Quelques minutes avant la conférence de presse, le président américain a publié sur son réseau social une photo du président vénézuelien, menotté avec un bandeau sur les yeux.
« Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse », poursuit Donald Trump.
« Nous voulons la paix, la liberté et la justice pour le grand peuple vénézuélien, y compris pour les nombreux Vénézuéliens qui vivent actuellement aux Etats-Unis et qui souhaitent retourner dans leur pays. C’est leur patrie. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu’un autre s’empare du Venezuela qui ne souhaiterait pas le bien du peuple vénézuélien », déclare également le président américain, qui souligne que les Etats-Unis sont « là en ce moment » et vont « y rester jusqu’à ce que la bonne transition puisse avoir lieu ».
« Tard, hier soir, et tôt, ce matin, à ma demande, les forces armées américaines ont conduit une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela », commence le président américain, qui décrit cet « assaut comme on en n’avait pas vu depuis la seconde guerre mondiale (…) pour confronter à la justice le dictateur hors-la-loi Nicolas Maduro ».
« Aucune nation dans le monde n’aurait pu faire ce que les Etats-Unis ont fait », poursuit Donald Trump. « En très peu de temps, toutes les capacités militaires vénézuéliennes ont été neutralisées », assure le président américain, qui rappelle que « les hommes et les femmes de nos forces armées, en collaboration avec les forces de l’ordre américaines, ont réussi à capturer Maduro en pleine nuit », ainsi que sa femme et que tous deux vont « désormais faire face à la justice américaine ».
Donald Trump se réjouit, par ailleurs, de n’avoir perdu aucun Américain lors de cette opération, ni aucun équipement militaire.
Le président américain, qui devait tenir une conférence de presse à partir de 17 heures, vient de publier, sur Truth Social, une photo de Nicolas Maduro, le montrant à bord d’un bateau, menotté avec un bandeau sur les yeux et ce qui semble être un casque antibruit sur les oreilles.
« Nicolas Maduro à bord de l’USS Iwo Jima », a écrit Donald Trump pour accompagner cette photo.
Nous ne sommes pas, pour l’heure, en mesure de confirmer l’authenticité de cette image.
Vous êtes nombreuses et nombreux à nous demander pourquoi le président américain n’a pas encore pris la parole. Nous sommes, comme vous, bloqués sur l’écran « Nous commencerons bientôt » du direct de la Maison Blanche et ne savons pas exactement quand Donald Trump va s’exprimer, alors que les minutes défilent.
Pour rappel, le début de sa conférence, très attendue, était prévu à 17 heures.
Les mots de l’intervention de Donald Trump sont scrutés de près aux Etats-Unis, où la question de la légalité de l’intervention va agiter le débat public dans les jours qui viennent. Pas tant au regard du droit international, auquel la Maison Blanche porte manifestement peu d’attention, mais davantage au regard de la Constitution américaine.
Dans les premières prises de parole, les officiels américains ont insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une intervention ciblée contre un individu (Nicolas Maduro) soupçonné de trafic de drogue, menée par des officiers judiciaires protégés par les forces spéciales de l’armée, et non d’une intervention militaire contre le dirigeant d’un autre pays, ce qui reviendrait à une déclaration de guerre. Marco Rubio, le secrétaire d’Etat, a même dénié à Nicolas Maduro sa qualité de chef d’Etat, dans un message sur X, estimant que son régime n’avait pas de légitimité.
Aux Etats-Unis, le pouvoir de déclarer une guerre revient au Congrès, qui n’a pas été consulté en la matière. Le président dispose tout de même du pouvoir d’ordonner des opérations militaires à l’étranger, si celles-ci sont rapides, urgentes et limitées. En cas d’envoi de troupes, il doit informer le Congrès dans les quanrante-huit heures, et il ne peut ordonner une opération au-delà de soixante jours sans l’accord des élus.
En l’état des informations dont nous disposons, les troupes américaines semblent avoir déjà quitté le territoire vénézuélien, et le président a fait savoir qu’après la capture de Nicolas Maduro, les opérations sont terminées. Aux Etats-Unis, les élus, y compris démocrates, sont restés jusqu’à présent très discrets, à l’exception du sénateur républicain de l’Utah, Mike Lee, qui a exprimé des réserves.
« L’heure de la liberté est arrivée », a déclaré la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, Prix Nobel de la paix 2025, après la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
« Vénézuéliens, l’heure de la liberté est arrivée », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, doit « assumer immédiatement » la présidence.
Le président américain doit s’exprimer au sujet de l’opération américaine au Venezuela et de la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse lors des prochaines minutes, à l’occasion d’une conférence prévue en Floride.
Nous suivrons ces déclarations en direct.
La présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, a estimé « légitime » l’opération militaire menée au Venezuela par les Etats-Unis, la qualifiant « d’intervention défensive », tout en soulignant que la force militaire ne doit pas être utilisée pour obtenir des changements de régime.
« Conformément à la position de longue date de l’Italie, le gouvernement pense qu’une action militaire extérieure n’est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires, mais considère dans le même temps légitime une intervention militaire défensive contre des attaques hybrides (…), ainsi que dans le cas d’entités alimentant et promouvant le trafic de drogue », déclare-t-elle dans un communiqué.
La Chine s’est dit « profondément choquée » par les frappes militaires américaines au Venezuela, et par la capture de Nicolas Maduro, et elle « condamne fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président ».
« Ce comportement hégémonique des Etats-Unis viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. La Chine s’y oppose fermement », a ajouté le ministère des affaires étrangères chinois, dans un communiqué.
Vous mentionnez la première des trois images ci-dessous, qui a été affichée en tête de notre site avant la réaction du Quai d’Orsay. Plusieurs photographies nous sont parvenues ces dernières heures d’un photographe d’Associated Press au Venezuela, Mathias Delacroix. Elles montrent des habitants du pays, sympathisants du gouvernement, armés et présents dans les rues de la capitale et de ses environs.
Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a diffusé sur les réseaux sociaux la première réaction de la France à l’opération américaine au Venezuela : « En confisquant le pouvoir au peuple vénézuélien, en le privant de ses libertés fondamentales, Nicolas Maduro a porté une atteinte grave à sa dignité et à son droit à l’autodétermination. La France s’est engagée avec constance, notamment par ses actions de médiation, en faveur du respect de la souveraineté du peuple vénézuélien, dont la voix doit primer.
L’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international. La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir.
La multiplication des violations de ce principe par des nations investies de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies aura de lourdes conséquences sur la sécurité du monde, qui n’épargneront personne. Instruite par l’Histoire, la France s’y prépare, mais ne peut s’y résoudre. Elle réitère son attachement à la Charte des Nations unies, qui doit continuer de guider l’action internationale des Etats, toujours et partout. »
Le Southern District of New York est l’une des cours fédérales les plus importantes du pays. Elle va être au centre de l’attention mondiale dans les jours et semaines à venir.
Elle représente Manhattan, le Bronx, ainsi que quelques comtés situés au nord de la ville. Dans le complexe système judiciaire fédéral américain, ces cours opèrent un peu comme des tribunaux de première instance.
Le tribunal a souvent de gros dossiers financiers à traiter, en raison de la concentration de sièges sociaux de grandes entreprises et de banques autour de Wall Street, mais gère tous types de cas. De nombreuses affaires très médiatiques y ont été jugées ces derniers temps, comme le procès de Sean Combs, alias Diddy, ou celui de Sam Bankman-Fried, le roi déchu de la cryptomonnaie.
L’affaire qui se rapproche le plus du cas de Nicolas Maduro est le procès qui a eu lieu en 2024 de Juan Orlando Hernandez, l’ex-président du Honduras, extradé en 2022 et jugé pour trafic de drogue et d’armes. Il a été condamné à quarante-cinq ans de prison, avant d’être gracié le 1er décembre dernier par Donald Trump.
Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
Le président a commenté sur Fox News, samedi matin, l’intervention américaine : « Je l’ai regardée littéralement comme j’aurais regardé une émission télévisée », a-t-il déclaré. « Nous l’avons regardée dans une salle, et nous en avons suivi tous les aspects », a-t-il ajouté, sans préciser qui était également présent avec lui.
Nicolas Maduro « était dans un endroit très bien gardé, comme une forteresse », a ajouté le président américain. « Le fait que personne n’ait été tué est incroyable », a-t-il estimé, ajoutant que « deux hommes ont été touchés, mais ils sont revenus et sont en bonne forme ».
M. Trump affirme que M. Maduro et sa femme se trouvent à bord d’un navire de guerre américain et seront poursuivis en justice à New York. Le président américain doit reprendre la parole lors d’une conférence prévue en Floride à 17 heures.
Ce message s’affichera sur l’autre appareil.
Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.
Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).
Comment ne plus voir ce message ?
En cliquant sur « » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Vous ignorez qui est l’autre personne ? Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?
Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.
Si vous utilisez ce compte à plusieurs, créez un compte pour votre proche (inclus dans votre abonnement). Puis connectez-vous chacun avec vos identifiants. Sinon, cliquez sur « » et assurez-vous que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Vous ignorez qui d’autre utilise ces identifiants ?
Si vous êtes bénéficiaire de l’abonnement, connectez-vous avec vos identifiants. Si vous êtes 3 ou plus à utiliser l’abonnement, passez à l’offre Famille. Sinon, cliquez sur « » et assurez-vous que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Vous ignorez qui d’autre utilise ce compte ?
Si vous utilisez ce compte à plusieurs, passez à une offre multicomptes pour faire profiter vos proches de votre abonnement avec leur propre compte. Sinon, cliquez sur « » et assurez-vous que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.
Editorial Context & Insight
Original analysis & verification
Methodology
This article includes original analysis and synthesis from our editorial team, cross-referenced with primary sources to ensure depth and accuracy.





