Dans un entretien à Fox News, Mme Machado, prix Nobel de la paix 2025, estime que Delcy Rodriguez, investie à la tête du pays, lundi, est « l’une des principales architectes de la torture » imputée au gouvernement vénézuélien. Donald Trump a, lui, a écarté toute élection dans les trente prochains jours.
« Je prévois de retourner au Venezuela le plus vite possible », a déclaré Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne et Prix Nobel de la paix 2025, dans un entretien avec la chaîne américaine Fox News, deux jours après la capture du président, Nicolas Maduro.
Mme Machado a aussi vivement critiqué Delcy Rodriguez, investie lundi présidente par intérim du Venezuela, estimant qu’elle était « l’une des principales architectes de la torture » imputée au gouvernement vénézuélien. Mme Rodriguez a indiqué sa volonté de coopérer avec Washington, mais Mme Machado estime qu’elle est « rejetée » par les Vénézuéliens.
« Lors d’élections libres et équitables, nous gagnerons avec plus de 90 % des voix, je n’ai aucun doute là-dessus », a clamé l’opposante. « Nous allons faire du Venezuela le centre énergétique des Amériques, nous allons apporter l’Etat de droit, nous allons ouvrir les marchés, nous allons avoir besoin de sécurité pour les investissements étrangers », a-t-elle ajouté, sans dire le lieu où elle se trouvait actuellement.
Donald Trump a, lui, dès samedi disqualifié Maria Corina Machado pour prendre la tête du pays à la place de Nicolas Maduro, estimant qu’elle « ne [bénéficiait] ni du soutien ni du respect au sein de son pays ».
Mme Machado avait été déclarée inéligible par le pouvoir de Nicolas Maduro pour l’élection présidentielle de juillet 2024. Elle avait été remplacée au pied levé par Edmundo Gonzalez Urrutia comment candidat.
Nicolas Maduro avait été proclamé vainqueur par le Conseil national électoral (CNE) qui n’a jamais communiqué les résultats détaillés du scrutin, arguant d’une attaque informatique.
Lors d’une interview à la chaîne américaine NBC, le président américain a écarté toute élection au Venezuela dans les trente prochains jours, estimant que les Etats-Unis devaient « d’abord remettre le pays sur pied ».
Le président républicain de la Chambre américaine des représentants, Mike Johnson, s’est dit, lui, favorable rapidement à la tenue d’élections au Venezuela. « Je m’attends à ce qu’il y ait des élections convoquées au Venezuela. Bien sûr certaines choses sont encore en train d’être déterminées mais ça devrait se produire dans un court délai. Je pense que ce sera nécessaire pour que leur économie et leur pays se stabilisent », a-t-il déclaré lundi soir.
Le ténor républicain s’exprimait à la sortie d’une longue réunion à huis clos entre un groupe restreint de parlementaires et le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, le ministre de la défense, Pete Hegseth, ou encore le chef d’état-major de l’armée, le général Dan Caine.
« Nous ne nous attendons pas à des troupes sur le terrain, » a aussi avancé Mike Johnson. « Nous ne prévoyons pas d’implication directe au-delà de simplement exercer une coercition sur le nouveau gouvernement intérimaire », a-t-il ajouté.
Il a également défendu la légalité de l’opération menée sans notification du Congrès, critiquée par l’opposition démocrate. « Nous ne sommes pas en guerre. Nous n’avons pas de forces armées au Venezuela et nous n’occupons pas le pays », a affirmé l’élu.
Le patron des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a lui qualifié le plan de Donald Trump pour « diriger » le Venezuela de « vague, reposant sur des vœux pieux et insatisfaisant. »
« Quand les Etats-Unis s’engagent dans ce genre de changement de régime et de soi-disant reconstruction nationale, ça finit toujours par leur causer du tort. J’ai quitté la réunion avec le sentiment que ça serait de nouveau le cas », a conclu le sénateur.
Les militaires tués lors de l’assaut américain à Caracas, tous membres des Forces armées révolutionnaires ou du ministère de l’intérieur cubain, réalisaient des missions au Venezuela « à la demande d’organes homologues » de ce pays, proche allié de l’île communiste, a précisé le gouvernement cubain, dimanche, lors de l’annonce des 32 morts.
Ces soldats « ont accompli dignement et héroïquement leur devoir et sont tombés, après une ferme résistance, dans un combat direct contre les assaillants ou à la suite des bombardements », a ajouté La Havane qui a décrété deux jours de deuil national. « Honneur et gloire aux braves combattants cubains qui sont tombés en affrontant des terroristes vêtus d’un uniforme impérial », a déclaré, de son côté, le président Miguel Diaz-Canel.
Cuba et le Venezuela entretiennent d’étroites relations depuis la fin des années 1990 et l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez (1999-2013). En 2002, une tentative de coup d’Etat contre le dirigeant vénézuélien a précipité l’incursion des Cubains dans les affaires militaires du pays afin de consolider son pouvoir. Le Venezuela est le principal fournisseur de pétrole de Cuba, en échange notamment de l’envoi de personnel médical.
Des tirs ont été entendus autour du palais présidentiel de Miraflores de Caracas lundi vers 20 heures locales (1 heure, mardi à Paris), selon plusieurs témoins contactés par l’Agence France-Presse, mais ceux-ci ont cessé et la situation était sous contrôle selon une source proche du pouvoir.
D’après cette source, des drones non identifiés ont volé près du palais, déclenchant des tirs des équipes de sécurité. La police a répliqué en tirant « de façon dissuasive », selon une source officielle, précisant qu’il n’y avait eu « aucun affrontement ».
L’incident a mobilisé de nombreuses forces de l’ordre autour du palais, selon des vidéos.
Delcy Rodriguez a été investie, lundi, en tant que présidente par intérim du Venezuela, après avoir prêté serment devant l’Assemblée nationale.
« Je me présente avec douleur en raison de l’enlèvement de deux héros qui sont otages aux Etats-Unis (…) J’ai aussi l’honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens », a-t-elle déclaré.
La Cour suprême lui avait ordonné, samedi, d’assumer les fonctions de chef de l’Etat pendant quatre-vingt-dix jours renouvelables, et l’armée lui avait apporté son soutien le lendemain.
Mme Rodriguez a prêté serment en présence de son frère, Jorge Rodriguez, réélu président de l’Assemblée, et du fils du chef de l’Etat déchu, Nicolas Maduro Guerra, surnommé « Nicolasito » (« petit Nicolas »), député lui aussi réélu, qui portait la Constitution. « A toi, Delcy Eloina, tout mon soutien inconditionnel pour la tâche si difficile qui t’incombe. Compte sur moi, compte sur ma famille ! », a déclaré ce dernier avant la prestation de serment, affirmant : « La patrie est entre de bonnes mains, papa ! »
Très applaudi, il a ajouté : « Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect. Notre aspiration à la paix n’est ni faiblesse ni reddition, c’est une décision souveraine. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l’égalité, le respect mutuel et la coopération, sans menace et sans ingérence. »
Organisée à l’appel du pouvoir, la manifestation se déroule en parallèle à l’investiture de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, et alors que M. Maduro, emmené de force samedi par les Américains, a plaidé non coupable devant la justice des Etats-Unis.
Les manifestants ont scandé « Maduro, tiens bon, le Venezuela se soulève ! ». Certains brandissaient des jouets à l’effigie de Nicolas Maduro et de Cilia Flores, la première dame, également emmenée de force aux Etats-Unis lors de l’opération, samedi. « [Donald] Trump-Marco Rubio, maudits assassins et kidnappeurs. Où se trouve réellement la vraie justice aux Etats-Unis ? », pouvait-on lire sur une pancarte.
Sur la scène, l’un des organisateurs a répété ce que Nicolas Maduro a déclaré au tribunal, à New York : « Je ne suis pas coupable, je suis un homme honnête, je reste le président du Venezuela. »
Nicolas Maduro Guerra, fils du président déchu, s’est joint aux manifestants après l’investiture de Mme Rodriguez. Il a dit avoir eu une « communication indirecte » avec son père, sans pourvoir « rien dire de plus ».
« Là-bas, nous avons une bonne équipe qui nous soutient et nous aide à défendre la dignité », a-t-il ajouté, sous les applaudissements.
Le président vénézuélien déchu a comparu ce lundi soir pour la première fois devant un tribunal américain pour répondre aux accusations de « narcoterrorisme » lancées par l’administration Trump pour justifier sa capture et son transfert à New York.
Un sondage Reuters à l’échelle nationale publié lundi, mené auprès de 1 248 adultes américains, montre une opinion publique très partagée sur l’action militaire des Etats-Unis visant à renverser Nicolas Maduro.
Selon l’enquête, 33 % des personnes interrogées approuvent l’intervention militaire américaine, tandis que 34 % s’y opposent. Les 33 % restants ont indiqué ne pas savoir ou ont choisi de ne pas répondre.
Le sondage, réalisé dimanche et lundi, révèle de fortes divisions partisanes : 65 % des républicains interrogés se disent favorables à l’action militaire, contre seulement 11 % des démocrates et 23 % des indépendants. Interrogés sur leur crainte d’un engagement excessif des Etats-Unis au Venezuela, 72 % des adultes sondés ont répondu par l’affirmative, dont 54 % des républicains et 90 % des démocrates.
Un sondage mené par le Washington Post, publié lundi, montre lui aussi une opinion publique américaine profondément divisée. Réalisée par SMS les 3 et 4 janvier auprès de 1 004 adultes, l’enquête rapporte que près de 40 % des personnes interrogées approuvent l’envoi de forces pour capturer Maduro, tandis qu’à peu près autant s’y opposent (42 %) et que 18 % se disent indécis.
Les réactions sont nettement polarisées selon l’appartenance politique : 74 % des républicains approuvent l’action militaire, 76 % des démocrates la désapprouvent. Parmi les indépendants, 34 % l’approuvent, 42 % la désapprouvent, 24 % n’ont pas d’opinion.
Une majorité d’Américains (63 %) estime en outre que l’opération aurait dû recevoir l’approbation du Congrès, signe d’un scepticisme plus large vis-à-vis de l’exécutif sur les questions de guerre.
La moitié de l’opinion publique (50 %) estime que les États-Unis devraient juger Nicolas Maduro pour trafic de drogue, 14 % s’y opposent, tandis que 36 % se disent indécis.
Les sondés se montrent également réticents à l’idée que les Etats-Unis prennent le contrôle du gouvernement vénézuélien – 45 % d’Américains s’y opposent, 30 % d’entre eux se déclarant indécis – ou déterminent son avenir : 94 % préfèrent que les Vénézuéliens décident de leur propre avenir politique.
Après l’opération militaire américaine samedi au Venezuela, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a répondu à Donald Trump qui a justifié la capture de Nicolas Maduro par une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, considérant que l’Amérique latine est la chasse gardée des Etats-Unis.
« Le Mexique soutient fermement que l’Amérique n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance », a lancé la dirigeante mexicaine, lors de sa conférence de presse quotidienne. « Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment », a ajouté Claudia Sheinbaum.
Donald Trump a déclaré devant la presse que « la doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin ». « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », avait également lancé le président américain, qui a ensuite menacé d’autres gouvernements de gauche en Amérique latine, dont Cuba, la Colombie et le Mexique.
L’arrestation de Nicolas Maduro et son inculpation pour trafic de drogue devant un tribunal fédéral de New York ont déclenché un « processus juridique complexe », a déclaré son avocat, Barry Pollack, cité par le Washington Post. « Il existe des questions concernant la légalité de son enlèvement militaire », a dit Barry Pollack au juge fédéral Alvin Hellerstein lors d’échanges sur le calendrier de la procédure préliminaire. « Je m’attends à un processus juridique long et complexe. »
L’avocat a précisé que la procédure porterait également sur les « privilèges et immunités » dont Nicolas Maduro aurait dû bénéficier en tant que chef d’État.
De son côté, le procureur fédéral adjoint Kyle Wirshba a déclaré que son bureau commencerait à transmettre à la défense les éléments du dossier – dans le cadre de la procédure dite de discovery – « presque immédiatement », une fois que les parties se seront accordées sur une ordonnance permettant de sceller ces documents afin d’en limiter l’accès à des tiers.
Le département d’Etat a publié, lundi, sur X et Facebook un message qui résume la nouvelle orientation de la politique étrangère américaine sur le continent américain, illustration d’une politique assumée de domination régionale, en contradiction avec les principes de la Charte des Nations unies invoqués lors des débats au Conseil : « Ceci est NOTRE [en lettre capitale] hémisphère », écrit le département d’Etat, avec une photo de Donald Trump.
Cette déclaration intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour examiner la situation au Venezuela, plusieurs Etats dénonçant une violation de la souveraineté et du droit international par Washington. A l’inverse, les Etats-Unis ont défendu une action relevant, selon eux, du maintien de l’ordre et de leurs intérêts stratégiques dans la région.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, prêtera serment lundi devant l’Assemblée nationale, a annoncé le président du Parlement, son frère. « Aujourd’hui, tenant compte du mandat exercé par la Chambre constitutionnelle du Tribunal suprême de justice et conformément aux principes constitutionnels, la présidente par intérim de la République, l’avocate Delcy Eloina Rodriguez Gomez, prêtera serment », a déclaré Jorge Rodriguez.
Depuis plus d’une décennie, le pouvoir au Venezuela est détenu par une poignée de responsables. Un équilibre entre civils et militaires règne au sein d’un cercle restreint, où chaque membre a ses propres intérêts et ses appuis.
Delcy Rodriguez et son frère représentent actuellement le côté « civil » de ce cercle tandis que Diosdado Cabello et Vladimir Padrino Lopez en sont le pendant « militaire ». Cette structure du pouvoir rend le démantèlement de l’actuel gouvernement vénézuélien plus difficile qu’en retirer seulement Nicolas Maduro.
Diosdado Cabello, qui exerce une influence sur les agences de renseignement militaire et civile du Venezuela, pose notamment question. Selon les Nations unies, le Service national de renseignement bolivarien (SEBIN) et la direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM) ont commis des crimes contre l’humanité dans le cadre d’opérations visant à réprimer la dissidence. Ces dernières semaines, Diosdado Cabello avait appelé la DGCIM à « aller arrêter les terroristes » alors que les Etats-Unis augmentaient leur présence militaire dans la région.
Diosdado Cabello, ancien officier de l’armée et personnalité du Parti socialiste, exerce une influence sur une grande partie des forces armées, même si Vladimir Padrino Lopez occupe les fonctions de ministre de la défense depuis plus de dix ans.
Le Venezuela compte quelque 2 000 généraux et amiraux, et les officiers supérieurs ou ceux qui sont à la retraite contrôlent la distribution de denrées alimentaires, de matières brutes et la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA. En outre, des dizaines de généraux siègent aux conseils d’administration d’entreprises privées.
Le groupe parlementaire de La France insoumise a demandé lundi, par l’intermédiaire de sa présidente Mathilde Panot, au premier ministre, Sébastien Lecornu, d’organiser un débat à l’Assemblée sur la situation au Venezuela et la position de la France, après « l’enlèvement » de Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
Mathilde Panot demande au premier ministre d’activer l’article 50-1 de la Constitution, le débat prendrait ainsi la forme d’une déclaration du gouvernement, avant des interventions de chacun des groupes parlementaires. Il n’a aucune valeur législative mais peut donner lieu à un vote qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement.
« Je vous demande de venir présenter la position du gouvernement sur les actions illégales des Etats-Unis d’Amérique, ainsi que les manquements manifestes du président de la République à la défense de la position internationale de la France », écrit Mme Panot dans son courrier adressé à Sébastien Lecornu et publié sur son compte X. « Il est légitime et nécessaire qu’un débat parlementaire ait lieu sur ces choix stratégiques et sur l’orientation de la politique étrangère de la France, qui ne saurait relever du seul pouvoir exécutif », ajoute-t-elle.
La France insoumise, dont le leader, Jean-Luc Mélenchon, a appelé au retour au Venezuela de Nicolas Maduro, a très sévèrement critiqué la réaction d’Emmanuel Macron à la capture du président vénézuélien samedi.
Emmanuel Macron a cependant affirmé lundi en conseil des ministres que la « méthode utilisée » par les Etats-Unis pour capturer le président vénézuélien n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France, a rapporté devant la presse la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, proche du président vénézuélien Nicolas Maduro, a mis en garde, lundi, Donald Trump.
« Toute atteinte à la souveraineté du peuple et toute violation du droit international engendreront de graves complications au sein de l’ordre international, et non l’état de droit » a déclaré M. Erdogan à son homologue américain lors d’un entretien téléphonique, soulignant que « le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l’instabilité ».
« La Turquie ne souhaite ni le chaos, ni la confusion, ni les tensions dans sa région, ni ailleurs. La préservation d’un système international fondé sur des règles est donc essentielle » a-t-il insisté devant la presse à l’issue de la réunion de son gouvernement. « Lorsque la force prime sur le droit, l’instabilité, les crises et les conflits s’ensuivent » a mis en garde le président turc qui a réaffirmé son amitié envers M. Maduro.
« Nous nous efforçons d’agir au mieux des intérêts de la Turquie et du peuple vénézuélien ami. M. Maduro et le peuple vénézuélien ont maintes fois démontré leur amitié envers notre nation (…), nous avons toujours privilégié et valorisé la solidarité mutuelle dans les moments difficiles. Aujourd’hui, nous agissons dans le même esprit » a poursuivi M. Erdogan.
Le fils du président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro Guerra, surnommé « Nicolasito » (« petit Nicolas »), député réélu, a apporté lundi, lors de l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, son « soutien inconditionnel » à la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, tout en assurant que son père et sa belle-mère, la première dame Cilia Flores, « reviendront ».
Sur décision de la Cour suprême, la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, qui a reçu le soutien de l’armée, assure la présidence par intérim du pays. Jorge Rodriguez, frère de Mme Rodriguez et négociateur en chef avec les Etats-Unis, a été réélu sans surprise président de l’Assemblée nationale, au sein de laquelle le pouvoir dispose de 256 des 286 sièges, seuls quelques opposants ayant participé aux législatives de mai 2025.
L’installation de la nouvelle assemblée, lundi, était prévue de longue date. En se levant devant les députés, Jorge Rodriguez a fait le signe « V » avec les deux doigts, allusion au signe fait par M. Maduro devant les caméras américaines et fortement relayé par la télévision d’Etat.
Il a promis d’utiliser « toutes les procédures » possibles pour obtenir le retour au Venezuela de Nicolas Maduro. « Ma fonction principale dans les jours à venir (…) en tant que président de cette Assemblée nationale sera de recourir à toutes les procédures, à toutes les tribunes et à tous les espaces pour réussir à ramener Nicolas Maduro Moros, mon frère, mon président », a déclaré M. Rodriguez, lors de son discours à l’occasion de la première session de l’Assemblée nationale issue des législatives de mai 2025, boycottées par une grande partie de l’opposition.
Stalin Gonzalez, un des rares députés de l’opposition, a réclamé une « amnistie » et la « libération de tous les prisonniers politiques ». « Nous ne serons pas complices et nous n’acceptons pas une institutionnalité de façade (…) nous exigeons l’arrêt immédiat de la persécution, de la criminalisation de la dissidence, et la libération de tous les prisonniers politiques. Sur ce chemin de la reconstruction, nous considérons que ce moment est propice pour promouvoir une amnistie », a-t-il lancé.
A l’issue de l’audience, alors qu’il quittait la salle, le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, a déclaré en espagnol : « Je suis un prisonnier de guerre. »
Lors de cette première comparution devant un tribunal fédéral de Manhattan, son épouse Cilia Flores est apparue blessée, portant un pansement sur le front et présentant des ecchymoses près de l’œil droit.
Selon des journalistes présents à l’audience, Cilia Flores s’est appuyée sur un marshal pour se lever et plaider, semblant avoir besoin d’aide pour se tenir debout.
Selon les médias présents, les avocats de Nicolas Maduro et Cilia Flores ont déclaré qu’ils ne demandaient « pas de remise en liberté sous caution à ce stade », tout en précisant qu’une telle demande pourrait être formulée ultérieurement.
Barry Pollack, l’avocat de Nicolas Maduro, a ensuite indiqué qu’il pourrait déposer des requêtes concernant le statut de chef d’un Etat souverain de M. Maduro, ajoutant que « des questions se posent quant à la légalité de son enlèvement militaire ».
Peu après, Barry Pollack a affirmé que son client souffrait de problèmes de santé nécessitant une prise en charge médicale. L’avocat de Cilia Flores a, pour sa part, déclaré que celle-ci présentait des blessures plus graves devant également faire l’objet de soins, sans fournir de détails.
En conclusion de l’audience, le juge Alvin Hellerstein a annoncé que la prochaine comparution aurait lieu le 17 mars. Les deux prévenus ont ensuite été reconduits hors de la salle d’audience.
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