Cuba a publié les noms de 32 militaires tués lors de la capture de Nicolas Maduro à Caracas, peu après que l’armée vénézuélienne a de son côté diffusé l’avis de décès de 23 militaires.
Cuba a publié les noms de 32 militaires tués lors de l’opération américaine à Caracas pour capturer le président Nicolas Maduro, peu après que l’armée vénézuélienne a de son côté diffusé l’avis de décès de 23 militaires.
L’opération américaine a été menée en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi avec près de 200 soldats et 150 appareils, selon le ministre américain de la défense, Pete Hegseth.
Delcy Rodriguez a entamé officiellement, mardi, son mandat de présidente par intérim du Venezuela, sous pression de Donald Trump, qui l’avait menacée, si elle ne se pliait pas aux exigences américaines autour d’un accès aux importantes réserves pétrolières du pays.
Fidèle de Nicolas Maduro, Delcy Rodriguez, 56 ans, avait été investie lundi présidente par intérim, prenant la tête d’une administration qui compte toujours le ministre de l’intérieur, tenant de la ligne dure, Diosdado Cabello, et le puissant ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez.
« Je me présente avec douleur en raison de l’enlèvement de deux héros qui sont otages aux Etats-Unis. (…) J’ai aussi l’honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens », avait déclaré Mme Rodriguez, qui était la vice-présidente depuis 2018. D’après la Constitution, l’intérim de Delcy Rodriguez n’est que de quatre-vingt-dix jours et peut-être prorogé de trois mois supplémentaires par l’Assemblée nationale.
La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a exhorté mardi les Etats-Unis à un « procès équitable » du président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, qui a été présenté lundi devant un tribunal à New York après avoir été capturé à l’issue d’une opération militaire.
Inculpé pour quatre chefs d’accusation, dont trafic de drogue, Nicolas Maduro a plaidé non coupable au cours de sa première comparution devant un tribunal fédéral de Manhattan, dénonçant son enlèvement samedi à Caracas.
« Maintenant que le président Maduro est détenu, ce que l’on demande, c’est un procès équitable, comme toujours (…) en toutes circonstances, et dans celle-ci en particulier, car il faut que la justice soit rapide et équitable », a déclaré la présidente mexicaine pendant sa conférence de presse matinale.
Claudia Sheinbaum a également réitéré son opposition à l’intervention américaine contre la souveraineté du Venezuela. « Etre contre le régime de Maduro ou le chavisme [doctrine héritée de l’ex-président de gauche Hugo Chavez, au pouvoir entre 1999 et 2013] au Venezuela c’est une chose, mais cela en est une autre qu’une puissance, un pays, utilise la force pour renverser un président. En aucun cas nous ne pouvons cautionner cela », a ajouté la cheffe de l’Etat.
Un demi-million de Vénézuéliens ont fui au Brésil la crise dans leur pays ces dix dernières années. En dépit de conditions de vie parfois précaires, beaucoup envisagent de rester sur place.
Samedi 3 janvier au matin, Yasmin Rincon, une Vénézuélienne de 20 ans, a été réveillée en sursaut par les nouvelles annonçant un bombardement américain au Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro. La veille, la jeune femme aux cheveux noirs, qui vit dans un petit studio niché dans la favela de Morro do Banco, dans l’ouest de Rio de Janeiro, s’était endormie avec son fils de 3 ans devant la télévision qu’elle avait oublié d’éteindre. « J’ai entendu qu’on parlait du Venezuela », raconte-t-elle.
« Avec Poutine et Nétanyahou, Trump détruit le droit international », affirme l’« insoumise » Mathilde Panot, quelques jours après l’opération américaine au Venezuela qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro. « Emmanuel Macron nous fait honte ; ni condamnation ni mention de l’agresseur. Jusqu’où le président abaissera-t-il la France ? Pourquoi s’est-il couché devant Donald Trump ? », s’insurge la députée française lors des questions au gouvernement.
De son côté, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu, estime que l’opération américaine est une « violation du droit international et de la souveraineté d’un Etat ».
« Il faut souhaiter une transition démocratique qui appartient uniquement aux Vénézuéliennes et aux Vénézuéliens, et affirmer notre volonté de respect du droit international », rappelle, de son côté, Eléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie et des partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
Elle revient sur les différentes accusations portées – principalement par les groupes de gauche – concernant la non-condamnation par le président français de l’opération américaine, et rappelle que le premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré, quelques minutes auparavant dans l’Hémicycle que celle-ci était « illégale » et qu’elle « contrevenait à la Charte des Nations unies ».
Mardi, devant l’Assemblée nationale, le premier ministre français, Sébastien Lecornu, a assuré qu’un débat aura lieu au sein de l’Hémicycle sur l’opération américaine au Venezuela qui a conduit à l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. « Si les présidents de groupe me saisissent d’un 50-1 (…) oui, un débat aura lieu [à l’Assemblée nationale], je m’y engage », a déclaré Sébastien Lecornu devant les députés.
Lundi, les groupes parlementaires de La France insoumise (LFI) et du Parti communiste français (PCF) en avaient fait la demande au premier ministre. Ils souhaitaient, en effet, que ce dernier active l’article 50-1 de la Constitution, ce qui prendrait la forme d’une déclaration du gouvernement. Ces débats n’ont aucune valeur législative mais peuvent donner lieu à un vote qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement.
Dénonçant « l’enlèvement » de Nicolas Maduro, la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, avait demandé au chef de gouvernement « de venir présenter la position du gouvernement sur les actions illégales des Etats-Unis d’Amérique ainsi que les manquements manifestes du président de la République à la défense de la position internationale de la France ». « Il est légitime et nécessaire qu’un débat parlementaire ait lieu sur ces choix stratégiques et sur l’orientation de la politique étrangère de la France, qui ne saurait relever du seul pouvoir exécutif », avait-elle assuré dans son courrier publié sur son compte X.
Les communistes avaient eux aussi écrit au chef du gouvernement pour réclamer la tenue d’un débat « suivi d’un vote » dans chaque chambre.
« Est-ce que la France est du côté de la Charte des Nations unies et du droit international ? La réponse est oui. Cela a été rappelé par Jean-Noël Barrot (…) sous l’instruction du chef de l’État », a rappelé Sébastien Lecornu devant les députés français, après l’intervention américaine au Venezuela.
« Si les présidents de groupe me saisissent d’un 50-1 (…) oui, un débat aura lieu [à l’Assemblée nationale], je m’y engage », a ajouté le premier ministre français alors que la présidente de l’Assemblée nationale a, elle, déclaré qu’il s’agit d’une demande qui a été formulée par au moins trois groupes en conférence des présidents.
Le premier ministre français a jugé mardi « illégale » l’opération militaire américaine au Venezuela. « Tout est illégal dans cette affaire. Le régime de Nicolas Maduro, le cycle électoral de 2024, l’opération militaire américaine qui contrevient à la Charte des Nations unies », a affirmé Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale, en appelant à une « transition démocratique » autour d’Edmundo Gonzalez Urrutia, l’opposant que la France considère comme avoir été élu président de ce pays en 2024.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a rappelé que même avant les derniers développements au Venezuela, près de huit millions de personnes, soit un quart de la population, avaient besoin d’aide humanitaire.
De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (UNHCR) a affirmé qu’il n’avait pas remarqué pour l’instant de nouveaux déplacements massifs d’habitants depuis samedi. Mais « nous suivons de près la situation et les mouvements transfrontaliers », a déclaré aux journalistes, lors d’un point presse à Genève, Eujin Byun, une porte-parole de l’UNHCR, précisant que les agences des Nations Unies sont prêtes à « soutenir les efforts de secours d’urgence et à protéger les personnes déplacées dans le besoin, si nécessaire ».
Merci pour votre message ! Depuis l’opération américaine qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, et de sa femme, Cilia Flores, le régime islamique, également menacé par Washington, affiche un optimisme de façade.
L’Iran assure pour l’heure que ses liens avec le Venezuela, désormais dirigé « par intérim » par l’ex-vice-présidente chaviste Delcy Rodriguez, restent inchangés. « Nos relations avec tous les pays, y compris le Venezuela, sont fondées sur le respect mutuel et le resteront », a déclaré lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. « Nous sommes en contact avec les autorités vénézuéliennes », a-t-il ajouté. L’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Caracas assure de son côté qu’il n’est pas question de fermer, même temporairement, la représentation iranienne dans le pays.
Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire l’article ci-dessous.
C’est la première fois qu’un président américain revendique ouvertement le fait d’avoir tenu son Parlement à l’écart de sa décision, par mépris assumé pour le pouvoir législatif, souligne Hugo Toudic, spécialiste des Lumières et de la pensée politique américaine, dans une tribune au Monde.
L’intervention décidée par Donald Trump au Venezuela, sans consultation ni information préalable du Congrès, s’inscrit à première vue dans une longue tradition américaine. Depuis la doctrine Monroe, formulée en 1823, les Etats-Unis n’ont cessé de considérer l’Amérique latine comme leur sphère d’influence naturelle, justifiant au nom de la stabilité, de la lutte contre le communisme ou de la défense du libre marché des interventions répétées, ouvertes ou clandestines. Du Guatemala en 1954 au Chili en 1973, de l’appui aux dictatures militaires à l’exportation des recettes néolibérales incarnées par les « Chicago Boys » [des économistes chiliens formés à l’université de Chicago qui ont façonné la politique de Pinochet], l’histoire régionale est indissociable de l’ingérence américaine.
Merci pour votre question. Le premier ministre, Mark Carney, a réagi dès le 3 janvier à la situation au Venezuela par un communiqué de presse. « L’une des premières mesures prises par le nouveau gouvernement canadien en mars 2025 a été d’imposer des sanctions supplémentaires au régime brutalement oppressif et criminel de Nicolas Maduro, condamnant sans équivoque ses graves atteintes à la paix et à la sécurité internationales, ses violations flagrantes et systématiques des droits de la personne et sa corruption. Le Canada ne reconnaît pas le régime illégitime de Maduro depuis la fraude électorale de 2018 », peut-on lire dans le communiqué.
« Le gouvernement canadien accueille favorablement l’opportunité qui s’offre au peuple vénézuélien d’accéder à la liberté, à la démocratie, à la paix et à la prospérité. Le Canada soutient depuis longtemps un processus de transition pacifique, négocié et mené par le Venezuela, respectueux de la volonté démocratique du peuple vénézuélien », ajoute également le premier ministre dans sa déclaration en appelant « toutes les parties à respecter le droit international ».
L’opération américaine au Venezuela place les nationalistes européens face à leurs contradictions d’élus de pays pesant peu face aux puissances russe, chinoise ou américaine.
Par Olivier Bonnel, Jean-Baptiste Chastand, Elsa Conesa, Cécile Ducourtieux, Isabelle Piquer
Appelé à donner son avis, lundi 5 janvier, sur l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro, par l’armée américaine, le premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban, a fait preuve d’une prudence inhabituelle. « Cela s’est produit, et nous examinons si c’est bénéfique ou non pour la Hongrie », a déclaré le dirigeant hongrois lors de sa conférence de presse annuelle, embarrassé face aux nombreuses questions sur la spectaculaire opération du week-end.
Le nouveau président chilien, José Antonio Kast, qui a promis d’en finir avec l’insécurité, l’immigration irrégulière et les difficultés économiques, a réitéré son appel aux étrangers sans papiers à quitter le Chili, dans des propos rapportés par le journal vénézuélien El Nacional.
« Ce serait peut-être plus facile si l’autorité qui se trouve temporairement au Venezuela facilitait l’échange d’informations », a-t-il précisé, alors que les étrangers représentent 8,8 % de la population du Chili, soit 1,6 million de personnes, selon les chiffres de 2024. Fuyant la crise politique et économique dans leur pays, les Vénézuéliens représentent désormais 42,6 % des étrangers au Chili.
José Antonio Kast, qui prendra ses fonctions le 11 mars, a déclaré samedi que l’arrestation de Nicolas Maduro « est une excellente nouvelle pour la région », et a appelé les gouvernements d’Amérique latine « à coordonner le retour sûr et rapide des Vénézuéliens dans leur pays ».
« Nous ne pouvons pas avoir des gens dont nous ne connaissons pas l’identité […]. De nos jours, chacun peut préparer son départ », a-t-il déclaré, avant de prédire qu’il y aurait « un avant et un après » en matière d’immigration avec son arrivée au gouvernement.
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, s’est joint à la déclaration commune faite par les dirigeants européens face aux revendications de Donald Trump. Interrogé sur le sujet par la BBC, il a affirmé qu’il s’opposerait au président américain sur la question du Groenland.
« Le Groenland et le Royaume du Danemark doivent décider de l’avenir du Groenland, et seulement le Groenland et le Royaume du Danemark », a précisé Keir Starmer.
Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne et du Royaume-Uni ont apporté mardi dans une déclaration commune leur soutien au Danemark face aux revendications de Donald Trump concernant le Groenland.
« Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland », ont déclaré les dirigeants européens, soulignant que le Royaume fait « partie » de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés à Copenhague par un accord de défense.
« Le Royaume du Danemark – y compris le Groenland – fait partie de l’OTAN. La sécurité dans l’Arctique doit donc être assurée collectivement, en coopération avec les alliés de l’OTAN, y compris les États-Unis », affirment-ils dans une déclaration publiée notamment par la chancellerie allemande.
Selon Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Donald Tusk, Pedro Sanchez, Keir Starmer et Mette Frederiksen, cette coopération doit respecter « les principes de la Charte des Nations unies, notamment la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières ».
« Ce sont des principes universels, et nous ne cesserons pas de les défendre », ajoutent les dirigeants des principaux pays européens.
Interrogé par le magazine américain The Atlantic sur les implications pour le Groenland de l’opération militaire menée par les forces spéciales américaines au Venezuela, Donald Trump a déclaré que c’était à ses partenaires de les évaluer : « Ils vont devoir se faire leur propre opinion. »
Le président américain répète avoir « besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale ». « Le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a-t-il affirmé devant des journalistes à bord d’Air Force One dimanche soir, assurant qu’il allait s’occuper « du Groenland dans environ deux mois », voire « dans vingt jours ».
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