présents à l’Elysée pour le sommet. Les partenaires de la coalition doivent s’entendre sur les points suivants : La Russie suit avec inquiétude la « “situation anormale” entourant le pétrolier russe Marinera, auquel les forces armées des Etats-Unis et de l’OTAN accorderaient une attention accrue et manifestement disproportionnée par rapport à son statut pacifique », a déclaré le ministère des affaires étrangères russe à l’agence de presse officielle TASS. Selon le ministère, un navire des gardes-côtes américains suit le Marinera depuis plusieurs jours déjà, alors que le bâtiment se trouve à environ 4 000 kilomètres des côtes américaines. Il se trouve dans l’Atlantique Nord, cap au nord-est, non loin des côtes britanniques.
A la fin de décembre, les gardes-côtes américains poursuivaient dans les Caraïbes le navire alors identifié comme le pétrolier Bella-1, qui fait partie de la flotte fantôme russe, sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens avec l’Iran et le Hezbollah, qui s’approchait du Venezuela, dans le cadre du blocus mis en place par Washington contre les pétroliers liés au régime de Nicolas Maduro. Depuis qu’il a rebroussé chemin, l’équipage du pétrolier a peint un drapeau russe sur sa coque et a affirmé naviguer sous protection russe.
CBS News puis CNN ont rapporté, lundi, que les forces américaines se préparaient à intercepter ce pétrolier battant pavillon russe en fuite. Le pétrolier a été récemment surveillé par des avions de reconnaissance américains P-8 opérant du Royaume-Uni. Des données de vol en sources ouvertes montrent un renforcement notable des moyens militaires américains au Royaume-Uni, avec l’arrivée de nombreux avions de transport, de ravitailleurs en vol, d’hélicoptères des forces spéciales et d’avions de combat.
Washington pourrait de nouveau recourir à des forces spéciales pour appuyer les gardes-côtes américains, comme lors de l’interception d’un pétrolier sous sanctions au large du Venezuela en décembre. Toutefois, une telle opération dans l’Atlantique Nord serait plus complexe en raison des conditions météorologiques difficiles et du fait que la Russie revendique la propriété du navire.
La coalition des volontaires, les alliés essentiellement européens de Kiev, s’apprête à affirmer que sa future « force multinationale pour l’Ukraine » bénéficiera d’« un engagement américain à soutenir la force en cas d’attaque » russe après un éventuel cessez-le-feu, selon un projet de déclaration de son sommet de Paris obtenu par l’AFP mardi.
La trentaine de dirigeants qui se réunissent mardi après-midi à l’Elysée s’apprêtent à se dire « prêts » à fournir à l’Ukraine des « garanties politiquement et juridiquement contraignantes qui seront activées lorsqu’un cessez-le-feu entrera en vigueur » avec la Russie, selon ce texte. « Les partenaires de la coalition et les Etats-Unis joueront un rôle vital, dans une coordination étroite, dans l’apport de ces garanties de sécurité », ajoutent-ils.
Un cessez-le-feu serait « supervisé » par les Américains, avec une « participation » des membres de la coalition, d’après ce texte qui peut encore évoluer à la marge, selon des sources diplomatiques.
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