Le président américain a confirmé, samedi, l’opération menée par l’armée à Caracas et dans d’autres villes du pays. « Nicolas Maduro et sa femme ont été capturés et exfiltrés » en dehors du Venezuela, a-t-il écrit dans un message sur son réseau social.
Au moins sept explosions, selon Associated Press (AP), ont été entendues à Caracas samedi vers 2 heures du matin, heure locale (7 heures à Paris). AP et l’Agence France-Presse ont également fait état de survols d’avion au-dessus de la capitale vénézuelienne.
Merci pour votre question. Les Etats-Unis exercent une forte pression sur Caracas depuis des mois, cherchant à pousser au départ le président vénézuélien, Nicolas Maduro, accusé par Washington d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic – ce que l’intéressé dément, reprochant aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.
Les forces américaines ont bombardé des embarcations transportant supposément de la drogue, faisant plus de 100 morts dans les Caraïbes et le Pacifique. La dernière attaque en date a été menée lundi, dans l’est du Pacifique, contre un navire « impliqué dans des opérations de narcotrafic », selon l’armée, tuant deux personnes. Jusqu’à présent, l’administration américaine n’a pas apporté de preuves démontrant que les embarcations visées transportaient effectivement de la drogue. Washington a également déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes et imposé au Venezuela un blocus visant des navires pétroliers sous sanctions.
Nous vous conseillons également la lecture de notre éditorial publié le 19 décembre, sur l’escalade des Etats-Unis envers le régime de Nicolas Maduro et ses effets déstabilisateurs sur l’Amérique latine.
Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé l’« attaque criminelle perpétrée par les Etats-Unis » contre le Venezuela et exigé une « réaction urgente de la communauté internationale », dans un message publié sur son compte X.
« Notre zone de paix est brutalement agressée », ajoute-t-il, en référence aux engagements des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats latino-américains et caribéens pris à La Havane en janvier 2014. « Terrorisme d’Etat contre le courageux peuple vénézuélien et contre notre Amérique. La patrie ou la mort ! Nous vaincrons ! », conclut son message.
Le président américain, Donald Trump, a promis à plusieurs reprises de mener des opérations terrestres au Venezuela. Sans détailler publiquement ses objectifs, il a fait pression en privé sur le président Nicolas Maduro pour qu’il quitte le pays, selon Reuters. Lundi, M. Trump avait déclaré qu’il serait « judicieux » pour Nicolas Maduro de quitter le pouvoir.
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire national et appelé « tout le pays » à se « mobiliser pour vaincre l’agression impérialiste » américaine, selon le communiqué officiel du Venezuela, publié près de deux heures après les premières explosions survenues à Caracas.
« L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la nation », dénonce le Venezuela dans un communiqué officiel.
« Ils n’y parviendront pas, assure-t-il. Après plus de deux cents ans d’indépendance, le peuple et son gouvernement légitime restent fermes dans la défense de la souveraineté et du droit inaliénable de décider de leur destin. La tentative d’imposer une guerre coloniale pour détruire la forme républicaine du gouvernement et forcer un “changement de régime”, en alliance avec l’oligarchie fasciste, échouera comme toutes les tentatives précédentes. »
Le Venezuela dénonce, dans un communiqué, « la grave agression militaire » perpétrée « par le gouvernement actuel des Etats-Unis d’Amérique contre le territoire vénézuélien et sa population ». Selon ce communiqué, des « zones civiles et militaires » ont été touchées à Caracas, la capitale, ainsi que dans les Etats de Miranda, d’Aragua et de La Guaira.
« Cet acte constitue une violation flagrante de la Charte des Nations unies, en particulier de ses articles 1 et 2, qui consacrent le respect de la souveraineté, l’égalité juridique des Etats et l’interdiction du recours à la force, dénonce le communiqué. Une telle agression menace la paix et la stabilité internationales, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes, et met gravement en danger la vie de millions de personnes. »
Les explosions semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuélienne, sans qu’il soit possible de les localiser précisément dans l’immédiat. Certaines semblent avoir eu lieu à Fuerte Tiuna, une énorme enclave militaire dans la ville.
D’autres témoignages et vidéos diffusés sur les réseaux sociaux rapportent des explosions à l’aéroport de Higuerote, à l’est de la ville, ou encore à la base aérienne Generalisimo Francisco de Miranda, aussi appelée La Carlota. Il ne nous a pas encore été possible de vérifier ces informations, et les autorités vénézueliennes ne se sont pas encore prononcées.
Une habitante de La Guaira, ville côtière proche de Caracas, a dit à l’Agence France-Presse (AFP) avoir entendu des explosions à l’aéroport et au port de la métropole. D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de la capitale.
Dans beaucoup de quartiers caracassiens, les habitants se sont rués à leur fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait. Le courant est coupé dans certains secteurs de la Caracas, selon les informations communiquées par d’autres interlocuteurs de l’AFP.
La Federal Aviation Administration (FAA), agence fédérale chargée de la régulation du transport aérien aux Etats-Unis, vient d’émettre une interdiction de survol du Venezuela du fait d’une « situation potentiellement dangereuse » sur place, sans plus de précisions. La consigne s’applique à tous les appareils civils placés sous sa compétence, c’est-à-dire enregistrés aux Etats-Unis.
« Caracas est attaqué en ce moment. Alerte mondiale : le Venezuela a été attaqué ! », a réagi sur son compte X le président colombien, Gustavo Petro. « Ils bombardent avec des missiles », ajoute-t-il, sans que l’on sache encore l’origine des explosions.
Gustavo Petro a également appelé aussitôt les Nations unies et l’Organisation des Etats américains à « se réunir immédiatement ».
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