« Cette décision est définitive » et « prend effet immédiatement », a affirmé lundi le président américain sur son réseau Truth Social.
Le ministère des affaires étrangères a fait savoir, lundi soir, que le « format de l’ambassade [de France à Téhéran] a été reconfiguré pour la mettre en mesure d’assurer ses missions dans le contexte local ». Selon deux sources anonymes citées par l’Agence France-Presse, le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade a quitté le pays.
« La protection de nos agents comme de nos ressortissants est une priorité », précise le Quai d’Orsay, ajoutant que l’« ambassade est ouverte et fonctionnelle » et que « l’ambassadeur est sur place, avec l’équipe ».
L’ambassadeur français comme ses homologues allemand, italien et américain ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par leurs pays aux manifestants iraniens.
Donald Trump a annoncé lundi sur son réseau Truth Social que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25 % par les Etats-Unis. « Cette décision est définitive » et « prend effet immédiatement », a affirmé le président américain.
A l’appel d’un groupe de soignants franco-iraniens, un collectif de professionnels de santé médicaux et paramédicaux français, alerte, dans une tribune au Monde, sur la répression sanglante en Iran. Quinze jours après le début d’un nouveau soulèvement national, ils demandent aux autorités françaises un soutien urgent au peuple iranien.
Depuis plus de quarante-cinq ans, le régime de la République islamique d’Iran exerce une répression systématique sur la population iranienne. Pourtant, les Iraniennes et les Iraniens n’ont jamais cessé de faire entendre leur voix avec courage. Des manifestations étudiantes de 1999 aux soulèvements de 2009, 2017, 2019, jusqu’au mouvement Femme, vie, liberté né après l’assassinat de Mahsa Amini en 2022, une évidence s’impose : la société iranienne rejette l’autoritarisme religieux de la République islamique, qui opprime, discrimine et nie la dignité humaine.
Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué, lundi, les rassemblements progouvernementaux organisés par les autorités en réponse à deux semaines de manifestations, affirmant que la participation était un « avertissement » aux Etats-Unis.
« C’était un avertissement aux politiciens américains pour qu’ils cessent leurs manœuvres trompeuses et ne comptent pas sur des mercenaires perfides », a-t-il déclaré, selon la télévision d’Etat iranienne, après que le président américain, Donald Trump, a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement si Téhéran tuait des manifestants. « Ces rassemblements massifs, empreints de détermination, ont contrecarré le plan des ennemis étrangers », a-t-il déclaré.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Londres devant l’ambassade d’Iran, brandissant des drapeaux iraniens antérieurs à l’instauration de la République islamique. Dans la foule, où était notamment présent le dirigeant d’extrême droite britannique Nigel Farage, flottaient également des étendards de l’ancienne famille royale iranienne, ornés des armoiries des Pahlavi sur fond bleu clair, ainsi que quelques drapeaux israéliens.
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, a affirmé auprès du site Politico qu’elle envisageait des sanctions encore plus sévères contre l’Iran. « L’UE a déjà mis en place des sanctions sévères à l’encontre de l’Iran, visant les responsables de violations des droits de l’homme, d’activités de prolifération nucléaire et du soutien de Téhéran à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Je suis prête à proposer des sanctions supplémentaires en réponse à la répression brutale des manifestants par le régime », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré ce week-end que Bruxelles « surveillait » la situation, tandis que la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a écrit sur X que « l’Europe doit comprendre son devoir et la nécessité d’agir ».
« Les meurtres et la répression brutale des manifestants pacifiques en Iran sont horribles », a écrit la ministre des affaires étrangères britannique, Yvette Cooper, dans un message publié sur X.
Elle a ajouté s’être entretenue avec son homologue iranien, Abbas Araghtchi, lui enjoignant de « cesser immédiatement les violences, respecter les droits et libertés fondamentaux et garantir la sécurité des ressortissants britanniques ».
Abbas Araghtchi, le ministre des affaires étrangères iranien, a donné un entretien à Al-Jazira, au cours duquel il revient notamment sur les discussions menées avec les Etats-Unis. « Certaines idées ont été évoquées avec Washington et sont actuellement à l’étude par nos services », a déclaré le ministre.
« Les idées et les menaces que Washington propose contre notre pays sont incompatibles » avec ces discussions, a déclaré M. Araghtchi. « Si Washington veut tester l’option militaire qu’il a déjà testée, nous sommes prêts », faisant référence aux bombardements menés cet été contre trois sites nucléaires en Iran.
« Nous disposons aujourd’hui d’un dispositif militaire beaucoup plus important et étendu que lors de la dernière guerre », a-t-il déclaré. « Nous sommes préparés à toutes les éventualités et espérons que Washington choisira la solution la plus sage. »
« Les discussions entre Witkoff et moi-même se sont poursuivies avant et après les manifestations, et elles sont toujours en cours », a ajouté le responsable iranien.
Merci pour votre question. La dernière mobilisation importante qui a traversé le pays date de 2022 à la suite de la mort de Mahsa (Jina) Amini durant sa garde à vue à cause de son voile « mal porté », le 16 septembre 2022. La répression du mouvement a fait environ 500 morts, conduisant à l’arrêt des grosses manifestations de rue. Les protestataires n’avaient obtenu aucun changement politique.
Mais la vague de protestations qui touche actuellement le pays est inédite à plusieurs égards. Premièrement, elle concerne l’ensemble des régions, mais surtout toutes les classes sociales. Si le mouvement de 2019 touchait principalement les classes populaires et celui de 2022 les classes moyennes, la contestation actuelle traverse désormais l’ensemble de la société, dans une ampleur sans précédent depuis le « mouvement vert » de 2009. Deuxièmement, une dynamique nouvelle apparaît autour de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, qui se manifeste par des slogans pro-Pahlavi et par l’adhésion d’une partie croissante de la population à son rôle potentiel dans la conduite de la transition.
A ce sujet, je vous invite à lire la tribune de Farid Vahid, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès, publiée dans nos pages.
Sur X, l’ancien premier ministre français Gabriel Attal a partagé une capture d’écran d’une vidéo montrant des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Dans un post qui accompagne cette photo, Gabriel Attal dit apporter son « soutien total » au peuple iranien.
« Couper Internet pour tuer en silence : voilà la stratégie des mollahs face à la soif de liberté du peuple iranien. Des centaines de vies ont déjà été arrachées pour étouffer l’espoir. Mais la terreur ne fonctionne plus. Face à ce régime sanguinaire, c’est tout un peuple qui livre un nouveau combat pour reconquérir sa dignité et ses libertés », écrit-il sur le réseau social avant de conclure : « L’avenir de l’Iran appartient aux Iraniens. »
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère des affaires étrangères iranien.
Dans une vidéo, consultée par les journalistes de l’Agence France-Presse, ces derniers décrivent des diplomates qui ont été invités prendre place devant un écran géant. Le ministère des affaires étrangères iranien leur a projeté des images documentant, selon lui, les actions violentes des manifestants. « Ces actions dépassent le cadre de manifestations pacifiques et relèvent d’un sabotage organisé », selon le communiqué du ministère, relayé par la télévision d’Etat.
Par conséquent, Téhéran a demandé aux ambassadeurs de transmettre directement les images à leurs ministres des affaires étrangères respectifs et exigé « le retrait des déclarations officielles soutenant les protestataires ». L’Iran a, en outre, souligné que « tout soutien politique ou médiatique était inacceptable et constituait une ingérence manifeste dans la sécurité intérieure du pays ».
Le Quai d’Orsay a, de son côté, confirmé la rencontre. « Nos ambassadeurs ont exprimé avec force nos préoccupations », ajoute la même source. Quelques minutes auparavant, Emmanuel Macron avait condamné « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a dénoncé lundi, lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien, les « tentatives d’ingérence extérieure » alors qu’un mouvement de protestation d’ampleur secoue l’Iran, allié de Moscou.
M. Choïgou « a fermement condamné » lors de cette conversation avec Ali Larijani de « nouvelles tentatives d’ingérence de forces extérieures dans les affaires intérieures de l’Iran », ont rapporté les agences de presse russes.
« Le respect des libertés fondamentales est une exigence universelle et nous sommes aux côtés de celles et ceux qui les défendent », a-t-il ajouté.
En réussissant à brouiller pour la première fois à grande échelle les terminaux Starlink pour enrayer la contestation, les autorités iraniennes ont fait monter d’un cran leur capacité à isoler leur population du reste du monde.
« C’est la première fois qu’on le voit avec une telle intensité sur Starlink, c’est une nouveauté dans le monde du brouillage », explique à l’Agence France-Presse Kavé Salamatian, professeur à l’université Savoie Mont-Blanc, spécialiste de la géopolitique du cyberespace et coauteur d’une étude sur l’Internet iranien.
« Je travaille sur l’accès à Internet depuis vingt ans et je n’ai jamais vu une telle chose », a déclaré à la publication spécialisée TechRadar Amir Rashidi, directeur pour l’Internet du groupe de défense des droits Miaan Group.
L’Iran a coupé, le 8 janvier, les accès à Internet de sa population, l’empêchant de partager avec le reste du monde des informations sur les manifestations en cours et leur répression [La République islamique a développé au fil des ans une capacité hors du commun de contrôle de son réseau]. Après une arrivée d’Internet relativement ouverte, les autorités ont entrepris, à la fin des années 2000, un « travail de fond d’environ dix-douze ans, avec une restructuration complète du réseau Internet iranien qui a permis en quelque sorte de faire rentrer le djinn dans la bouteille », explique M. Salamatian.
Très aisé à mettre en œuvre, le contrôle s’opère dans la « couche logique du routage. Ils sont capables d’un contrôle très fin, pouvant décider que tel ou tel côté de telle ou telle rue a Internet ou pas », selon lui.
Starlink peut permettre de surmonter le problème, avec sa constellation de satellites en orbite basse permettant d’avoir Internet en établissant une connexion de données entre ces satellites évoluant à environ 550 kilomètres d’altitude et les utilisateurs au sol, s’affranchissant des accès à Internet locaux.
Reste à savoir si Starlink a les moyens de contourner le brouillage. « Nous pourrions rétablir Internet » en Iran, a déclaré le président américain, Donald Trump, dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 janvier. « Je pourrais parler à Elon [Musk, le patron de Starlink], parce que, comme vous le savez, son entreprise est très bonne dans ce domaine ».
Dans un nouveau bilan d’Iran Human Rights, l’ONG basée en Suède a déclaré qu’au moins 648 personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations. Dans le même temps, des informations non vérifiées déclarent qu’au moins plusieurs centaines de personnes, voire plus de 6 000, selon certaines estimations, auraient été tuées, informe la publication.
En raison de la coupure d’Internet depuis le 8 janvier et des restrictions sévères imposées à l’accès à l’information, il est extrêmement difficile de vérifier ces informations de manière indépendante. Le nombre de personnes arrêtées lors des récentes manifestations est estimé à plus de 10 000, détaille l’ONG.
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères iranien repris par la télévision d’Etat.
« Nous confirmons la convocation d’ambassadeurs européens », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le ministère des affaires étrangères français.
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