Le président vénézuélien est arrivé à New York, où il devrait être inculpé pour trafic de drogue. Donald Trump a affirmé, samedi soir, que les Etats-Unis vont « diriger » le Venezuela et y installer des compagnies pétrolières américaines.
Merci pour votre question. Officiellement, la diplomatie russe a condamné l’opération américaine au Venezuela, qui est le principal allié de Moscou en Amérique du Sud. « Les Etats-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable », a déclaré hier dans un communiqué le ministère des affaires étrangères russe, estimant que « l’hostilité idéologique avait triomphé du pragmatisme économique ».
L’événement apparaît en réalité à double tranchant pour le Kremlin, comme l’expliquent, dans leur analyse, nos journalistes Claire Gatinois et Benjamin Quénelle. D’un côté, la capture du président Maduro par les Etats-Unis affaiblit les alliés de l’Ukraine, qui se veulent les défenseurs de la démocratie et du droit international.
Mais il est aussi un revers géopolitique pour Moscou, qui perd un partenaire de premier plan. Son éviction est « un coup porté à Poutine », observe ainsi Peter Rough, directeur du Centre pour l’Europe et l’Eurasie à l’Hudson Institute. « Cela montre que ses défenses aériennes – installées autour la capitale vénézuélienne – et ses accords politiques – Moscou et Caracas ont récemment signé un accord de partenariat stratégique de dix ans – sont inutiles face à la puissance américaine. » L’opération américaine menace en outre les revenus pétroliers de la Russie. Les Etats-Unis ont pour ambition de revivifier les installations pétrolières vénézuéliennes, semblant jeter aux oubliettes l’accord de joint-venture renouvelé pour quinze ans en novembre 2025 entre la société publique Petroleos de Venezuela et une filiale de la société russe Roszarubezhneft.
Soutien de la ligne dure du président américain face au régime, elle a pourtant ouvertement soutenu les sanctions américaines contre l’industrie pétrolière du pays, aux dramatiques conséquences économiques. En gardant le silence face au déploiement de navires de guerre américains au large des côtes vénézuéliennes, elle a également soutenu, de fait, l’option d’une intervention militaire américaine dans le pays. Mme Machado avait qualifié Donald Trump de « champion de la liberté », allant même jusqu’à lui dédier son prix Nobel. « Vénézuéliens, l’heure de la liberté est arrivée », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux hier après l’enlèvement du président Maduro.
En vain. Le président américain a rejeté sèchement hier toute possibilité qu’elle accède au pouvoir. Il a affirmé qu’elle ne « bénéfici[ait] ni du soutien ni du respect » nécessaires pour gouverner son pays. « Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. C’est une femme très gentille, mais elle n’inspire pas le respect », a déclaré le président américain.
La Cour suprême du Venezuela a ordonné samedi à la vice-présidente, Delcy Rodriguez, d’assurer l’intérim du pouvoir après l’enlèvement du président Maduro par les Etats-Unis. Peu de temps après l’opération militaire américaine, cette figure-clé du régime Maduro avait exigé la libération du dirigeant socialiste, le qualifiant d’« unique président du Venezuela », avant d’assurer que son pays « ne sera[it] la colonie de personne ». Donald Trump a pourtant affirmé, lors de sa conférence de presse, que Mme Rodriguez avait dit au secrétaire d’Etat américain être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l’éviction de Nicolas Maduro. Eléments de portraits.
Le ministère des affaires étrangères chinois a appelé les Etats-Unis, dimanche, à « libérer immédiatement » le dirigeant vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse, Cilia Flores, incarcérés samedi à New York après avoir été capturés lors d’une opération militaire dans la nuit de vendredi à samedi.
Dans un communiqué, le ministère qualifie cette opération de « violation flagrante du droit international ». Il appelle les Etats-Unis à assurer leur sécurité personnelle et à résoudre la situation au Venezuela par le dialogue et la négociation.
Les autorités américaines n’ont pas encore annoncé officiellement l’incarcération de Nicolas Maduro dans une prison fédérale de Brooklyn, à Ne -York, après son arrivée aux Etats-Unis.
Mais, selon les médias américains, le même cortège de véhicules qui avait conduit le président vénézuélien de l’héliport de New York jusqu’au bureau de l’agence fédérale antidrogue (DEA) a été vu arrivant ensuite au centre de détention.
« Les restrictions initiales concernant l’espace aérien des Caraïbes expirent à minuit heure de l’Est [6 heures à Paris] et les vols peuvent reprendre », a écrit sur X, durant la nuit, le ministre des transports américain, Sean Duffy.
Le régulateur américain de l’aviation (FAA) avait « interdit » samedi aux compagnies aériennes immatriculées aux Etats-Unis d’opérer dans l’ensemble de l’espace aérien des Caraïbes, « en raison des risques sécuritaires (…) liés à l’activité militaire en cours ».
Par Anne Vigna, Anne-Dominique Correa
L’Amérique latine s’est réveillée en état de choc, samedi 3 janvier au matin, avec les images des bombardements américains dans la nuit sur le Venezuela, et l’annonce de la capture du président Nicolas Maduro. « C’est un moment historique, que l’on n’avait pas vu depuis l’enlèvement de l’ex-président [Manuel] Noriega au Panama en 1989 par les Etats-Unis, a réagi Carlos Perez Ricart, professeur en relations internationales au Centre de recherche et d’enseignement économiques, à Mexico. Aussi illégitime et répressif que fut le président Maduro, rien ne peut justifier son enlèvement ni une intervention militaire des Etats-Unis. »
La Colombie a mobilisé, samedi, des chars d’assaut et des soldats pour garder sa frontière avec le Venezuela, après l’intervention militaire américaine à Caracas.
Sur ordre du président colombien Gustavo Petro, des troupes ont convergé vers les principaux points de passage avec le Venezuela, par crainte de migrations de masse ou que des bandes criminelles ne profitent du désordre.
Gustavo Petro a dénoncé l’opération américaine, quand Donald Trump lui a conseillé de « faire gaffe à ses fesses », après avoir affirmé que tout pays produisant de la cocaïne vendue aux Etats-Unis était « susceptible d’être attaqué ».
Samedi, l’Agence France-Presse a vu des militaires en train de monter la garde au niveau des principaux ponts qui relient le département colombien de Norte de Santander à l’Etat vénézuélien de Tachira. Les soldats, droits aux côtés des chars, ont expliqué qu’ils avaient été « retirés » plus tôt de zones où ils luttaient contre les guérillas afin de surveiller la frontière.
Dans la foulée de l’intervention américaine, Bogota a déclenché l’état d’alerte en raison de possibles assauts de groupes armés qui sévissent des deux côtes de la frontière.
La guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et des dissidents des ex-FARC avaient récemment dénoncé les menaces américaines à l’encontre de Nicolas Maduro. Et ces derniers mois, Donald Trump n’a pas exclu de potentielles attaques terrestres en Colombie au motif de la lutte contre le trafic de drogues.
Samedi, le ministre de la Défense colombien, Pedro Sanchez, a assuré que le narcotrafic était un « ennemi » commun de son pays et des Etats-Unis.
Le gouvernement Petro s’inquiète aussi d’un risque de crise humanitaire, avec des mouvements migratoires d’ampleur. Huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2014 selon l’ONU, poussés par un régime sévère et une crise économique chronique. Beaucoup se sont retrouvés en Colombie voisine.
Sur le pont Simon Bolivar dans la municipalité de Villa del Rosario, principal point de passage transfrontalier, le flux de personnes était toutefois inhabituellement faible samedi.
La Maison Blanche a diffusé une vidéo de Nicolas Maduro, menotté et en sandales, escorté par des agents dans les locaux de l’agence fédérale antidrogue (DEA).
« Bonsoir, bonne année », entend-on déclarer le président vénézuélien, qui a ensuite été conduit dans une prison fédérale du quartier de Brooklyn.
La Cour suprême du Venezuela a ordonné à la vice-présidente, Delcy Rodriguez, d’assurer l’intérim du pouvoir, après la capture par les Etats-Unis du président du pays, Nicolas Maduro.
La chambre constitutionnelle de la cour a statué « que Rodriguez assume et exerce en tant que responsable toutes les attributions, devoirs et pouvoirs inhérents à la fonction de présidente de la République bolivarienne du Venezuela afin de garantir la continuité administrative et la défense intégrale de la nation ».
Les juges n’ont, pour le moment, pas déclaré M. Maduro définitivement absent, ce qui aurait entraîné la convocation d’élections anticipées dans les trente jours.
Delcy Rodriguez a exigé, lors d’une conférence de presse, la libération de Nicolas Maduro, le qualifiant d’« unique président du Venezuela », avant d’assurer que son pays « ne sera la colonie de personne ». Donald Trump avait pourtant affirmé, lors de sa conférence de presse, que Mme Rodriguez avait dit au secrétaire d’Etat américain être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l’éviction de Nicolas Maduro.
Après avoir atterri en avion à l’aéroport Stewart International au nord de New York, Nicolas Maduro a été transféré par hélicoptère à Manhattan. Il devait rejoindre des locaux de l’agence antidrogue américaine (DEA) puis une prison de Brooklyn, le Metropolitan Detention Center, selon plusieurs médias américains.
Le président vénézuélien doit comparaître à une date indéterminée devant un juge de New York, pour répondre notamment de trafic de drogue.
« L’illégalité de l’attaque » américaine au Venezuela ne doit pas empêcher que Nicolas Maduro réponde des graves violations des droits humains et des crimes contre l’humanité commis par son gouvernement, a estimé une mission des Nations unies.
Cette mission, mandatée depuis 2019 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais qui ne s’exprime pas au nom de l’organisation, souligne dans un communiqué la nécessité de garantir que le président vénézuélien rende des comptes sur ces violations, dont des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et des tortures.
« Le bilan de longue date du gouvernement Maduro en matière de graves violations des droits humains ne saurait justifier une intervention militaire américaine qui enfreint le droit international », a déclaré Alex Neve, un des membres de cette mission internationale. « De même, l’illégalité de l’attaque américaine n’atténue en rien la responsabilité évidente des responsables vénézuéliens, y compris de M. Maduro, pour des années de répression et de violence qui constituent des crimes contre l’humanité. Le peuple vénézuélien exige et mérite des solutions pleinement conformes au droit international », a-t-il ajouté.
« Au vu de l’intervention militaire américaine et de l’arrestation de Nicolas Maduro pour des accusations de “narcoterrorisme contre les Etats-Unis et leurs citoyens”, la mission d’établissement des faits souligne la nécessité de maintenir l’attention sur les graves violations des droits humains et les crimes contre l’humanité qui ont été commis contre la population vénézuélienne », a insisté Marta Valiñas, qui préside cette mission.
« La responsabilité de ces violations ne se limite pas à Nicolas Maduro », a souligné pour sa part Maria Eloisa Quintero, membre de la mission, soulignant que « d’autres personnes ayant exercé un commandement ou une autorité sur les forces de sécurité, ou ayant autrement contribué à ces crimes, doivent également être tenues pour responsables ».
La mission des Nations unies exprime également sa « profonde inquiétude face au risque que de nouvelles et graves violations des droits humains se produisent dans les jours et semaines à venir, dans ce contexte de volatilité accrue ».
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, est arrivé sur le sol américain après sa capture et son exfiltration du Venezuela, peu après 17 heures (23 heures à Paris), selon des images de l’Agence France-Presse le montrant sortant d’un avion sous escorte, cagoulé et menotté, à l’aéroport Stewart International, au nord de New York.
Le chef de l’Etat devrait être conduit à New York par hélicoptère, où il est inculpé pour trafic de drogue.
Le New York Times rapporte que le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, interrogé par le quotidien new-yorkais, « a déclaré qu’il réservait son jugement sur les propos de Delcy Rodriguez, dans lesquels elle niait avoir l’intention de travailler avec les Etats-Unis ».
La vice-présidente vénézuélienne a notamment exigé, lors d’une conférence de presse, la libération de Nicolas Maduro, qu’elle a qualifié d’« unique président du Venezuela », avant d’assurer que son pays « ne sera[it] la colonie de personne ». Donald Trump avait pourtant affirmé, lors de sa conférence de presse, que Mme Rodriguez avait dit au secrétaire d’Etat américain être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l’éviction de Nicolas Maduro.
« Nous prendrons des décisions en fonction de leurs actions et de leurs actes dans les jours et les semaines à venir », a déclaré Marco Rubio au New York Times, en parlant des responsables du gouvernement intérimaire vénézuélien. « Nous pensons qu’ils auront des occasions uniques et historiques de rendre un grand service au pays, et nous espérons qu’ils les saisiront. »
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