Au-delà de l’opération militaire des Etats-Unis à Caracas, comment Donald Trump compte-t-il « diriger » le Venezuela à distance ? L’impérialisme débridé du président américain est-il désormais la stratégie officielle du pays ? Notre éditorialiste Gilles Paris répond à vos questions.
Quelles peuvent être les conséquences de l’enlèvement du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier ? Comment Donald Trump compte-t-il « diriger » le Venezuela à distance ? L’impérialisme débridé du président américain, qui cible aussi Cuba, la Colombie, le Mexique et surtout le Groenland, est-il désormais la stratégie officielle du pays ?
Posez vos questions à Gilles Paris, éditorialiste au Monde et ancien correspondant de la rédaction à Washington et à Jérusalem. Vous pouvez d’ores et déjà les lui adresser, sans oublier de mentionner le mot « TCHAT ».
« Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (…) au Quai d’Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul » pour être « convaincant et percutant », a déclaré le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, sur France Inter. Selon lui, ce travail aboutira « dans les prochains jours » à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France.
Le ministre a rappelé qu’au-delà du Groenland Washington avait pris récemment des sanctions économiques contre des personnalités européennes, dont l’ancien commissaire Thierry Breton, engagés pour une stricte régulation de la tech. « Face à ces marques d’intimidation, nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens », a souligné le ministre, précisant que cela serait discuté lors d’une réunion avec ses homologues allemand et polonais ce mercredi.
« Nous formons ensemble un triptyque, un trio qui a une capacité d’entraînement sur l’Europe. Et c’est de cette question dont nous allons discuter en même temps », a-t-il ajouté.
M. Barrot a en outre fait part d’une conversation qu’il a eue avec le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qui lui aurait assuré que Washington écartait une option militaire. « Il a écarté qu’on puisse imaginer que se produise au Groenland ce qui vient de se produire au Venezuela », a déclaré le ministre français, en référence à la capture par les Etats-Unis du président Nicolas Maduro et aux affirmations du président américain selon lesquelles les Etats-Unis étaient « aux commandes » du pays.
La sécurité a été renforcée au niveau du pont international Francisco de Paula Santander de Cucuta (Colombie), principal point de passage entre la Colombie et le Venezuela. Des soldats, côté colombien comme côté vénézuélien, sont déployés aux abords de l’ouvrage, contrôlant les accès et surveillant les mouvements dans un climat de forte tension.
A la population locale s’ajoutent désormais de nombreux journalistes internationaux tentant de franchir le pont afin de couvrir un événement dont l’issue politique et sécuritaire demeure incertaine.
Selon le Wall Street Journal et le New York Times, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a déclaré aux législateurs américains que l’option privilégiée par Donald Trump était d’acheter le Groenland au Danemark, écartant une invasion imminente.
Dans le camp républicain pourtant, le président de la chambre des représentants, Mike Johnson, a estimé mardi auprès de journalistes qu’une action militaire américaine sur l’île ne serait pas « appropriée », d’après des propos rapportés par Politico.
Et côté démocrate, le sénateur Ruben Gallego a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il déposerait une résolution « pour empêcher Trump d’envahir le Groenland ».
Pour approfondir, nous vous encourageons à lire ce très bon article de Nicolas Chapuis.
Mardi, le Groenland et le gouvernement danois ont appelé à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des « malentendus ». Nuuk et Copenhague contestent en particulier l’argument récurrent de Donald Trump selon lequel il lui faudrait agir contre l’omniprésence de la Chine au Groenland.
« Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois », a dit le ministre danois des affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen. « Nous veillons sur le royaume », a insisté M. Lokke, ajoutant qu’il n’était pas utile de « dramatiser » les choses.
Le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces douze derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros). Le président américain a tourné cette dépense en ridicule dimanche, en lançant : « Vous savez ce que le Danemark a fait récemment pour renforcer la sécurité du Groenland ? Ils ont ajouté un traîneau à chiens. »
La présidente du Venezuela par intérim, Delcy Rodriguez, a nommé mardi Calixto Ortega Sanchez, ex-directeur de la banque centrale vénézuélienne, en tant que vice-président chargé de l’économie, un poste qui constitue une priorité pour son administration.
Calixto Ortega Sanchez a été président de la Banque centrale du Venezuela entre 2018 et 2025, et a auparavant travaillé dans l’industrie pétrolière.
C’est le premier changement annoncé par Delcy Rodriguez depuis son accession au pouvoir, consécutive à l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro. Outre le poste de vice-présidente, qui la plaçait première dans l’ordre de succession, Mme Rodriguez était aussi chargée de l’économie et des hydrocarbures.
« Pour la clôture de 2026, nous espérons consolider les chiffres de 2025 et nous avons encore progressé », a déclaré Mme Rodriguez à la télévision publique, citant l’estimation de croissance de 6,5 % de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes pour 2025.
Le scénario économique vénézuélien est complexe, avec une dépréciation de la monnaie locale de près de 500 %, qui attise les craintes d’hyperinflation.
Le président américain, Donald Trump, a déclaré mardi que le Venezuela allait « remettre » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux Etats-Unis, en affirmant qu’il contrôlera les revenus générés, en tant que président américain.
« Je suis ravi d’annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité », a affirmé Donald Trump sur sa plateforme, Truth Social. « Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi, président des Etats-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des Etats-Unis », a-t-il ajouté.
Présent à Paris dans le cadre de la coalition des volontaires, le premier ministre canadien, Mark Carney, au côté de la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a affiché sa solidarité avec le pays nordique, alors que Donald Trump dit vouloir acquérir le Groenland.
Mark Carney a « rappelé le soutien du Canada à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Danemark, notamment du Groenland, lesquelles doivent être respectées conformément au droit international ». « L’avenir du Groenland appartient au Groenland et au Danemark », a-t-il ajouté dans un communiqué, affirmant appuyer la déclaration conjointe du Danemark et de plusieurs pays européens sur le sujet.
La présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a décrété mardi sept jours de deuil en hommage aux victimes de l’attaque américaine qui a conduit à l’enlèvement du président Nicolas Maduro.
L’opération américaine de capture du couple Maduro a fait au moins 55 morts, 23 militaires vénézuéliens et 32 cubains, membres des services de sécurité, tandis que le bilan des civils tués n’est pas connu. Certaines sources parlent d’un total de 70 à 80 morts.
« Un message à nos jeunes martyrs qui ont donné leur vie pour la défense de notre pays. J’ai pris la décision de décréter un deuil de sept jours en honneur et à la gloire des jeunes, des femmes, des hommes qui sont morts, qui ont offert leur vie en défendant le Venezuela et le président Nicolas Maduro », a annoncé Mme Rodriguez à la télévision.
Donald Trump et son équipe « discutent de plusieurs options » pour obtenir le Groenland « et bien sûr utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition » du président, a déclaré, mardi, sa porte-parole, Karoline Leavitt.
Le président américain « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les Etats-Unis, et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a-t-elle fait savoir dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP).
Pour son premier jour en tant que présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez a affirmé, mardi, lors d’une allocution à la télévision publique, qu’aucun « agent extérieur » ne gouvernait le pays. « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre », a-t-elle assuré.
Evoquant un « dénouement absolument illégal, en violation et en rupture avec la légalité internationale, comme l’est l’enlèvement de [Nicolas] Maduro et de Cilia [Flores, la première dame vénézuélienne] », la présidente par intérim a rendu hommage « aux martyrs qui ont donné leur vie pour défendre le Venezuela ». L’opération américaine a fait 55 morts, 23 militaires vénézuéliens et 32 militaires cubains, membres des services de sécurité.
« Après la terrible attaque dont a été victime le Venezuela de la part du gouvernement des Etats-Unis, le peuple vénézuélien reste ferme et mobilisé pour défendre notre patrie (…) C’est un peuple qui ne se rend pas, nous sommes un peuple qui ne se livre pas », a encore ajouté Mme Rodriguez.
« Il n’y a pas, pour moi, de scénario où les Etats-Unis d’Amérique seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise » au Groenland, a affirmé mardi Emmanuel Macron sur France 2, en réaction aux revendications de Donald Trump sur l’île arctique. « Je sais que les Etats-Unis continueront d’avancer avec nous pour la paix et la sécurité en Europe », a dit le chef de l’Etat français.
« Le Groenland est un territoire qui est sous souveraineté danoise, ça le restera », a ajouté le président français, en marge d’un sommet des alliés de l’Ukraine à Paris, alors que le président américain et son entourage ont répété ces derniers jours leur intention de faire passer l’île arctique sous drapeau américain.
Le Groenland et le Danemark ont demandé à rencontrer rapidement le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, pour discuter les récentes déclarations de Donald Trump sur ses velléités d’annexion de l’île arctique, a déclaré mardi la ministre des affaires étrangères groenlandaise.
« L’objectif de la réunion est de discuter des déclarations marquantes des Etats-Unis concernant le Groenland », a écrit sur Facebook Vivian Motzfeldt. « Il n’a jusqu’à présent pas été possible pour le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, de rencontrer le gouvernement du Groenland ; et ce malgré le fait que le gouvernement du Groenland et le gouvernement danois ont, tout au long de l’année 2025, sollicité une réunion au niveau des ministères des affaires étrangères », a-t-elle ajouté.
Cette annonce survient alors qu’a lieu au Parlement danois une réunion entre le gouvernement danois et la commission parlementaire des affaires étrangères sur la relation entre le Royaume du Danemark – qui rassemble le Danemark métropolitain, les îles Féroé et le Groenland – et les Etats-Unis.
Plus tôt dans la journée, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni avaient, dans une déclaration commune, apporté leur soutien au Danemark face aux revendications de Donald Trump sur le Groenland.
Les ministres des affaires étrangères nordiques ont également souligné, dans un communiqué commun, que les affaires concernant le Danemark et le Groenland devaient être tranchées exclusivement par le Danemark et le Groenland.
A Paris, où elle a participé à un sommet des alliés de l’Ukraine, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, s’est félicitée de cette démonstration de solidarité. « Cela contribue, en tout cas, à rappeler qu’il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark (…) mais bien avec l’Europe tout entière », a-t-elle dit à la télévision DR.
À l’initiative de la France, présidente du G7 depuis le 1er janvier, un appel avec les ministres des affaires étrangères du G7 se tiendra ce soir à 20 heures, heure de Paris, afin d’aborder les enjeux relatifs au Venezuela et à l’Ukraine, a rapporté le Quai d’Orsay.
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L’acte d’accusation sur lequel repose la procédure contre Nicolas Maduro a été rendu public samedi. Les 25 pages, signées par Jay Clayton, le procureur du district sud de New York, où ont été jugés les époux Maduro, exposent en des termes juridiques la théorie défendue depuis des mois par l’administration Trump.
Cilia Flores est accusée de conspiration de trafic de cocaïne, tandis que Nicolas Maduro fait face à une qualification plus grave : « conspiration narcoterroriste », une expression visant à qualifier l’emploi de la violence extrême par les groupes de trafiquants pour parvenir à imposer leur loi. Il risque la prison à vie.
Figure de la droite radicale vénézuélienne et entrée dans la clandestinité en août 2024, quelques jours après l’élection présidentielle à laquelle elle n’avait pas été autorisée à se présenter, la très droitière lauréate du prix Nobel de la paix 2025 ne fait pas l’unanimité au sein de l’opposition vénézuélienne, comme nous l’écrivions dans un article datant du 10 octobre 2025. « Tous saluent certes sa détermination et son courage, mais, en sourdine, certains rappellent qu’avant d’être candidate à la présidentielle en 2023 Maria Corina Machado a longtemps prôné l’abstention, qu’elle a ouvertement soutenu les sanctions contre l’industrie pétrolière du pays aux dramatiques conséquences économiques ».
De plus, dans le papier, il était évoqué son « silence » alors que Donald Trump déployait ses navires de guerre aux larges des côtes vénézuéliennes. En se taisant, « elle soutient de fait l’option d’une intervention militaire dans le pays sud-américain », écrivait alors notre correspondante à Bogota (capitale de la Colombie), Marie Delcas.
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