Les ministres des affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni ainsi que la haute représentante de l’UE affirment être « vivement préoccupés par l’évolution de la situation relative aux manifestations en cours en Iran ». Au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début des mobilisations contre le régime, le 28 décembre, selon l’ONG Iran Human Rights.

Les ministres des affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni ainsi que la haute représentante de l’Union européenne affirment être « vivement préoccupés par l’évolution de la situation relative aux manifestations en cours en Iran ».

« Nous nous opposons fermement à l’intensification de la répression brutale exercée par les autorités iraniennes contre le peuple iranien, qui fait preuve de courage depuis la fin du mois de décembre 2025 en exprimant ses aspirations légitimes à une vie meilleure, à la dignité et à la liberté », peut-on lire dans cette déclaration commune.

« Nous sommes profondément inquiets face au nombre élevé de morts et de blessés dont il est fait état. Nous condamnons le recours délibéré à la violence et le fait que des manifestants soient tués, détenus de manière arbitraire et subissent des tactiques d’intimidation des forces de sécurité », précisent les responsables politiques, qui affirment être prêts « à imposer des mesures restrictives supplémentaires si l’Iran poursuit la répression des manifestations et de la contestation, en violation du droit international relatif aux droits de l’homme et de ses obligations internationales ».

Dans un communiqué de presse, le ministère des affaires étrangères français a souhaité mettre à jour ses consignes de sécurité en Iran, « où des violences insoutenables se sont abattues sur les manifestants (…) ces derniers jours ».

« La France déconseille formellement tout déplacement en Iran à ses ressortissants, y compris binationaux, compte tenu notamment du risque de détention arbitraire. Ces conseils sont valables pour tous les ressortissants, y compris les journalistes », ajoute le Quai d’Orsay, qui précise que ces consignes s’appliquent aussi aux binationaux.

Il donne également des nouvelles de Cécile Kohler et de Jacques Paris, qui se trouvent toujours à l’ambassade : « Notre but est de pouvoir les ramener aussi vite que possible en France », écrit le ministère, qui assure que des réflexions sont engagées afin de « sanctionner » les responsables de la répression envers les manifestants. « C’était l’un des messages de la convocation de l’ambassadeur iranien en France hier à la demande du ministre de l’Europe et des affaires étrangères », peut-on lire dans le communiqué.

Selon les données scrutées par l’organisation NetBlocks, qui surveille et signale les coupures d’Internet et la censure en ligne dans le monde, l’Iran est soumis à une coupure de la quasi-totalité des télécommunications depuis sept jours. « Cette perturbation figure parmi les plus longues jamais enregistrées et continue d’isoler plus de 90 millions d’Iraniens du reste du monde », ajoute l’organisme dans un post sur le réseau social X.

Ce black-out, imposé par le régime, isole non seulement les Iraniens entre eux et du reste du monde, mais il complique aussi la récolte d’informations.

La lauréate iranienne du prix Nobel de la paix 2003, Shirin Ebadi, a suggéré que les Etats-Unis mènent des « actions hautement ciblées » contre le guide suprême iranien Ali Khamenei et les commandants des gardiens de la révolution islamique.

« Ce que nous demandons et ce que nous voulons » de la part du président américain, Donald Trump, « ce sont des mesures qui empêchent le massacre des Iraniens », a déclaré l’avocate dans un entretien à la chaîne allemande Deutsche Welle mercredi. Selon elle, les Etats-Unis pourraient aussi recourir au brouillage pour perturber les communications du régime avec ses forces de sécurité et la diffusion de sa propagande.

Le chef des gardiens de la révolution a assuré que l’Iran était prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque des Etats-Unis ou d’Israël, accusant ces pays d’être derrière le mouvement de contestation qui secoue la République islamique depuis la fin de décembre.

Dans une déclaration citée par la télévision d’Etat, Mohammad Pakpour a également accusé le président américain, Donald Trump, et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, d’être les « assassins de la jeunesse iranienne ».

Au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début de la contestation contre le pouvoir, a annoncé l’ONG Iran Human Righs (IHR), sise en Norvège, dans un nouveau bilan. Elle ajoute que des milliers de personnes auraient également été blessées.

« Ce chiffre est un minimum absolu », avertit IHR, qui indique avoir reçu « de nouveaux rapports et témoignages montrant davantage encore l’ampleur de la violence ». L’ONG ajoute qu’au moins 10 000 personnes ont été arrêtées.

La France affirme étudier la possibilité de recourir à du matériel de l’opérateur de satellites de communication européen Eutelsat pour aider les Iraniens à communiquer avec l’extérieur, alors que les autorités iraniennes ont coupé Internet dans le pays.

« Nous explorons toutes les options », a déclaré, mercredi, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, à l’Assemblée nationale, à une députée qui l’interrogeait sur la possibilité d’envoyer du matériel Eutelsat en Iran. « Cette piste va être effectivement explorée », a ensuite ajouté Pascal Confavreux, le porte-parole du ministère des affaires étrangères français. « Ce que nous demandaient nos autorités, c’est que nous puissions explorer cette piste », a-t-il ajouté. « Cela va prendre un petit peu de temps. En tout cas, c’est en cours », a-t-il assuré.

Eutelsat est souvent présenté comme le pendant européen à Starlink, de l’entreprise américaine SpaceX dirigée par Elon Musk. Les terminaux Starlink ont été utilisés par la population iranienne aux premiers jours du blocage d’Internet par les autorités, qui ont ensuite réussi à les brouiller à grande échelle.

Sur son site, l’ambassade américaine à Riyad a appelé son personnel à « redoubler de prudence » et à « limiter les déplacements non essentiels vers les installations militaires de la région ». « Nous recommandons aux citoyens américains présents dans le royaume de faire de même. La mission américaine en Arabie saoudite continue de suivre la situation régionale », détaille la publication.

« A l’heure actuelle, le personnel et les opérations de la mission américaine restent inchangés, et les services consulaires continuent de fonctionner normalement », précise l’ambassade alors que l’Iran a déclaré qu’il était capable de « riposter » en cas de frappes américaines, ce qui rappelle les bombardements inédits menés en juin par la République islamique contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar.

L’Iran est capable de « riposter » à d’éventuelles frappes américaines, a averti mercredi un conseiller du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, rappelant les frappes inédites menées en juin par la République islamique contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar.

Donald Trump devrait se souvenir de cette attaque, qui a prouvé « la volonté et la capacité de l’Iran à riposter à toute attaque », a écrit Ali Shamkhani sur son compte X, en réponse aux menaces d’intervention de Washington face à la répression de la contestation en Iran.

Sur X, le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a rapporté s’être entretenu avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, et lui avoir demandé de soutenir la qualification des gardiens de la révolution islamique en Iran comme « organisation terroriste » au sein de l’Union européenne.

« Depuis des décennies, le CGRI – corps des gardiens de la révolution – œuvre à la propagation de la terreur et de l’instabilité au Moyen-Orient et au-delà. Aujourd’hui, il est à la tête d’une répression meurtrière contre le peuple iranien, qui se bat pour sa liberté. L’inscription du CGRI sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne constituerait à la fois une mesure morale et efficace, et adresserait un message clair au peuple iranien : nous entendons votre voix. Vous n’êtes pas seul », a écrit sur X le ministre.

Un peu plus tôt, des sources diplomatiques ainsi qu’un responsable américain avaient annoncé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) et de l’Associated Press (AP) qu’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar avait reçu l’ordre de partir, après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat.

Une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar a reçu l’ordre de partir, ont déclaré mercredi deux sources diplomatiques à l’Agence France-Presse (AFP), après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat.

Cette information a aussi été confirmée à l’Associated Press (AP) par un responsable américain. Il n’a pas fourni davantage de détails, notamment si l’évacuation était facultative ou obligatoire, si elle concernait des militaires ou du personnel civil, ni le nombre de personnes concernées, invoquant des impératifs de sécurité opérationnelle.

« Il faut cesser de tuer des manifestants pacifiques », a dénoncé Volker Türk, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, dans un communiqué diffusé mardi. « Il est inacceptable de qualifier les manifestants de terroristes pour justifier la violence à leur égard. » Rappelant que les Iraniens ont le droit de manifester pacifiquement, il a insisté sur le fait que « leurs griefs d[evaient] être entendus et pris en compte, et ne d[evaient] être instrumentalisés par personne ».

Selon Volker Türk, plusieurs hôpitaux seraient désormais débordés par l’afflux de victimes, parmi lesquelles figureraient des enfants. Des membres des forces de sécurité auraient également été tués, détaille la publication de l’ONU.

La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran a critiqué la menace de recourir à la peine de mort en réponse aux manifestations meurtrières, affirmant qu’elle viole le droit international, selon des propos rapportés par Al-Jazira.

Mai Sato a déclaré que même si les exécutions ne sont pas immédiatement effectuées, l’intention affichée d’imposer la peine de mort est « illégale » et témoigne d’un « mépris pour la liberté de réunion et d’expression ». « La peine de mort n’est pas la réponse d’un pays où la liberté de réunion et d’expression est respectée », a-t-elle déclaré.

Ces commentaires font suite à une déclaration du chef du pouvoir judiciaire qui a promis des procès « rapides » pour les suspects arrêtés pendant les manifestations. Les groupes de défense de droits humains parlent de milliers d’arrestations depuis le début du mouvement, le 28 décembre, et craignent un large usage de la peine de mort. Selon la diplomatie américaine, une première exécution est prévue dès mercredi.

Le ministère des affaires étrangères suédois a dit avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran à Stockolm afin « de protester fermement contre les violences meurtrières généralisées perpétrées contre les manifestants pacifiques et les détentions arbitraires à grande échelle en Iran », peut-on lire dans le communiqué de presse.

Cette convocation « soulignait que le droit à la liberté d’expression et de réunion, ainsi que le droit de réunion pacifique, devaient être respectés par l’Iran », ajoute le ministère.

Venezuela, Groenland, Iran… Derrière la rhétorique martiale de Trump, Washington dessine une approche faite de frappes ajustées et d’opérations simultanées, au risque de dépasser ses capacités militaires.

Par Chloé Hoorman, Elise Vincent

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