EN DIRECT, Venezuela : la Russie accuse les Etats-Unis d’accentuer les tensions « militaires et politiques » après qu’un pétrolier a été saisi dans l’Atlantique
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EN DIRECT, Venezuela : la Russie accuse les Etats-Unis d’accentuer les tensions « militaires et politiques » après qu’un pétrolier a été saisi dans l’Atlantique

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Published
Jan 8, 2026

La diplomatie russe a accusé Washingtoin d’attiser des « tensions militaires et politiques » à la suite de la saisie de ce navire, dans le cadre du blocus de Washington visant l’exportation du pétrole vénézuélien, dénonçant des agissements américains « dangereux et irresponsables ».

Merci pour votre message. Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants et le Sénat sont censés donner leur aval en cas de conflits à l’étranger. Or ils n’ont été ni consultés ni même informés avant l’opération menée samedi pour enlever le président vénézuélien, Nicolas Maduro.

Signe de l’affaiblissement de l’institution parlementaire, John Thune et Mike Johnson, les deux leaders républicains au Sénat et à la Chambre des représentants, ont salué à l’unisson la décision de Donald Trump, sans un mot pour le piétinement de leurs prérogatives.

C’est donc logiquement de l’opposition démocrate que se sont élevées les principales critiques, et encore se sont-elles exprimées le plus souvent avec prudence, comme s’il fallait peser chaque mot et ne surtout pas donner l’impression de s’associer au régime de Caracas : aux Etats-Unis, le chavisme de Nicolas Maduro, qui s’est maintenu au pouvoir malgré une victoire contestée, fait office de repoussoir pour l’ensemble du personnel politique.

L’administration Trump argue qu’il s’agissait d’arrêter un trafiquant de drogue – Nicolas Maduro a été inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour conspiration « narcoterroriste » – et non pas du déclenchement d’un conflit international. Mais, dans le même temps, Donald Trump a fait part de son intention de « diriger le Venezuela », sans que l’on sache si cela nécessiterait d’envoyer des troupes au sol, ce qui reposerait la question – à tout le moins – de la consultation du Congrès.

Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire l’article ci-dessous.

Les Etats-Unis « se détournent progressivement » de certains alliés et « s’affranchissent des règles internationales », a déploré jeudi Emmanuel Macron dans son discours annuel devant les ambassadeurs français, évoquant aussi « une agressivité néocoloniale » de plus en plus en vigueur dans les relations diplomatiques.

« Les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien. Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde », a dit le président français.

Emmanuel Macron a aussi dit refuser « le nouveau colonialisme » de grandes puissances tout comme le « défaitisme » ambiant face aux dernières évolutions dans le monde. « Nous, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme », a-t-il lancé.

« Ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens. Plus d’autonomie stratégique, moins de dépendance à l’égard des Etats-Unis comme de la Chine », a-t-il insisté.

La diplomatie russe a accusé jeudi les Etats-Unis d’attiser des « tensions militaires et politiques » après la saisie d’un pétrolier lié à Moscou dans l’Atlantique Nord, dans le cadre du blocus de Washington visant l’exportation du pétrole vénézuélien.

« Le fait que Washington soit disposé à susciter de graves crises internationales est regrettable et alarmant », a déclaré le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué, dénonçant les agissements « dangereux et irresponsables » des Etats-Unis et la complicité de Londres dans la saisie de ce navire.

Entre 2014 et 2020, le Venezuela a perdu 75 % de son produit intérieur brut (PIB), un record pour un pays qui n’est pas en guerre. En 2019, l’inflation atteignait 329 000 %, Nicolas Maduro l’a rappelé pendant sa campagne en 2024. Fuyant les pénuries, les pannes, l’hyperinflation et l’insécurité, 7,7 millions de Vénézuéliens ont dû émigrer.

« La crise a détruit l’épargne des ménages, la monnaie et l’Etat lui-même, qui est désormais incapable de fournir à ses citoyens les services de base que sont l’eau, l’électricité, le transport public, la santé ou l’éducation », résumait Asdrubal Oliveros, directeur du bureau d’études économiques Ecoanalitica, dans un article du Monde datant du 27 juillet 2024.

Nicolas Maduro et ses affiches de campagne attribuaient l’effroyable récession à la guerre économique menée par l’opposition et aux sanctions décrétées par les Etats-Unis, en 2015, et renforcées en 2019. Celles-ci empêchent le pays de vendre son or, son gaz et son pétrole, et la banque centrale d’opérer sur les marchés financiers. Washington les a levées en octobre 2023 contre la promesse d’une présidentielle ouverte et les a partiellement réinstaurées en avril, en constatant que M. Maduro ne jouait pas le jeu.

En 2022, le pays avait enregistré un taux de croissance de 7 %, avec une croissance espérée de 4 % en 2023. « Mais, rappelait en 2024 l’économiste Manuel Sutherland, chercheur à l’université centrale du Venezuela, l’économie du pays est aujourd’hui le quart de ce qu’elle a été et 4 % d’un quart, c’est peu. Pour retrouver son niveau de 2013, elle devrait progresser de 5 % pendant trente-deux ans. »

Le Venezuela possède pourtant les plus vastes réserves des pétrolières au monde mais, pour le moment, les exportations ne devraient pas reprendre tant que les sanctions américaines sont toujours en vigueur. Or, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a prévenu que les Etats-Unis continueraient, jusqu’à nouvel ordre, à appliquer le blocus pétrolier mis en place en décembre 2025 pour faire pression sur les nouveaux dirigeants vénézuéliens. Les mesures punitives américaines compliquent aussi l’importation de diluants, des hydrocarbures légers indispensables à l’exploitation du brut local, très visqueux.

A plus long terme, il faudra des années et des sommes colossales pour faire revenir la production vénézuélienne à son niveau maximal. Celle-ci s’est littéralement effondrée au cours des deux dernières décennies. Le Venezuela extrayait plus de 3 millions de barils par jour de son sous-sol au début des années 2000. Il en produit aujourd’hui à peine 900 000, moins de 1 % de l’offre mondiale. Le résultat d’années de corruption, de sous-investissements, de vols et d’incendies, qu’ont encore aggravé les multiples sanctions des Etats-Unis.

Le 29 juillet 2024, Nicolas Maduro, 61 ans, a été réélu président de la République bolivarienne du Venezuela avec 51,2 % des voix, selon le Conseil national électoral (CNE), institution du chavisme (le régime fondé par Hugo Chavez en 1999). Son adversaire, Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat unitaire des grands partis d’opposition, a lui obtenu 44,2 % des voix. De nombreux pays ont contesté ces résultats en dénonçant des fraudes massives.

Selon les résultats officiels, moins de 10 millions des 21 millions d’électeurs inscrits ont voté. Entre 4 et 5 millions d’adultes qui avaient émigré n’ont pu participer au scrutin. La déception de l’opposition était immense, sa conviction que le pouvoir avait volé l’élection, totale. Le résultat contredisait tous les sondages réalisés par l’opposition dans les semaines précédant le scrutin et à la sortie des urnes.

Maria Corina Machado, la dirigeante de l’opposition qui, déclarée inéligible, n’avait pu être candidate, assurait qu’Edmundo Gonzalez Urrutia avait été élu avec 70 % des voix et en a appelé aux forces armées, qui avaient selon elle « le devoir de veiller à ce que la souveraineté populaire exprimée dans le vote soit respectée ».

Le président du CNE, Elvis Amoroso, a signifié que les résultats étaient « irréversibles ». Il a dénoncé une attaque brutale contre le système informatisé de vote pour expliquer le retard de la proclamation des résultats. Le secrétaire d’Etat américain d’alors, Antony Blinken, a immédiatement exprimé de « sérieux doutes » quant à l’exactitude des résultats.

Donald Trump avait fait campagne en 2016 sur le thème de « l’Amérique d’abord » (America First), appelant à en terminer avec les « guerres sans fin » pour se concentrer sur la reconstitution des classes moyennes qui auraient été trahies par les élites. Les Etats-Unis allaient renoncer à leur responsabilité morale dans le monde, comme le rappelle la politiste Laurence Nardon dans une tribune au Monde. Ce nationalisme de repli avait séduit la base populiste du candidat qui, une fois élu, avait peu ou prou tenu sa promesse.

Le slogan « America First » a donc finalement été transposé dans sa politique étrangère, manifestation permanente d’un rapport de force où le droit et la communauté internationale sont bafoués, les alliances traditionnelles bousculées, les investissements considérés comme non rentables coupés, la paix recherchée lorsqu’elle peut apporter un intérêt économique.

Formalisée dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale – le document qui définit la posture stratégique des Etats-Unis et les moyens pour la mettre en œuvre – rendue publique le 5 décembre 2025, cette vision du monde s’est manifestée dès le début de l’année 2026 par l’opération militaire menée au Venezuela le 3 janvier, pour y enlever le président, Nicolas Maduro.

Si vous souhaitez en savoir plus nous vous recommandons vivement ce grand format où nous revenons, sur la manière dont Donald Trump a bouleversé la carte du monde.

Dans un entretien accordé au New York Times, mercredi soir, le président américain a déclaré que « seul le temps dira » combien de temps les Etats-Unis dicteront les décisions du pays. « Nous allons reconstruire [le pays] d’une manière très rentable », a déclaré Donald Trump au cours d’un entretien de près de deux heures. « Nous allons utiliser le pétrole, et nous allons prendre du pétrole. Nous faisons baisser les prix du pétrole et nous allons donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin. »

Lors de cette interview approfondie, le président américain n’a pas annoncé de calendrier précis concernant la durée pendant laquelle les Etats-Unis pourraient continuer à « superviser » le Venezuela. Trois mois ? Six mois ? Un an ? Plus longtemps ? « Je dirais beaucoup plus longtemps », a-t-il répondu aux journalistes.

Donald Trump n’a pas répondu aux questions sur les raisons pour lesquelles il avait reconnu la vice-présidente de M. Maduro, Delcy Rodriguez, comme nouvelle dirigeante du Venezuela, plutôt que de soutenir Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition dont le parti a mené une campagne électorale victorieuse contre Nicolas Maduro en 2024 et qui a récemment remporté le prix Nobel de la paix. Il a refusé de dire s’il avait parlé à Mme Rodriguez.

« Mais Marco lui parle tout le temps », a-t-il dit en référence au secrétaire d’Etat américain. Donald Trump a ajouté : « Je peux vous dire que nous sommes en communication constante avec elle et avec l’administration [vénézuélienne]. » Le président américain n’a pas non plus pris d’engagement concernant la tenue d’élections au Venezuela, pays qui a connu une longue tradition démocratique de la fin des années 1950 jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999.

Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a justifié jeudi l’intervention de Donald Trump au Venezuela au nom de la légitime défense, accusant le président déchu, Nicolas Maduro, d’être « l’allié des narcotrafiquants [et] du Hezbollah et du Hamas ».

« Il y a dans le droit international seulement deux cas d’intervention légale par la force : soit une décision du Conseil de sécurité des Nations unies, soit l’article 51 de légitime défense », a expliqué sur France Inter l’ancien ministre de l’intérieur. « Je considère que les Américains étaient fondés » à utiliser cet article 51 « en termes de narcotrafic », a ajouté Bruno Retailleau, soulignant que Nicolas Maduro était « un individu et non un président » reconnu par la communauté internationale.

Le président déchu, Nicolas Maduro, et son épouse, Cilia Flores, ont été emmenés de force aux Etats-Unis lors d’une opération militaire américaine pour y répondre d’accusations de « narcoterrorisme » et d’importation de « tonnes de cocaïne ».

Il a toutefois estimé que « les Etats-Unis ne doivent pas franchir une barrière qui est celle de la souveraineté du peuple vénézuélien ». « Le pétrole, les minerais et la démocratie, c’est l’avenir des Vénézuéliens et certainement pas de M. Trump », a-t-il souligné, faisant la différence avec le cas du Groenland, territoire semi-autonome du Danemark que le président américain envisage d’annexer.

« A ce que je sache, le Danemark est une démocratie et les institutions danoises sont des institutions légitimes. Par conséquent, le droit international ne permet pas de toucher précisément au Groenland », a souligné le président des Républicains.

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse, Cilia Flores, ont tous les deux été blessés lors de leur capture le 3 janvier par l’armée américaine à Caracas, a assuré le ministre de l’intérieur vénézuélien, Diosdado Cabello, mercredi soir, lors de son émission hebdomadaire à la télévision publique.

« Cilia a été blessée à la tête et a reçu un coup sur le corps. Le “camarade” Nicolas a été blessé à une jambe. Heureusement, ils se remettent de leurs blessures », a précisé M. Cabello qui a donné un nouveau bilan de cet assaut mené par les forces américaines. « Jusqu’à présent, et je dis bien jusqu’à présent, il y a 100 morts, 100, et un nombre similaire de blessés. L’attaque contre notre pays a été terrible », a-t-il déclaré.

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a, elle, affirmé mercredi soir lors d’une cérémonie officielle qu’il y avait « une tache dans [les relations avec les Etats-Unis] qui ne s’était jamais produite dans [l’]histoire » du Venezuela.

Mme Rodriguez a toutefois précisé que l’échange commercial avec les Etats-Unis « n’a rien d’extraordinaire ni d’irrégulier », après que la compagnie pétrolière d’Etat PDVSA a annoncé une négociation pour vendre du brut aux Etats-Unis.

Dans ce discours, celle qui avait été investie lundi comme présidente par intérim a précisé : « Nos mains sont tendues vers tous les pays du monde, pour des relations, pour une coopération économique, commerciale et énergétique. »

Donald Trump a annoncé qu’il allait recevoir son homologue colombien, Gustavo Petro, à la Maison Blanche « dans un futur proche », après un appel téléphonique entre les deux dirigeants faisant suite à des menaces répétées de frappes américaines sur la Colombie.

Le président colombien a appelé pour « expliquer la situation concernant les drogues et d’autres désaccords », a écrit Donald Trump sur sa plateforme, Truth Social, soulignant qu’il avait « apprécié son ton ». Le président américain a ajouté qu’il avait « hâte » de le rencontrer.

Gustavo Petro critique vivement l’action militaire du gouvernement Trump dans la région et accuse les Etats-Unis d’avoir enlevé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, « sans base légale ». Donald Trump lui avait rétorqué qu’il devrait « faire gaffe à ses fesses », et avait qualifié, dimanche, M. Petro d’« homme malade » qui « aime produire de la cocaïne ».

Le chef d’Etat colombien avait lancé un appel à manifester, mercredi, dans toute la Colombie, défiant ainsi Donald Trump. Il a déclaré lors d’un rassemblement de ses partisans qu’il prévoyait d’assister à la réunion à la Maison Blanche, dont la date n’a pas été précisée.

Devant la foule réunie place Bolivar à Bogota, M. Petro a assuré qu’il pensait prononcer un discours « assez dur », mais qu’il l’a modifié après sa discussion téléphonique avec Donald Trump, qui a duré au moins une heure. Le dirigeant de gauche a affirmé avoir demandé à son homologue américain que « les communications directes entre les chancelleries et les présidents » des deux pays soient rétablies.

« S’il n’y a pas de dialogue, c’est la guerre », a lancé Gustavo Petro au milieu des ovations. « Ils ont réussi à convaincre Trump que j’étais le roi de la fabrication de cocaïne. (…) Trump n’est pas idiot », a-t-il ajouté.

La Colombie et les Etats-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations se sont tendues ces derniers mois. Le président américain a notamment qualifié son homologue de « baron de la drogue » et de « voyou ». L’élu de gauche a répondu en annonçant vouloir porter plainte pour diffamation devant la justice américaine.

Gustavo Petro a également dit, dans son discours, s’être entretenu il y a deux jours avec la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, qu’il l’avait invitée à venir en Colombie et lui avait proposé un dialogue « mondial » pour « stabiliser » le Venezuela.

« Après de longues et difficiles négociations avec des sénateurs, des élus, des ministres et d’autres responsables politiques, j’ai déterminé que pour le bien de notre pays, surtout en cette période très agitée et dangereuse, notre budget militaire pour l’année 2027 devrait être de 1 500 milliards de dollars [1 284 milliards d’euros], et non pas de 1 000 milliards de dollars », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.

« Cela nous permettra de construire l’armée de rêve à laquelle nous aspirons depuis longtemps et, surtout, qui nous gardera en SECURITE, quel que soit l’ennemi », a-t-il poursuivi.

Donald Trump a affirmé que ce bond significatif était rendu possible par les recettes générées par les droits de douane qu’il a massivement imposés aux partenaires commerciaux des Etats-Unis depuis son retour au pouvoir il y a un an.

Washington a déjà, de loin, les dépenses militaires les plus élevées de tous les pays du monde. Pour l’année 2026, le Congrès américain a prévu une enveloppe de l’ordre de 900 milliards de dollars.

Les forces armées vénézuéliennes ont diffusé, mercredi, de nombreuses vidéos des funérailles des militaires tués lors de l’opération américaine qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro.

Des dizaines de proches en larmes, des cercueils recouverts du drapeau vénézuélien, des discours louant « le courage, la bravoure, l’honneur et la loyauté » des militaires décédés… Des bouquets et des couronnes de fleurs, ainsi que des photos des défunts ornaient les cercueils que des militaires en formation escortaient.

« Ceux qui meurent pour la vie ne peuvent être appelés “morts” », disait un texte accompagnant l’une des vidéos, reprenant les paroles d’un célèbre chanteur vénézuélien, Ali Primera.

Au moins un civil et 55 soldats vénézuéliens et cubains ont trouvé la mort lors de l’attaque du 3 janvier. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété, mardi, sept jours de deuil. « Ces images de corps m’ont transpercé l’âme, mais je sais qu’ils sont des martyrs pour la valeur de cette république », avait-elle dit.

Le ministre de la défense vénézuélien, Vladimir Padrino Lopez, avait déclaré, dimanche, que les gardes du corps de Nicolas Maduro avaient été assassinés « de sang-froid » par les troupes américaines, qui ont bombardé la capitale et trois autres Etats du pays pour faciliter l’opération de capture.

Des milliers de sympathisants du président vénézuélien, Nicolas Maduro, ont réclamé mercredi à Caracas son retour, lors d’une cinquième marche en cinq jours depuis sa capture par les Etats-Unis. Avec des slogans comme « Nico, tiens bon, le peuple se soulève » et « Trump, je le répète, rends-nous Nico », la marche a parcouru près de 3 kilomètres dans le centre de la capitale vénézuélienne.

« Notre président est innocent, notre président est un homme travailleur, c’est un ouvrier », a assuré à l’Agence France-Presse Nancy Ramos, dirigeante communautaire de 58 ans, vêtue d’un uniforme militaire et d’un béret rouge, la couleur du chavisme – la doctrine du feu président Hugo Chavez (1999-2013) à qui Nicolas Maduro a succédé. « Nous ne sommes pas d’accord qu’on l’ait emmené de cette façon et qu’on le juge dans un autre pays du monde, parce que son pays, c’est le Venezuela », a-t-elle ajouté.

Au moins un civil et 56 militaires, cubains et vénézuéliens, ont trouvé la mort lors de l’attaque américaine. Les manifestants leur ont rendu hommage et ont exprimé leur crainte d’autres attaques : « L’impérialisme s’est manifesté par des bombes, l’impérialisme a tué des militaires et des civils », estime Tania Rodriguez, retraitée de 57 ans. Elle dit défiler « avec douleur, même avec peur, mais avec honneur et courage ».

A Maracaibo, la deuxième ville du Venezuela et capitale pétrolière du pays, des militants chavistes réclament aussi le retour du couple présidentiel : ils les ont inscrits massivement, avec une application du gouvernement vénézuélien, dans un programme offrant des vols retour aux personnes désireuses de quitter les Etats-Unis. Au début de décembre, Caracas avait annoncé que Nicolas Maduro avait à nouveau autorisé les vols de rapatriement de migrants clandestins vénézuéliens depuis les Etats-Unis, à la demande de Washington.

Donald Trump a assuré, sur son réseau Truth Social, que le Venezuela n’achèterait que des produits américains avec les recettes tirées du pétrole vénézuélien commercialisé par les Etats-Unis dans le cadre d’un accord entre Washington et Caracas.

« Je viens d’être informé que le Venezuela n’achètera que des produits fabriqués aux Etats-Unis avec l’argent de notre nouvel accord pétrolier. Ces achats concerneront, entre autres, des produits agricoles américains et des médicaments américains, des équipements médicaux et du matériel pour améliorer le réseau électrique et les infrastructures énergétiques », a écrit le président américain.

Dès mardi soir, il avait assuré que les responsables vénézuéliens par intérim allaient remettre aux Etats-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole », en ajoutant : « Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi. »

« S’il y a une crise humanitaire de grande envergure, l’impact, la dévastation seront impossibles à contenir. (…) Nous parlons d’une catastrophe que l’Amérique latine n’a jamais connue », a estimé le vice-ministre des affaires étrangères colombien, Mauricio Jaramillo, dans un entretien avec l’Agence France-Presse, réagissant aux bombardements des Etats-Unis sur le Venezuela et à la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro.

La Colombie et les Etats-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd’hui au plus bas.

« Nous essayons de nous préparer, mais nous ne serons jamais tout à fait prêts en cas de dégradation due à la guerre », assure Mauricio Jaramillo, dont le pays partage plus de 2 200 kilomètres de frontière avec le Venezuela.

Alors que les gouvernements de droite en Argentine, en Equateur et au Chili défendent le renversement de Nicolas Maduro, ceux de gauche au Brésil, au Mexique, en Colombie et en Uruguay ont fait bloc pour le condamner. « Cette division, évidemment, va à l’encontre d’une solution régionale (…). En l’absence de bases [communes] et d’un minimum de consensus, il est évidemment très difficile de répondre de manière régionale », avertit le vice-ministre colombien.

La Colombie et son président de gauche, Gustavo Petro, ont critiqué avec persistance tant le déploiement naval américain autour de l’Amérique latine que les bombardements de bateaux présentés par Washington comme transportant de la drogue. Et dénoncé avec virulence l’opération menée par des troupes américaines le 3 janvier sur le sol vénézuélien pour emmener de force M. Maduro et la première dame, Cilia Flores.

Gustavo Petro, ancien guérillero, a déclaré, lundi, qu’il allait « reprendre les armes », en réponse aux menaces de son homologue américain, Donald Trump. Il a ajouté que même si une attaque militaire américaine contre la Colombie semblait « improbable », le pays aurait une réponse « légitime » si nécessaire.

Les cours du pétrole ont continué à reculer, mercredi, face aux nouvelles annonces de Washington concernant l’avenir de l’exploitation des gigantesques réserves d’hydrocarbures du Venezuela. Mardi soir, le président américain, Donald Trump, a assuré que Caracas allait remettre aux Etats-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole » actuellement stockés sur des navires. « Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi », a-t-il ajouté, sur sa plateforme Truth Social.

Le gouvernement américain a aussi annoncé, mercredi, que Washington contrôlerait « pour une période indéterminée » la commercialisation du pétrole vénézuélien et viserait à augmenter la production locale, aujourd’hui de seulement un million de barils par jour.

C’est cette perspective d’ajouts de barils sur un marché dont l’offre est déjà jugée en excédent par rapport à la demande qui pèse sur les prix. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a perdu 1,22 %, à 59,96 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, a cédé 2 % à 55,99 dollars.

Une réunion entre les dirigeants des grandes compagnies pétrolières et Donald Trump est prévue vendredi.

Alors que le ministère de la défense britannique avait annoncé, plus tôt mercredi, avoir apporté un soutien « opérationnel » aux Etats-Unis lors de la saisie, dans l’Atlantique Nord, d’un pétrolier lié à la Russie, le ministre de la défense, John Healey, a donné plus de détails dans une intervention dans la soirée devant le Parlement.

« Aucun militaire britannique ne s’est rendu à bord » du pétrolier, a-t-il souligné, précisant que le Bella-1, son nom d’origine, était considéré comme étant « sans pavillon » puisqu’il avait « un faux pavillon » russe, et pouvait donc « être légalement intercepté et soumis au droit de l’Etat » l’ayant placé sous sanction.

Concrètement, les Britanniques ont fourni aux Américains l’accès à au moins une base aérienne, la Royal Air Force a procuré une surveillance aérienne, et un navire ravitailleur « a apporté son soutien aux forces américaines lorsque celles-ci poursuivaient et interceptaient » le pétrolier, avait expliqué le ministère.

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