EN DIRECT, enlèvement de Maduro : les Etats-Unis sont « aux commandes » du Venezuela, réaffirme Donald Trump ; la présidente par intérim appelle à la « coopération »
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EN DIRECT, enlèvement de Maduro : les Etats-Unis sont « aux commandes » du Venezuela, réaffirme Donald Trump ; la présidente par intérim appelle à la « coopération »

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Published
Jan 5, 2026

« Nous accordons la priorité à des relations internationales équilibrées et respectueuses entre les Etats-Unis et le Venezuela », a écrit, dimanche sur Telegram, celle qui a été désignée présidente par intérim du pays par la Cour suprême. Nicolas Maduro doit, lui, être présenté lundi à un tribunal à New York pour se voir signifier des accusations de trafic de drogue.

Le président colombien, Gustavo Petro, a rejeté dimanche les menaces de son homologue américain, Donald Trump, qui a accusé sans preuve son homologue d’être un narcotrafiquant.

« Mon nom (…) n’apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump », a déclaré M. Petro sur le réseau social X.

Donald Trump a déclaré qu’une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait « une bonne idée » et a accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les Etats-Unis, avertissant qu’il « ne le ferait plus très longtemps ». Après lui avoir dit samedi qu’il devrait « faire gaffe à ses fesses », Donald Trump a qualifié dimanche son homologue colombien d’« homme malade » qui « aime prendre de la cocaïne ».

Le ministère des affaires étrangères colombien a qualifié les menaces du président américain d’« ingérence inacceptable » et a demandé le « respect ».

Le président colombien critique vivement l’action militaire du gouvernement Trump dans la région et accuse les Etats-Unis d’avoir enlevé Nicolas Maduro « sans base légale ».

Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s’affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane ou la politique migratoire. La Colombie et les Etats-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd’hui au plus bas.

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a créé, dimanche, une commission pour la libération de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores.

Une commission « de haut niveau » a été présentée par le ministre de l’information, Freddy Nanez, qui en fera partie. Elle sera présidée par Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, et le ministre des affaires étrangères, Ivan Gil.

Quelque 2 000 partisans du président vénézuélien, Nicolas Maduro, ont manifesté dimanche à Caracas pour exiger sa libération des Etats-Unis.

« Libérez notre président », « L’empire les a enlevés », « Nous voulons qu’ils reviennent », « Le Venezuela n’est la colonie de personne » : les slogans ont fusé lors de la mobilisation, où certains protestataires étaient armés de fusils.

« En raison de l’attaque criminelle perpétrée par le gouvernement des Etats-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela (...) 32 Cubains ont perdu la vie au cours des combats », a déclaré le gouvernement dans un communiqué lu à la télévision nationale.

Les militaires tués, tous membres des Forces armées révolutionnaires ou du ministère de l’intérieur cubain, réalisaient des missions au Venezuela « à la demande d’organes homologues » de ce pays, proche allié de l’île communiste, a précisé le gouvernement cubain qui a décrété deux jours de deuil national. Ces soldats « ont accompli dignement et héroïquement leur devoir et sont tombés, après une ferme résistance, dans un combat direct contre les assaillants ou à la suite des bombardements », ajoute le communiqué.

« Honneur et gloire aux braves combattants cubains qui sont tombés en affrontant des terroristes vêtus d’un uniforme impérial », a écrit, sur X, le président, Miguel Diaz-Canel.

Cuba et le Venezuela entretiennent d’étroites relations depuis la fin des années 1990 et l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez (1999-2013). En 2002, une tentative de coup d’Etat contre le dirigeant vénézuélien a précipité l’incursion des Cubains dans les affaires militaires du pays afin de consolider son pouvoir.

Le Venezuela est le principal fournisseur de pétrole de Cuba, en échange notamment de l’envoi de personnel médical.

« Nous accordons la priorité à des relations internationales équilibrées et respectueuses entre les Etats-Unis et le Venezuela, ainsi qu’entre le Venezuela et les autres pays de la région, fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence », a écrit, dimanche sur Telegram, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez.

« Nous invitons le gouvernement américain à travailler conjointement à un agenda de coopération, axé sur un développement partagé dans le cadre du droit international afin de renforcer une coexistence communautaire durable », a-t-elle ajouté.

« Cuba est prêt à tomber », a déclaré Donald Trump aux journalistes à bord d’Air Force One, estimant qu’il serait difficile pour ce pays de « tenir le coup » sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.

Le président américain a néanmoins minimisé la nécessité d’une intervention militaire américaine sur l’île. « Je ne pense pas que nous ayons besoin d’agir. Il semble que tout s’écroule », a-t-il ajouté.

Alors que la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a été nommée présidente par intérim par la Cour suprême samedi soir, Donald Trump a réaffirmé dimanche que les Etats-Unis étaient désormais « aux commandes » du pays.

« On a affaire à des gens qui viennent d’être investis. Ne me demandez pas qui est aux commandes, car je vous donnerai une réponse qui sera très controversée », a déclaré le président américain à bord d’Air Force One, en réponse à un journaliste lui demandant s’il avait parlé à la dirigeante par intérim. « Cela signifie que nous sommes aux commandes », a-t-il ajouté face à l’insistance des journalistes.

Donald Trump avait affirmé, lors d’une conférence de presse samedi, que Mme Rodriguez avait assuré au secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qu’elle était prête à coopérer avec les Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro.

Mais peu de temps après l’opération militaire américaine qui a conduit à l’enlèvement de Nicolas Maduro, Mme Rodriguez avait exigé la libération du dirigeant socialiste, le qualifiant d’« unique président du Venezuela », avant d’assurer que son pays « ne sera[it] la colonie de personne ».

Le président américain s’est montré plus offensif en menaçant la dirigeante par intérim. « Si elle ne fait pas ce qu’il faut, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que Maduro », avait-il déclaré au journal The Atlantic.

Le président américain a affirmé qu’un grand nombre de membres du personnel de sécurité cubain de Nicolas Maduro avaient été tués lors de la capture du dirigeant vénézuélien.

« Vous savez, beaucoup de Cubains ont été tués hier », a déclaré Donald Trump, dimanche, aux journalistes à bord d’Air Force One, ajoutant qu’il y avait « malheureusement beaucoup de morts dans l’autre camp ».

« Sans base légale pour mener une action contre la souveraineté du Venezuela, l’arrestation devient un enlèvement », a écrit le président colombien, Gustavo Petro, critique de Donald Trump, sur X.

Ce n’est qu’un tout petit échantillon mais, comme vous le voyez, vous êtes nombreux à nous interroger sur le bilan humain de l’intervention américaine sur le sol vénézuélien, alors que les autorités du pays restent muettes sur le sujet.

Les hôpitaux au Venezuela ont refusé, dimanche, de donner à l’Agence France-Presse (AFP) toute information sur les morts et les blessés lors de cette attaque qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro.

« Nous avons ordre de ne pas fournir d’informations », a-t-il été dit à l’AFP qui s’est rendue dans sept centres médicaux de Caracas sans pouvoir y entrer ni accéder aux données, tandis que circulaient des rapports officieux faisant état de dizaines de décès. « L’information relève de la sécurité militaire », a déclaré un fonctionnaire à l’hôpital Carlos Arvelo, qui aurait reçu la majorité des victimes.

L’AFP a aussi demandé à trois reprises au gouvernement vénézuélien les chiffres, sans recevoir pour l’instant de réponse.

Une organisation regroupant des médecins au Venezuela a fait état auprès de l’AFP d’environ 70 morts et 90 blessés. Une source militaire anonyme a dit à l’AFP qu’il y avait au moins quinze tués. Le quotidien New York Times parle lui de 80 décès, citant une source au sein du gouvernement, tandis qu’un journaliste vénézuélien a publié une liste de 18 noms de militaires tués, selon lui et membres du corps de sécurité de Maduro.

Lors de la capture de Nicolas Maduro qui se trouvait dans une maison au sein de Fuerte Tiuna, une immense enclave militaire dans Caracas, des affrontements ont notamment eu lieu entre les militaires américains et les gardes du corps du président, selon les autorités américaines.

Le ministre de la défense vénézuélien, le général Vladimir Padrino, a dénoncé des exécutions de « sang froid ». Samedi, il avait également dit que les frappes américaines sur la capitale avaient touché des populations civiles et qu’il travaillait à établir un bilan.

Nommée présidente par intérim du Venezuela par la Cour suprême samedi soir, Delcy Rodriguez a réuni, dimanche soir, son premier conseil des ministres après l’enlèvement par l’armée américaine du président Nicolas Maduro dont elle était la vice-présidente.

La télévision d’Etat VTV a montré en début de soirée Mme Rodriguez présidant une table au palais présidentiel de Miraflores, à laquelle étaient notamment assis le ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez, ou le ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello.

Edmundo Gonzalez Urrutia, dont l’opposition estime qu’il a remporté la présidentielle de 2024 au Venezuela, s’est exprimé dimanche sur la capture de Nicolas Maduro.

« Ce moment constitue un pas important, mais pas suffisant. La normalisation réelle du pays ne sera possible que lorsque tous les Vénézuéliens privés de liberté pour des raisons politiques (…) seront libérés et que la volonté majoritaire exprimée par le peuple vénézuélien le 28 juillet sera respectée, sans ambiguïté », a-t-il dit dans une vidéo depuis son exil en Espagne.

« Aujourd’hui, celui qui a usurpé le pouvoir n’est plus dans le pays et fait face à la justice. Ce fait instaure un nouveau scénario politique, mais ne remplace pas les tâches fondamentales qui nous attendent encore », souligne-t-il, insistant : « Aucune transition démocratique n’est possible tant qu’un seul Vénézuélien est injustement emprisonné ».

M. Gonzalez Urrutia, qui se considère président élu du Venezuela, a une nouvelle fois adressé un appel à l’armée lui demandant « de respecter et de faire respecter le mandat souverain exprimé le 28 juillet 2024. En tant que commandant en chef, je vous rappelle que votre loyauté va à la Constitution, au peuple et à la République ».

M. Gonzalez Urrutia avait remplacé au pied levé comme candidat à la présidentielle Maria Corina Machado, déclarée inéligible par le pouvoir.

Nicolas Maduro sera présenté demain devant le tribunal fédéral du Southern District, à Manhattan, à New York, parce que c’est dans cette juridiction qu’a été déposé l’acte d’accusation.

Comme l’expliquait hier notre correspondant à New York, Nicolas Chapuis, le Southern District de New York est l’une des cours fédérales les plus importantes du pays. Elle représente Manhattan, le Bronx, ainsi que quelques comtés situés au nord de la ville. Dans le complexe système judiciaire fédéral américain, ces cours opèrent un peu comme des tribunaux de première instance.

Le tribunal a souvent de gros dossiers financiers à traiter, en raison de la concentration de sièges sociaux de grandes entreprises et de banques autour de Wall Street, mais gère tous types de cas. De nombreuses affaires très médiatiques y ont été jugées ces derniers temps, comme le procès de Sean Combs, alias « P. Diddy », ou celui de Sam Bankman-Fried, le roi déchu de la cryptomonnaie.

Lors de sa conférence de presse, Donald Trump a annoncé que le procès pourra avoir lieu ailleurs, en Floride, par exemple, mais, « dans tous les cas, M. Maduro et sa femme, Cilia Flores, feront leur apparition bientôt devant le tribunal fédéral de Manhattan », rappelait le New York Times, hier. « Les accusés seront présentés à un juge et plaideront probablement “non coupable”. Le juge ordonnera très probablement leur détention provisoire dans l’attente d’un procès, qui pourrait avoir lieu dans plus d’un an », explique le quotidien new-yorkais, qui rappelle que « si l’affaire reste à Manhattan, le bureau du procureur fédéral, dirigé par Jay Clayton, sera chargé des poursuites. L’affaire a été confiée au juge Alvin Hellerstein, magistrat fédéral fort de près de trente ans d’expérience. Les accusations reposent sur une enquête menée par la DEA, l’agence fédérale de lutte contre le trafic de drogue », poursuit le quotidien américain.

Alors que Donald Trump avait affirmé une demi-douzaine de fois que les Etats-Unis allaient « diriger » le Venezuela, lors de sa conférence de presse, hier, Marco Rubio a dit autre chose, lors de ses nombreux entretiens avec les médias américains, aujourd’hui.

Le secrétaire d’Etat américain a, en effet, laissé entendre que les Etats-Unis ne gouverneraient pas le Venezuela au quotidien, se contentant d’appliquer un « embargo pétrolier » déjà en vigueur dans le pays, et qu’ils utiliseraient ensuite ce moyen de pression pour obtenir des changements politiques favorables, rapporte l’agence de presse américaine Associated Press (AP).

« C’est à ce type de contrôle que le président fait allusion lorsqu’il dit cela », a ainsi déclaré Marco Rubio sur CBS. « Nous poursuivons cet embargo et nous nous attendons à voir des changements, non seulement dans la façon dont l’industrie pétrolière est gérée au profit du peuple, mais aussi pour mettre fin au trafic de drogue. »

Sur NBC, relève The New York Times, le secrétaire d’Etat américain a déclaré : « Ce n’est pas diriger, c’est diriger la politique, en fonction de cela. »

Hier, Donald Trump avait pourtant affirmé que les Etats-Unis comptaient « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Interrogé sur qui dirigerait le pays exactement, il s’était retourné vers Marco Rubio et Pete Hegseth, le secrétaire à la guerre. Interrogée par AP, la Maison Blanche n’a pas réagi.

Un peu plus tôt, sur CBS, Marco Rubio a également déclaré que les Etats-Unis travailleraient avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions ». « S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien.

Le fils du président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé ses partisans à se mobiliser et à descendre dans la rue, après sa capture par les Etats-Unis. « Vous nous verrez dans la rue, vous nous verrez aux côtés de ce peuple, vous nous verrez brandir les drapeaux de la dignité », a-t-il déclaré dans un message audio diffusé sur les réseaux sociaux.

« Ils veulent nous voir faibles, ils ne nous verront pas faibles », a ajouté celui qui figure, comme son père et sa belle-mère, parmi les six personnes accusées de « narcoterrorisme » par la justice américaine.

« L’histoire dira qui ont été les traîtres, l’histoire le révélera », a-t-il ajouté, en allusion à des informations circulant sur la présence au sein du premier cercle de Nicolas Maduro d’un espion qui aurait facilité sa capture.

Le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro comparaîtra lundi à midi (18 heures à Paris), devant un juge de New York, a annoncé le tribunal, où il se verra officiellement signifier les charges retenues contre lui.

Inculpé par la justice américaine notamment pour « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux Etats-Unis, le chef d’Etat capturé lors d’une opération de l’armée américaine sera présenté devant le tribunal fédéral du Southern District, à Manhattan.

L’Union européenne a exigé le respect de la volonté du peuple vénézuélien, au lendemain du renversement du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis, y voyant « le seul moyen de résoudre la crise », selon un communiqué.

Précisant s’exprimer au nom de 26 pays (soit tous les pays membres sauf la Hongrie), la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, « appelle tous les acteurs à faire preuve de calme et de retenue, afin d’éviter une escalade et de garantir une solution pacifique à la crise ». « Respecter la volonté du peuple vénézuélien reste le seul moyen pour le Venezuela de rétablir la démocratie et de résoudre la crise actuelle », est-il ajouté.

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