Le président vénézuélien, détenu à New York depuis son enlèvement samedi, est notamment accusé de trafic de drogue. Tout en critiquant l’attaque américaine, le chef de l’Etat français a répété que Maduro était « un dictateur » et que son départ était « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens ».
Pour rappel, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse doivent comparaître à partir de midi (soit 18 heures à Paris) devant le tribunal fédéral du Southern District, à New York, lors d’une audience de mise en accusation. Détenu à Brooklyn depuis samedi soir, le président déchu doit répondre de quatre chefs d’accusation de trafic de drogue ainsi que de détention d’armes automatiques.
Retrouvez ci-dessous les grandes lignes de l’acte d’accusation sur lequel repose la procédure, qui a été rendu public samedi. Les 25 pages, signées Jay Clayton, le procureur du district sud de New York, exposent en des termes juridiques la théorie défendue depuis des mois par l’administration Trump.
Le gouvernement suisse a ordonné lundi que soient bloqués « avec effet immédiat » les éventuels avoirs du président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, afin d’« empêcher toute fuite de capitaux ». « D’autres personnes qui lui sont liées » sont également touchées par cette mesure, mais « aucun membre du gouvernement vénézuélien en place n’est concerné », a fait savoir le gouvernement dans un communiqué.
« Si des procédures judiciaires ultérieures viennent à révéler que ces fonds sont d’origine illégale, la Suisse veillera à ce qu’ils soient restitués au profit de la population vénézuélienne », ajoute le Conseil fédéral. L’ordonnance de blocage est valable, jusqu’à nouvel avis, pour une durée de quatre ans.
Après le Venezuela, le Danemark pourrait-il subir une intervention militaire américaine dans quelques semaines, au Groenland ? Dimanche, Donald Trump a renouvelé son souhait de faire passer ce territoire arctique danois sous la coupe des Etats-Unis. Le président américain a affirmé vouloir s’en « préoccuper » au cours des deux prochains mois. Tout comme le Venezuela, le Groenland est convoité par Donald Trump pour ses ressources pétrolières.
Repoussant sa prise de parole au sujet du territoire danois à « vingt jours », le président américain a multiplié les menaces envers d’autres pays. Selon lui, l’île de Cuba serait prête « à tomber ». Il a également affirmé que la Colombie serait dirigée « par un homme malade qui aime faire de la cocaïne et la vendre aux Etats-Unis », et qu’il « ne va plus le faire pour très longtemps ». Le Mexique a, lui, été sommé de « se ressaisir ».
Le président français a affirmé lundi en conseil des ministres que la « méthode employée » par les Etats-Unis pour capturer le président vénézuélien, Nicolas Maduro, n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France, a rapporté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. « Nous défendons le droit international et la liberté des peuples », a-t-elle précisé.
Le chef de l’Etat a aussi dit que Nicolas Maduro était « un dictateur » et que son départ était « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens », a-t-elle rapporté devant la presse, ajoutant : « C’est un dictateur qui a confisqué sa liberté au peuple vénézuélien et qui a volé les élections de 2024. »
« La France soutient la souveraineté populaire, et cette souveraineté populaire s’est exprimée en 2024 », lors d’une élection présidentielle remportée, d’après Paris et une partie de la communauté internationale, par l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia, même si Nicolas Maduro avait revendiqué la victoire. « Si transition il devait y avoir, alors le vainqueur de 2024 devrait jouer un rôle central », a estimé M. Macron, selon les propos rapportés par la porte-parole.
Lors d’une manifestation dans les rues de Caracas, Rosinés Chavez, la fille du prédécesseur de Nicolas Maduro, l’ancien président Hugo Chavez, en a appelé à la « loyauté » du peuple vénézuélien envers le dirigeant enlevé par les Etats-Unis.
« Nous n’abandonnerons pas. Ils ne nous feront pas partir d’ici », déclare-t-elle dans un discours relayé dans des vidéos sur les réseaux sociaux, notamment sur le compte X du président colombien, Gustavo Petro. « Ils comptent sur nous, tout comme nous avons compté sur eux pendant si longtemps. C’est notre tour, c’est à nous de les défendre », martèle-t-elle.
« Le moment est venu, mes sœurs, mes frères, mes camarades, de montrer cette loyauté qui nous tient tant à cœur, qui coule dans nos veines », poursuit la jeune femme de 28 ans, qui appelle les « patriotes qui veulent défendre leur pays » à « exiger du monde entier qu’il respecte la souveraineté du Venezuela, et [son] indépendance ».
« Ça suffit, l’impunité, ça suffit, ceux qui pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec n’importe quel pays qui leur déplaît », ajoute-t-elle, sous les applaudissements de la foule.
La réaction d’Emmanuel Macron à propos de l’enlèvement de Nicolas Maduro, qui ne dit pas un mot des modalités de l’intervention américaine, semble acter une rupture avec la tradition diplomatique française, observe dans sa chronique Solenn de Royer, journaliste au service politique du Monde.
Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a supervisé dimanche le tir de missiles hypersoniques contribuant, selon lui, à préparer les forces nucléaires de Pyongyang à « une guerre réelle ». « La récente crise géopolitique et les événements internationaux complexes illustrent la raison pour laquelle cela est nécessaire », a déclaré Kim Jong-un à propos de cette manœuvre, selon l’agence de presse gouvernementale de la Corée du Nord (KCNA), une allusion claire à l’enlèvement de Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
Pyongyang accuse depuis des décennies Washington de vouloir renverser son gouvernement selon un scénario similaire à celui qui a été employé samedi pour exfiltrer le président vénézuélien, et affirme que ses programmes militaires et nucléaires servent de dissuasion.
Le dirigeant a souligné que des « avancées importantes avaient été réalisées récemment » pour préparer les forces nucléaires nord-coréennes « à une guerre réelle ». L’objectif, pour Kim Jong-un, est de « mettre progressivement en place une force de dissuasion nucléaire hautement développée ».
Au sein de l’opposition vénézuélienne, « le jour J, attendu par beaucoup depuis plus d’une décennie [d’un pays sans Nicolas Maduro], n’a pas donné lieu à un soulèvement populaire ni à une explosion de joie », relève le correspondant du journal espagnol El Pais dans la région, Francesco Manetto. Et ce du fait, notamment, de la difficulté d’évaluer les conséquences politiques à moyen terme de l’opération américaine.
L’opposition est d’ailleurs restée plutôt silencieuse face à la sortie de Donald Trump écartant l’option d’amener au pouvoir l’opposante Maria Corina Machado, figure de la droite radicale vénézuélienne, estimant qu’elle n’avait « pas le soutien ni le respect au sein de son pays ».
Toutefois, plusieurs figures de l’opposition ont affirmé à ABC International leur détermination à participer à la transition politique vénézuélienne, du moins sur le long terme.
« Les leaders de l’opposition reviendront lorsque les conditions de sécurité seront réunies », assure Estefania Parra, coordinatrice internationale de Volonté populaire, parti fondé par Leopoldo Lopez, l’une des figures de proue de l’opposition, en exil en Espagne depuis 2020.
Son parti affirme être déterminé à « accompagner tout processus de transition », auquel les Vénézuéliens doivent participer, « car il n’est pas acceptable de remplacer une dictature interne par une dictature externe ». Alors que le Venezuela compte environ 900 prisonniers politiques, et que la plupart des figures de l’opposition sont en exil, le parti insiste sur la nécessité que la répression et la persécution cessent pour permettre leur retour.
Carlos Molina Tamayo, un ancien militaire vénézuélien, dissident et réfugié en Espagne, dément également auprès du journal ABC l’apparente indifférence de Trump envers l’opposition dans le processus de transition. « A partir de lundi ou au cours de la semaine prochaine, les mesures nécessaires à la transition commenceront à être mises en place ». Un processus dans lequel l’opposition « est impliquée », assure-t-il, même si c’est de manière indirecte ou discrète au départ, afin de protéger ses dirigeants.
Comme l’expliquait notre correspondant à New York, Nicolas Chapuis, aux Etats-Unis le pouvoir de déclarer une guerre revient au Congrès, qui n’a, en effet, pas été consulté en la matière. Le président dispose tout de même du pouvoir d’ordonner des opérations militaires à l’étranger, si celles-ci sont rapides, urgentes et limitées. En cas d’envoi de troupes, il doit informer le Congrès dans les quarante-huit heures, et il ne peut ordonner une opération au-delà de soixante jours sans l’accord des élus. La question de la légalité de l’intervention, au regard de la Constitution américaine, va continuer d’agiter le débat public dans les jours qui viennent.
Déjà de nombreux représentants démocrates ont évoqué ces manquements pour appeler à une procédure de destitution – « impeachment », en anglais – du président américain.
« Trump n’a aucune autorité légale pour envahir le Venezuela, étant donné l’absence d’autorisation du Congrès. Cet acte illégal constitue une nouvelle infraction passible de destitution de la part de ce président voyou », a ainsi dénoncé le sénateur de Californie Scott Wiener.
« Trump et son administration ont menti, consolidé leur pouvoir et commis des crimes de guerre afin de s’emparer du pétrole vénézuélien et de poursuivre leur programme impérialiste dans l’hémisphère occidental en visant un changement de régime. Ils mettent en danger la sécurité des Américains tout en déstabilisant la région pour s’enrichir », a déclaré samedi la député Delia Ramirez sur X, avant d’ajouter : « Trump doit être destitué. »
La représentante Maxine Waters a également noté auprès d’Axios que « plusieurs démocrates se sont naturellement demandés si une procédure de destitution était à nouveau possible dans le contexte politique actuel », et dit avoir elle aussi « reconsidéré cette option ». Lors d’une conférence de presse, samedi, le député Eric Swalwell a également affirmé qu’il n’excluait pas une telle procédure, déclarant que « toutes les options sont sur la table ».
Par ailleurs se pose aussi la question de la légalité au regard du droit international. De ce côté, des diplomates et des juristes évoquent une violation de la souveraineté internationale selon la charte des Nations unies, et mettent en doute la base légale de la présence de forces américaines au Venezuela en l’absence d’un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.
« Le président d’un pays et son épouse ont été enlevés. Il n’y a pas lieu d’être fier, c’est un acte illégal », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. « Comme l’a souligné le peuple vénézuélien, son président doit être libéré », a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse hebdomadaire à Téhéran.
L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a par ailleurs assuré que ses relations avec le pays « sont fondées sur le respect mutuel et le resteront ». « Nous sommes en contact avec les autorités vénézuéliennes », a-t-il précisé.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a condamné samedi une « grave atteinte à la souveraineté du Venezuela », estimant que « les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassaient les limites de l’acceptable » et menaçaient « la préservation de la région en tant que zone de paix ». Il a également exhorté sur X la communauté internationale, par l’intermédiaire des Nations unies, à « répondre vigoureusement » à ces attaques.
Pour éviter cette escalade, Lula avait tenté d’offrir aux deux pays une forme de médiation du Brésil, depuis ces dernières semaines, malgré ses relations tendues avec Nicolas Maduro. Mais, comme le rapporte la chaîne CNN Brésil, à l’approche de la présidentielle prévue pour octobre 2026, au cours desquelles le président de gauche cherchera à briguer un nouveau mandat, ses alliés redoutent qu’une reprise des tensions entre Brasilia et Washington n’entraîne un soutien de Donald Trump au candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro. Celui-ci est incarcéré depuis la fin de novembre pour tentative de coup d’Etat.
Les prix du pétrole ont reculé d’environ 1 %, lundi, en tout début d’échanges asiatiques, après l’enlèvement du président du Venezuela, Nicolas Maduro, lors d’une opération militaire américaine et face à l’intention de Washington d’exploiter les gigantesques réserves de brut du pays. Ils ont ensuite limité leurs pertes et se sont temporairement stabilisés, avant de repartir en baisse.
Vers 7 h 35 (heure à Paris), le baril de WTI américain perdait 0,66 % à 56,94 dollars et celui de brent de la mer du Nord 0,56 % à 60,41 dollars.
Après les bombardements aériens et la capture de Nicolas Maduro, le président américain a affirmé samedi qu’il autoriserait les compagnies pétrolières des Etats-Unis à exploiter les ressources pétrolières du Venezuela.
Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde, devant l’Arabie saoudite et l’Iran. Mais la production est faible, estimée à environ 1 million de baril/jour (mbj) contre environ 3,5 mbj il y a vingt-cinq ans – soit environ 1 % seulement de l’offre mondiale de pétrole brut sur un marché planétaire déjà très bien approvisionné.
La détention d’armes automatiques est encadrée par la loi fédérale, ainsi que la loi de chaque Etat, pour les citoyens américains, mais elle peut, comme vous le soulignez, être légale dans certaines circonstances. Toutefois, le chef d’inculpation retenu contre Nicolas Maduro à ce propos est lié à un contexte et un cadre juridique précis.
Selon l’acte d’accusation sur lequel repose la procédure, signé par Jay Clayton, le procureur du district sud de New York, et rendu public samedi 3 janvier, M. Maduro est accusé de posséder des armes automatiques, ainsi que d’avoir aidé et encouragé leur utilisation, leur transport et leur possession, « pendant et en relation avec un crime lié au trafic de stupéfiants » pour lequel il peut être poursuivi aux Etats-Unis.
La possession d’armes automatiques, régie dans ce cas précis par le title 18 du code des Etats-Unis, section 924(c)(1)(A) et 924(c)(1)(B)(ii), doit donc être comprise ici comme une circonstance aggravante de la « conspiration narcoterroriste » dont Nicolas Maduro est accusé par la cour de justice fédérale de Manhattan. Cette possession peut ajouter, selon le code américain, au moins cinq ans de prison à sa peine, voire sept si l’arme a été brandie, et 10 si celle-ci a été déchargée.
Le président colombien, Gustavo Petro, a rejeté dimanche les menaces de son homologue américain, Donald Trump, qui l’a accusé sans preuve d’être un narcotrafiquant.
« Mon nom (…) n’apparaît pas dans les dossiers judiciaires concernant le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump », a déclaré M. Petro sur le réseau social X.
Donald Trump a déclaré qu’une opération en Colombie similaire à celle qui avait été menée au Venezuela lui paraissait « une bonne idée ». Il a accusé Gustavo Petro de prendre part à un trafic de drogue vers les Etats-Unis, avertissant qu’il « ne le ferait plus très longtemps ». Après lui avoir dit samedi qu’il devrait « faire gaffe à ses fesses », Donald Trump a qualifié dimanche son homologue colombien d’« homme malade » qui « aime prendre de la cocaïne ».
Le ministère des affaires étrangères colombien a qualifié les menaces du président américain d’« ingérence inacceptable » et a demandé le « respect ».
Gustavo Petro, qui critique vivement l’action militaire du gouvernement Trump dans la région, accuse les Etats-Unis d’avoir enlevé Nicolas Maduro « sans base légale ».
Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s’affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane ou la politique migratoire. La Colombie et les Etats-Unis sont des alliés militaires et économiques déterminants dans la région, mais leurs relations sont aujourd’hui au plus bas.
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