Le dernier bilan fait état de 40 morts et 119 blessées, selon la police cantonale valaisanne, selon qui « ces chiffres peuvent évoluer ». Beaucoup de blessés, parmi lesquels figurent 14 ressortissants français, ont été hospitalisés en France, Italie et Allemagne.
Invité de Radio Télévision Suisse (RTS), le président de Crans-Montana Tourisme & Congrès, Jean-Daniel Clivaz, était en colère contre ce qui est « peut-être de la bêtise humaine ». « On a des règles, on a des lois. Je ne suis pas seulement triste, je suis en colère pour notre métier, et je suis aussi en colère pour notre région touristique, parce que les règles et les lois sont extrêmement claires. »
Il a appelé les restaurateurs à prendre leurs « responsabilités » pour « prendre des mesures », faisant référence aux manquements du bar « Constellation » : « Ce qui semble se dessiner, c’est qu’il y avait des choses qui ont été faites et qui n’étaient tout simplement pas conformes à la loi. »
L’enquête et l’identification des victimes de l’incendie progresse. Le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler, a annoncé que la « majorité des victimes a été retrouvée dans le bar », ajoutant que 113 des 119 blessés avaient pu être « formellement » identifiés. « Pour six autres, les démarches d’identification formelle et définitive sont toujours en cours ».
Selon lui, parmi les personnes identifiées figurent 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais. Pour 14 autres blessés – dont les six pas encore identifiés –, la nationalité n’a pas encore été établie.
Le propriétaire du Football Club Sion, Christian Constantin, a critiqué la présence d’engins pyrotechniques dans le bar Le Constellation, auprès du quotidien suisse, Blick. « On est perpétuellement face à ce problème dans les stades de foot, des jeunes supporteurs les amènent durant les matchs, et on doit se battre pour éviter les dangers très réels liés à ces fumigènes, torches, pétards. Les interdire est un geste simple. »
Christian Constantin est aussi à la recherche « d’une personne qui travaille chez [lui] », portée disparue.
« L’élément principal de ce déclenchement est ce faux plafond acoustique », estime David Zenouda, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Ile-de-France, sur BFM-TV. « Quand on veut insonoriser un établissement, on n’utilise pas ces matériaux », a-t-il dit, en voyant les images de l’incendie à Crans-Montana.
Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani, en déplacement vendredi à Crans-Montana, a indiqué à des journalistes que trois blessés étaient actuellement soignés dans un hôpital de Milan.
« Notre priorité absolue est de sauver des vies », a-t-il dit après avoir rencontré les autorités judiciaires, ajoutant que l’objectif est aussi « de déterminer les responsables ». Car « l’utilisation de feux d’artifice, même de petite taille, dans un lieu comme celui-ci me semble irresponsable », a-t-il ajouté.
« D’ici ce soir, la France aura par ailleurs accueilli 11 personnes dans ses hôpitaux à Lyon, Metz, Nantes et en région parisienne, dont trois ressortissants suisses », a déclaré le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur X.
« Les besoins seront réévalués quotidiennement et nous continuerons de porter assistance à nos voisins autant que nécessaire », a ajouté le ministre.
« La suite de l’enquête portera sur les travaux dans le bar, les autorisations d’exploiter le lieu, les mesures de sécurité, le nombre de personnes présentes, les voies d’évacuations », ont déclaré les autorités suisses lors de la conférence de presse.
« Pour l’instant, aucune responsabilité pénale n’a été établie », a par ailleurs affirmé la procureure, répondant à la question d’un journaliste.
Fredy-Michel Roten, directeur de l’Organisation cantonale valaisanne des secours, est revenu sur le dispositif mis en place hier après la survenue du drame. « Les patients ont été pré-triés selon la gravité de leur état », détaille-t-il. Ils ont été ensuite évacués vers les hôpitaux. Il précise que des « patients ont été intubés et placés dans un coma artificiel ».
Quarante ambulances ont été mobilisées, ainsi que 13 hélicoptères, deux camions lourds de médecine de catastrophe. Cent cinquante intervenants sanitaires (ambulanciers, médecins, psychologues d’urgence) ont travaillé depuis jeudi.
Stéphane Ganzer, chef de la sécurité du canton, souligne qu’il y a « trois priorités » aujourd’hui : « l’accompagnement des familles, l’identification des victimes, l’établissement des faits ».
« Aujourd’hui, les transferts hospitaliers sont une priorité », dit-il, en expliquant que des avions partent régulièrement en direction des pays européens qui ont proposé leur aide.
Concernant la prise en charge des soignants et des forces d’intervention, notamment les primo-intervenants ainsi que les habitants du quartier mis à contribution, il fait part de sa « gratitude ».
La procureure générale du canton a donné des informations sur les suites de l’enquête. Elle a notamment annoncé que les deux gérants du bar ont été auditionnés.
Béatrice Pilloud assure que « toutes les pistes sont explorées, aucune n’est laissée à l’abandon ». Toutefois, « tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes et des feux de Bengale posés sur les bouteilles (…) De là, tout s’est embrasé », déclare la magistrate.
La suite de l’enquête va notamment évaluer le respect des normes incendies dans le bar, et déterminer si les portes de sortie étaient suffisantes.
« Plus de 30 personnes s’affairent pour permettre aux familles d’être au clair pour savoir si leur enfant est décédé ou victime », a fait savoir la procureure générale.
La police cantonale valaisanne dit que parmi les 119 blessés, 113 ont pu être formellement identifiés et que, pour six autres, les démarches sont toujours en cours.
Selon un responsable de la police, parmi les blessés formellement identifiés, il y a notamment 71 Suisses, 14 ressortissants français, 11 Italiens, 4 Serbes, un Bosniaque, un Polonais et un Portugais, un Belge et un Luxembourgeois. « Et tous ces chiffres peuvent évoluer », assure Frédéric Gisler, commandant de la police cantonale valaisanne.
Les identifications des 40 personnes mortes se poursuivent.
« Nos équipes font le maximum pour sauver des vies, pour soutenir les familles et pour identifier de la façon la plus rapide possible les victimes », affirme Mathias Reynard, président du canton de Valais. « Ce que nous retenons c’est la coopération dans la prise en charge des blessés », poursuit-il, en remerciant le soutien des autres cantons, mais aussi celui des pays limitrophes.
Il ajoute que des transferts vers la France ont commencé et que des médecins spécialisés ont été mis à disposition par la France – de même qu’en Italie. « La solidarité fonctionne face à ce drame », assure-t-il. « Une cinquantaine de blessés ont été transférés ou vont l’être dans des centres spécialisés pour les grands brûlés » dans les pays qui ont proposé leur aide. Une cérémonie sera organisée à Crans-Montana, vendredi 9 janvier, conclut-il.
Il s’agit de la troisième conférence de presse après l’incendie meurtrier à Crans-Montana, en Suisse.
Une équipe de médecins militaires français a été dépêchée en Suisse pour une « mission d’évaluation des blessés brûlés en vue de leur évacuation » a affirmé vendredi le ministère des armées français à l’Agence France-Presse (AFP).
Cette équipe, composée d’un chirurgien plasticien, d’un anesthésiste, d’une infirmière spécialisée ainsi que d’un médecin des pompiers, doit arriver sur place vendredi en début d’après-midi, selon cette source.
« Elle restera plusieurs jours pour soutenir le travail des autorités sanitaires suisses » et participera à l’évaluation des personnes brûlées « en vue de leur évacuation dans les structures compétentes selon l’état des lésions ».
En France, les services des grands brûlés du service de santé des armées ont été mis en alerte, notamment dans les hôpitaux militaires de Percy à Clamart, près de Paris, et de Sainte-Anne à Toulon « en coopération étroite avec le ministère de la santé pour la répartition appropriée sur le court et moyen terme des patients brûlés de Suisse », a ajouté le ministère.
Trois personnes blessées dans l’incendie de Crans-Montana – deux Français et un Suisse – étaient hospitalisées vendredi matin à Lyon et à Paris. Les autorités suisses ont demandé à la France d’accueillir huit patients supplémentaires, selon le porte-parole de la diplomatie française, Pascal Confavreux.
Alors que l’identification des victimes et des blessés se poursuit, les proches des victimes se rassemblent aux abords du bar, Le Constellation, à Crans-Montana. Aurélie, une jeune femme de 20 ans, s’est rendue vendredi à l’endroit où ses amis ont été touchés. « J’ai perdu un de mes amis qui était comme mon frère. Il est malheureusement décédé dans l’incendie. Pour mon autre ami, on n’a toujours pas de nouvelles où il peut être », dit-elle au micro de LCI.
« Le plus compliqué, c’est de ne pas savoir s’il est à l’hôpital, s’il est décédé ou pas, être dans l’incompréhension », ajoute-t-elle. La jeune femme n’était pas au Constellation le soir du drame.
« On a essayé de joindre nos copains. On a fait plein de photos. On [les] a mis[es] sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver », a expliqué Eléonore, 17 ans, auprès de l’Agence France-Presse. « Mais il n’y a rien. Pas de réponse. On a appelé les parents. Rien. Même les parents, ils ne savent pas », ajoute-t-elle.
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