EN DIRECT, colère des agriculteurs : la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, chahutée à sa sortie du Palais-Bourbon
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EN DIRECT, colère des agriculteurs : la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, chahutée à sa sortie du Palais-Bourbon

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Jan 8, 2026

Un accueil hostile a été réservé à la présidente de l’Assemblée, sortie sous les huées et les sifflets des agriculteurs. Elle a aussi reçu un projectile. Mme Braun-Pivet a annoncé qu’elle rencontrerait les représentants syndicaux agricoles à 14 heures, avant d’être exfiltrée après un mouvement de foule.

« Ils sont en colère, c’est normal que cette colère s’exprime », a déclaré Mme Braun-Pivet une fois rentrée dans l’enceinte du Palais-Bourbon, estimant que sa venue à leur rencontre était « la moindre des choses ». La présidente de l’Assemblée a répété au micro de BFM-TV et de LCI qu’elle prévoyait de recevoir « l’ensemble des organisations syndicales » dans son bureau dans l’après-midi, pour des « échanges apaisés sur le fond ».

Mais elle a insisté sur la nécessité d’aller aussi les voir dans le rassemblement, de ne pas se « dérober » face à une colère « légitime » : « Nous devons être à l’écoute des citoyens, même si c’est tendu, même s’ils n’ont pas envie de parler mais d’exprimer leur colère, je suis là pour l’entendre. »

L’Assemblée nationale « a exprimé à plusieurs reprises son refus du Mercosur », a-t-elle rappelé. « Il faut continuer à mener le combat jusqu’au bout, c’est ce que nous allons faire. »

Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, est sortie du Palais-Bourbon pour aller à la rencontre des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) rassemblés devant l’institution. Un accueil hostile lui a été réservé, avec huées et sifflets. La présidente de l’Assemblée a aussi reçu un projectile.

« Vous savez que l’agriculture me préoccupe beaucoup », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer qu’elle rencontrerait les représentants syndicaux à 14 heures. Elle a ensuite été exfiltrée après un mouvement de foule.

Les agriculteurs, dénonçant une « provocation », ont scandé « Démission ! Démission ! » à l’unisson. Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, était à leurs côtés. Ils ont entonné La Marseillaise avant d’appeler à un Frexit.

La foule est de plus en plus compacte devant l’Assemblée, où se mêlent de nombreux policiers et des agriculteurs de la CR, reconnaissables à leurs bonnets jaunes. « On est chez nous », entend-on scander, alors qu’un panneau « Corrèze » a été disposé devant une statue. Derrière, une autre banderole est tendue sur un tracteur : « On ne crèvera pas en silence ».

Des agriculteurs ont lancé une action de blocage des accès à Rodez, en réaction au placement en garde à vue du président de la Coordination rurale (CR) de l’Aveyron et de l’Occitanie, Eloi Nespoulous. Sur les ronds-points d’accès à la ville, et alors que la neige rendait déjà la circulation difficile dans le département, des agriculteurs ont déversé des pneus et des déchets, bloquant les entrées de la cité aveyronnaise, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP).

« On a bloqué toute la ville, avec des déversements partout », a affirmé Mathieu Galliou, coprésident de la CR de l’Aveyron. Selon lui, M. Nespoulous ainsi que son porte-parole et un autre agriculteur de Lozère ont été placés en garde à vue en Seine-et-Marne mercredi soir.

« On est un mouvement pacifique, il n’y a eu aucune violence. En voyant cette réaction, les gens ici ont demandé qu’on se mobilise », a affirmé à l’AFP M. Galliou, assurant n’avoir aucune nouvelle de son président jeudi matin.

La Confédération paysanne de l’Aveyron, qui avait un temps appelé à la mobilisation en solidarité avec M. Nespoulous, y a finalement renoncé, tout en continuant à dénoncer sa garde à vue.

Sous l’Arc de Triomphe, des tracteurs sont cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre et immobilisés. « France ! Veux-tu encore de tes paysans ? », peut-on lire sur la pelle de l’un de ces tracteurs.

A la Porte d’Auteuil, dans l’ouest de Paris, des agriculteurs et leurs tracteurs de différentes sections de la Coordination rurale sont également bloqués par les forces de l’ordre. Des arbres ont été coupés et placés en travers de la route et un feu brûle au milieu d’engins agricoles. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a dit avoir « appris avec consternation qu’au moins un arbre protégé a été abattu » dans le 16e arrondissement. « La colère et le droit de manifester n’autorisent pas un tel acte. La nature a ses droits. Nous aimons nos arbres, bien commun des parisiens, et nous les protégeons », a-t-elle ajouté.

Des convois sont aussi bloqués dans les départements environnant Paris et plusieurs tracteurs ont été mis en fourrière.

Annie Genevard a appelé les agriculteurs qui manifestent dans Paris et plusieurs autres villes au « maintien du calme et au sens des responsabilités, et au dialogue », reconnaissant les « inquiétudes et revendications » de la profession comme « légitimes ».

« Le dialogue est constant et il se poursuit. Le combat que je mène pour protéger nos agriculteurs continue. Des avancées importantes ont été obtenues cette semaine au niveau européen, mais le travail n’est pas terminé », a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse.

Une quarantaine d’engins agricoles bloquent l’accès au dépôt de carburant de Bassens, près de Bordeaux, à l’appel de la Coordination rurale (CR) de Gironde. La préfecture du département a fait état d’une « action de mobilisation d’agriculteurs » qui s’inscrit « dans le cadre du mouvement de contestation à l’échelle nationale ».

« Depuis 22 heures, une quarantaine d’engins agricoles, de camions et de véhicules légers empêchent l’accès au site », poursuit la préfecture, précisant que des forces de l’ordre sont sur place. Devant le site, les manifestants ont entassé de la terre et des pneus, tandis que des tracteurs déversaient du sable sur un rond-point, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse. L’accès à l’autoroute A10 était aussi bloqué.

« Besoin de monde, tracteurs, bennes pleines !! On est tous concernés, ON NE CRÈVERA PAS EN SILENCE », a écrit la CR 33 sur son compte Facebook, postant plusieurs photos de l’action en cours à Bassens.

« Moi, je suis monté à Paris en voiture depuis la Vienne. J’ai rejoint le rassemblement sous la tour Eiffel. Environ cinq à sept tracteurs sont montés de mon département et quinze à vingt agriculteurs. Les manifestants viennent de toute la France et même de la Corse avec trois tracteurs », a déclaré Philippe Tabarin, secrétaire général adjoint de la Coordination rurale (CR), au Monde.

« Ils se sont mis en route dès mardi. ll y avait des mots d’ordre de la gendarmerie de freiner les cortèges », a-t-il ajouté, faisant état de « beaucoup d’immobilisations et d’amendes », dont vingt-deux amendes pour le cortège de la Vienne. « L’entrée dans Paris s’est faite sans trop de difficultés. La capitale était déserte », a-t-il précisé.

« Il est très difficile de dire précisément combien d’agriculteurs de la CR sont à Paris pour cette manifestation. Chacun s’est organisé de son côté. Il n’y a pas une grande manifestation. Il y a des points de ralliement vers la tour Eiffel et l’Arc de triomphe. D’autres font des blocages au niveau du périphérique », a-t-il ajouté.

Philippe Tabarin a confirmé qu’un rendez-vous était prévu devant l’Assemblée nationale « en fin de matinée ». « Nous voulons être reçus par la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat. Nous attendons des annonces concrètes du gouvernement. Après nous verrons », a-t-il insisté.

Le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a annoncé sur BFM-TV que plusieurs agriculteurs avaient été arrêtés dans la nuit « en couronne parisienne », et a fait état d’« à peu près vingt-cinq gardes à vue ». Dix tracteurs ont aussi été mis à la fourrière, a-t-il avancé, déplorant la présence de nombreux CRS, alors que certains commencent à arriver à l’Assemblée nationale pour « porter les doléances ».

M. Venteau est également revenu sur les propos de la porte-parole du gouvernement au sujet de la mobilisation, qu’il qualifie d’« ignobles ». « “L’agriculture française, c’est réglé”, c’est ce qu’elle vient de dire, [ça signifie] “On ne vous écoutera pas” », a-t-il regretté.

« Beaucoup de tracteurs ne sont pas rentrés dans Paris, sont tout autour de Paris », a déclaré le ministre des transports, Philippe Tabarot, jeudi sur France 2, appelant à privilégier « le dialogue » plutôt que « des scènes d’affrontements ».

Si ces mobilisations « vont causer un certain nombre de problèmes de mobilité toute la journée », selon le ministre, celui-ci appelle ainsi à ne « pas aller à l’affrontement car les agriculteurs ne sont pas des ennemis du pays, bien au contraire ». « Les agriculteurs ne sont pas nos adversaires », a-t-il insisté, soulignant même des « points de convergence ».

Le gouvernement « ne laissera pas faire » les actions des agriculteurs en région parisienne qui sont « illégales », a prévenu jeudi la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur France Info.

« Bloquer partiellement l’A13, comme c’est le cas ce matin, ou tenter de venir devant l’Assemblée nationale, avec toute la symbolique que ça induit, c’est encore une fois illégal. Et donc le ministre de l’intérieur ne laissera pas faire », a-t-elle affirmé.

« Mission accomplie. » Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), le deuxième syndicat agricole français, s’est réjoui sur Europe 1 qu’une centaine de tracteurs soient entrés dans Paris. « Un exploit », selon lui.

Le ministère de l’intérieur a expliqué que, par petits groupes, ils ont « contourné et forcé parfois, en prenant des risques totalement inconsidérés, les barrages mis en place en grande couronne et en petite couronne » de Paris.

« C’est inacceptable, parce qu’on voulait arriver pacifiquement dans Paris et les méthodes utilisées ne sont pas les bonnes. Qu’on nous laisse tranquilles, qu’on libère les tracteurs », a poursuivi Bertrand Venteau sur Europe 1.

Ludovic Ducloux, coprésident de la CR 33 (Gironde), et une vingtaine d’autres sont arrivés aussi avant 4 heures sous la tour Eiffel, où ils ont eu le temps d’aligner une dizaine de tracteurs pour une photo souvenir. Les forces de l’ordre leur ont ensuite demandé de les garer dans une rue adjacente. Mais le coup est réussi, estime le viticulteur du Bordelais, âgé de 46 ans, qui assure n’avoir « pas forcé de barrage » policier.

Mardi 6 et mercredi 7 janvier, la Commission européenne a annoncé de nouvelles concessions au monde agricole, qui ont permis de lever les réticences italiennes. Ursula von der Leyen devrait signer, lundi, le traité de libre-échange avec les pays sud-américains.

Une centaine de tracteurs sont entrés dans Paris annonce le ministère de l’intérieur, la plupart aux portes de la capitale – Beauvau recense « une vingtaine de tracteurs intra-muros ». Les agriculteurs « ont contourné et forcé – parfois en prenant des risques totalement inconsidérés – les barrages mis en place en grande couronne et en petite couronne », note encore le ministère de l’intérieur.

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, « suit très attentivement la situation », selon son entourage.

D’après un journaliste de l’AFP, une vingtaine d’agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, leurs tracteurs – une dizaine – étant garés tout près. Sous l’Arc de Triomphe, une dizaine de tracteurs cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre sont immobilisés, a-t-il constaté.

Un appel à manifester devant l’Assemblée nationale à 10 heures a été lancé par la Coordination rurale.

« Dans le cadre du mouvement de contestation à l’échelle nationale, une action de mobilisation d’agriculteurs de la CR [Coordination rurale] est en cours aux abords du dépôt pétrolier DPA, situé sur les terrains du Grand Port Maritime de Bordeaux à Bassens », a écrit la préfecture de la Gironde dans un communiqué, jeudi matin. « Depuis 22 heures, une quarantaine d’engins agricoles, de camions et de véhicules légers empêchent l’accès au site », poursuit la préfecture, précisant que les forces de police et de gendarmerie sont sur place.

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