Le président vénézuélien est arrivé à New York, où il devrait être inculpé pour trafic de drogue. Donald Trump a affirmé, samedi soir, que les Etats-Unis vont « diriger » le Venezuela et y installer des compagnies pétrolières américaines.
« En tant qu’organisation régionale multilatérale dédiée à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’État de droit, le Conseil de l’Europe considère que tout recours à la force sur le territoire d’un autre État soulève de graves questions au regard du droit international, notamment des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence », écrit M. Berset dans un communiqué.
Après la capture du président vénézuélien par les forces américaines, il avertit du risque d’« aggravation de la polarisation au Venezuela, dans toute la région et à l’échelle mondiale, entre ceux qui condamnent une grave violation du droit international et ceux qui l’estiment justifiée. Ces fractures fragilisent les fondations de la sécurité internationale ».
« Qu’on parle de changement de régime ou d’influence étrangère, on applique trop souvent deux poids, deux mesures, dicté par des intérêts stratégiques ou une proximité idéologique plutôt que par des principes juridiques partagés et constants », écrit M. Berset. « Le droit international est universel, ou il est dénué de sens », insiste-t-il. « Un monde régi par des exceptions, un deux poids deux mesures ou des sphères d’influence concurrentes est un monde plus dangereux ».
Alors que le président américain Donald Trump a annoncé, hier, que les Etats-Unis avaient l’intention de « diriger » la transition au Venezuela, le secrétaire général du Conseil de l’Europe appelle à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ».
Au lendemain de l’attaque américaine visant à enlever le président Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores, les habitants de Catia La Mar, au Venezuela, ont constaté des dégâts sur leurs habitations, qu’ils attribuent à l’opération.
Comme à Madrid, plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté à la mi-journée devant le consulat des Etats-Unis à Amsterdam, la capitale des Pays-Bas, brandissant des pancartes « Yankees go home » (« les Américains, rentrez chez vous »), « Stop killing for oil » (« arrêtez de tuer pour du pétrole ») ou encore « Stop Trumps Fossil Army » (« Stop à l’armée des hydrocarbures de Trump »), a rapporté l’agence de presse Algemeen Nederlands Persbureau (ANP).
Ils répondaient à l’appel de plusieurs organisations des mouvances pacifiste et antifa, détaille l’Agence France-Presse (AFP).
Le président ukrainien a réagi à l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis, samedi, lors d’un point presse à Kiev. Ce point presse était organisé au terme d’une rencontre entre les conseillers à la sécurité de quinze pays, dont la France, l’Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l’UE et de l’OTAN, pour examiner les détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie.
Devant le parterre de journalistes réunis à Kiev, Volodymyr Zelensky a esquissé un rictus – comme on peut le voir sur cette vidéo – lorsqu’il a été questionné sur l’opération militaire américaine. « S’il est possible de traiter avec des dictateurs de cette façon, aussi facilement, alors les Etats-Unis d’Amérique savent ce qu’il faut faire ensuite », a-t-il lancé.
Sans le nommer, M. Zelensky visait Vladimir Poutine, son homologue russe, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre.
Pour saisir les répercussions pour l’Ukraine et la Russie de la capture du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis je vous conseille cette analyse de nos journalistes Claire Gatinois et Benjamin Quenelle.
Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l’embargo pétrolier.
« S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d’une interview à la chaîne CBS.
Plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés dimanche matin devant l’ambassade des Etats-Unis à Madrid pour dénoncer une « agression impérialiste », après l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro.
Les manifestants ont brandi de nombreuses pancartes montrant notamment Donald Trump avalant goulûment un bidon de pétrole aux couleurs du drapeau vénézuélien, une autre clamant « Trump agresseur », tandis que sur une banderole on pouvait lire « Non à l’agression impérialiste contre le Venezuela ».
Plusieurs drapeaux de la formation d’extrême gauche espagnole Podemos ou du Parti communiste espagnol étaient également visibles parmi les drapeaux vénézuéliens agités devant l’ambassade, en plein cœur de Madrid.
Le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, dont le pays a accueilli le candidat de l’opposition à la présidentielle vénézuélienne de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil, avait déjà condamné samedi « une intervention qui viole le droit international », jugeant que cette opération « [poussait] la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », et avait appelé à une transition « juste et dans le dialogue ».
Le « départ » du président vénézuélien Nicolas Maduro, enlevé par les Etats-Unis lors d’une opération militaire samedi, est « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens », a assuré dimanche le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, au journal télévisé de France 2, explicitant la position de la France, celle de dire que « Nicolas Maduro était un dictateur sans scrupule, qui a confisqué leur liberté aux Vénézuéliens et qui leur a volé les élections ».
Le chef de la diplomatie française a, dans le même temps, rappelé que la méthode employée par les Etats-Unis contrevenait aux pratiques du droit international : « L’usage de la force doit être encadré par des règles. Sans ces règles, le monde est soumis à la loi du plus fort. La France (…) continuera de défendre ses principes ». Défendant les déclarations, très critiquées, d’Emmanuel Macron, M. Barrot a assuré que « personne n’a cautionné cette intervention américaine » et que le chef de l’Etat « a exprimé notre ambition pour la suite », c’est-à-dire « une transition pacifique et démocratique » et que « le pouvoir revienne au Venezuela ».
L’ancien premier ministre Dominique de Villepin a accusé dimanche Emmanuel Macron de se « soumettre » aux Etats-Unis de Donald Trump avec sa réaction « irresponsable » après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines. Le président français a dit samedi « prendre acte » de la fin du régime de Nicolas Maduro, sans évoquer les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien. Une position qui a suscité énormément de critiques au sein de la classe politique française, surtout à gauche.
M. Macron « a préféré ne pas surréagir, puisqu’il a craint, à un moment donné, d’irriter Donald Trump par rapport à la décision américaine d’intervenir à Caracas parce qu’il a le sentiment de devoir mener un combat qui, pour lui, est plus important, qui est le combat de l’Ukraine. Et donc, il a choisi en quelque sorte sa cible. Ce qu’il ne comprend pas, ce qui lui échappe, c’est que l’ensemble de ses sujets sont aujourd’hui liés. Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine », a développé M. De Villepin sur BFM-TV.
« La première chose que devraient faire les Européens, c’est d’abord marquer clairement ce qui est inacceptable pour nous dans la décision américaine, se doter de leviers, et ça, c’est une urgence absolue (…) c’est l’inverse de ce qu’a fait Emmanuel Macron hier soir », a encore jugé l’ancien ministre. « Nous sommes en train de nier notre propre identité historique », a martelé celui qui s’était fait remarquer en 2003, quand il était chef de la diplomatie de Jacques Chirac, par son discours à l’ONU contre la guerre en Irak engagée par les Etats-Unis de George W. Bush, et qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2027.
Merci pour votre question. L’opération au Venezuela peut effectivement être perçue comme un avertissement aux alliés des Etats-Unis, inquiets des menaces de Donald Trump de s’adjuger des ressources stratégiques, alors que ce dernier a fait part de ses intentions de s’approprier les vastes réserves en hydrocarbure du Venezuela au profit des grandes entreprises pétrolières américaines.
De nombreux soutiens ont loué sa vision impérialiste, renouant avec la doctrine Monroe, qui faisait de l’Amérique latine le pré carré des Etats-Unis, et rêvent de le voir pousser son avantage dans les Caraïbes, comme il a semblé le suggérer lors de la conférence de presse en menaçant indirectement Cuba. Katie Miller, podcasteuse conservatrice influente et épouse de Stephen Miller, l’un des plus proches conseillers de Donald Trump, a publié samedi sur son compte X une photo du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte légende en capitales : « SOON » (« bientôt »).
Le tweet a fait réagir l’ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis, Jesper Moller Sørensen, qui a appelé dimanche au « respect total » de l’intégrité territoriale du Groenland. Pour rappel, le Groenland est convoité par Donald Trump, au grand dam du Danemark, et les tensions entre les deux pays ont été relancées par l’annonce, à la fin de décembre, par le président américain de la nomination d’un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois.
Les autorités vénézuéliennes n’ont toujours pas communiqué sur le nombre de victimes à la suite de l’opération militaire américaine à Caracas et dans les environs. Selon le procureur général du pays, Tarek William Saab, « des victimes innocentes ont été blessées et tuées », comme il l’a déclaré à la télévision hier, mais sans plus de détails.
De son côté, Donald Trump a assuré qu’il n’y avait pas eu de victime américaine, durant la conférence de presse donnée hier en sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.
« Le bien-être du cher peuple vénézuélien doit prévaloir sur toute autre considération et conduire à surmonter la violence et à s’engager sur des chemins de justice et de paix », a déclaré, dimanche, Léon XIV, après la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre de Rome. Le pape, de nationalité américaine, a également appelé à « garantir la souveraineté du pays ».
L’événement apparaît en réalité à double tranchant pour le Kremlin, comme l’expliquent, dans leur analyse, nos journalistes Claire Gatinois et Benjamin Quénelle. D’un côté, la capture du président Maduro par les Etats-Unis affaiblit les alliés de l’Ukraine, qui se veulent les défenseurs de la démocratie et du droit international.
Mais il est aussi un revers géopolitique pour Moscou, qui perd un partenaire de premier plan. Son éviction est « un coup porté à Poutine », observe ainsi Peter Rough, directeur du Centre pour l’Europe et l’Eurasie à l’Hudson Institute. « Cela montre que ses défenses aériennes – installées autour la capitale vénézuélienne – et ses accords politiques – Moscou et Caracas ont récemment signé un accord de partenariat stratégique de dix ans – sont inutiles face à la puissance américaine. » L’opération américaine menace en outre les revenus pétroliers de la Russie. Les Etats-Unis ont pour ambition de revivifier les installations pétrolières vénézuéliennes, semblant jeter aux oubliettes l’accord de joint-venture renouvelé pour quinze ans en novembre 2025 entre la société publique Petroleos de Venezuela et une filiale de la société russe Roszarubezhneft.
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