La chaîne iranienne Press TV rapporte une « participation massive » à des rassemblements à travers le pays en faveur du régime, notamment dans les provinces d’Azerbaïdjan du nord-ouest du pays et dans la ville d’Arak. A Téhéran, une marche a rassemblé des « dizaines de milliers » de participants, selon la chaîne qatarie Al-Jazira.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié lundi la répression sanglante du gouvernement contre les manifestants de « guerre contre des terroristes », lors d’un rassemblement en soutien au pouvoir à Téhéran. L’Iran mène « une guerre sur quatre fronts », a-t-il ajouté, citant une guerre économique, psychologique, militaire contre les Etats-Unis et Israël, et « aujourd’hui une guerre contre des terroristes ».

« La grande nation iranienne n’a jamais permis à l’ennemi d’atteindre ses objectifs », a-t-il ajouté, sous les slogans « Mort à Israël ! Mort à l’Amérique ! » scandés en persan. Il a menacé d’infliger « une leçon inoubliable » au président américain, Donald Trump, en cas de nouvelle attaque.

« Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l’encontre des manifestants » par le pouvoir à Téhéran, a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE.

« Alors que la répression s’intensifie et que des innocents continuent de perdre la vie, nous suivons la situation de près », avait affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dimanche, sur X. « L’Europe soutient le peuple iranien dans son combat légitime pour la liberté », avait-elle ajouté.

Des vidéos, téléchargées sur les réseaux sociaux malgré la coupure d’Internet, montrent de très nombreux corps entassés dans le hangar du centre médico-légal et alignés dans la cour. Des témoignages recueillis par Le Monde corroborent ces images, qui laissent entrevoir l’extrême violence de la répression en cours dans les rues de la capitale iranienne.

Par Ghazal Golshiri, Madjid Zerrouky

Dans une réaction postée sur le réseau social X, le ministère des affaires étrangères canadien ajoute : « Le régime iranien doit mettre fin à sa répression et à ses intimidations horribles et respecter les droits humains de ses citoyens. Le Canada soutient le courageux peuple iranien. »

« Ce canal de communication entre notre ministre des affaires étrangères et l’émissaire spécial du président des Etats-Unis est ouvert », a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaeil Baghaei, dans une déclaration retransmise par la télévision d’Etat, semblant faire référence à l’émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.

« Des messages sont échangés chaque fois que c’est nécessaire », a-t-il dit, soulignant que les intérêts américains en Iran étaient représentés par l’ambassade de Suisse, en l’absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, rompues en 1980.

La chaîne iranienne Press TV rapporte une « participation massive » à des manifestations organisées à travers le pays pour soutenir le gouvernement iranien, notamment dans les provinces d’Azerbaïdjan du nord-ouest du pays et dans la ville d’Arak.

Une contre-manifestation a aussi été organisée dans la capitale, à Téhéran, rapporte la chaîne qatarie Al-Jazira, qui fait état de « dizaines de milliers » de participants. Les autorités iraniennes ont « recommandé aux gens de participer à la marche en tenant le Coran », précise l’agence de presse iranienne Fars.

L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est totalement préparé à la guerre », a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, lors de son discours face aux ambassadeurs étrangers à Téhéran, retransmis à la télévision d’Etat. « Nous sommes également prêts à négocier, mais ces négociations doivent être équitables, fondées sur l’égalité des droits et le respect mutuel », a-t-il ajouté.

« Nous nous opposons toujours aux ingérences dans les affaires intérieures des autres pays », a déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Mao Ning, interrogée lors d’un point presse régulier sur les propos du président américain, Donald Trump, parlant d’« options très fortes » étudiées par l’armée américaine en Iran.

« La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens pourront surmonter les difficultés actuelles et maintenir la stabilité du pays », a-t-elle dit en appelant « toutes les parties à œuvrer davantage en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».

Dans un post publié en persan sur X, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’est adressé au président américain, Donald Trump, dépeint dans un sarcophage en morceaux : « Que celui qui est assis là avec arrogance et fierté, jugeant le monde entier, sache que les tyrans et les arrogants de ce monde, comme le Pharaon, Nimrod, Reza Khan, Mohammad Reza et les autres, ont été renversés alors qu’ils étaient au sommet de leur orgueil, et lui aussi sera renversé. »

« J’appelle les dirigeants iraniens à protéger leur population au lieu de la menacer », a déclaré le chancelier allemand, qui a « fermement condamné » la répression des manifestations lors d’une conférence de presse à Ahmedabad, dans le nord de l’Inde. « Cette violence n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse. Elle doit cesser immédiatement », a-t-il ajouté.

Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a déclaré, lundi, que « la situation est désormais totalement sous contrôle » dans le pays, après une répression sanglante des manifestations. Celles-ci « ont tourné à la violence et au sang afin de fournir un prétexte » au président des Etats-Unis, Donald Trump, pour intervenir, a-t-il fait valoir face à des diplomates étrangers à Téhéran, cité par Al-Jazira.

Abbas Araghtchi affirme que le pouvoir a des vidéos de distribution d’armes aux manifestants et précise que vont être diffusées des confessions de manifestants arrêtés. Les autorités « suivent de près » les manifestations, qui ont été « exaltées et alimentées », selon lui, par des agents étrangers, ajoute-t-il, assurant que le pays va « traquer » les personnes responsables.

Toujours selon la chaîne qatarie, le ministre a ajouté que l’accès à Internet serait bientôt rétabli en Iran, et que le gouvernement coordonnait ses efforts avec les forces de sécurité pour y parvenir, et pour rétablir également la connexion dans les ambassades et les ministères.

L’ONG Iran Human Rights (IHR), sise en Norvège, a déclaré, dimanche soir, avoir confirmé la mort d’au moins 483 manifestants et huit mineurs, un bilan qui a plus que doublé en une journée en raison d’une « nouvelle vague de données et de documentation visuelle » qui lui est parvenue dans la journée, malgré le black-out qui entrave toujours la récolte et la vérification d’information.

Le nombre réel de victimes, dans les manifestations qui se sont tenues dans 585 lieux différents du pays, pourrait être beaucoup plus élevé, précise l’ONG, en dénonçant la « violente répression ». L’IHR a aussi estimé à plus de 10 600 les manifestants arrêtés.

L’IHR souligne notamment la diffusion de vidéos relatives à la conservation de corps à l’institut de médecine légale de Kahrizak et de Téhéran, qui ont « à la fois accru l’inquiétude du public quant au nombre de morts et considérablement renforcé la capacité des organisations de défense des droits humains à vérifier les cas de morts ».

Le gouvernement iranien ne communique pas sur le nombre de morts ni d’arrestations de manifestants.

Le « black-out national » quasi total imposé par Téhéran se poursuit désormais depuis plus de « quatre-vingt-quatre heures », rapporte l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks sur X. La diminution des services de communication « continue d’entraver la capacité du public à accéder aux informations et à communiquer avec ses proches », note-t-elle.

Les Iraniens sont en effet privés d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG. Les rares informations qui circulent sont donc radiophoniques ou diffusées par des moyens satellitaires.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré dimanche que le régime iranien était prêt à « négocier » après ses menaces d’opération militaire, alors que la République islamique est aux prises avec des manifestations massives contre le gouvernement.

« Les dirigeants iraniens ont appelé » samedi, a affirmé Donald Trump à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, ajoutant qu’« une rencontre est en cours de préparation ». Le président américain a prévenu cependant que les Etats-Unis pourraient « devoir agir avant une rencontre ».

Le président américain, Donald Trump, a déclaré dimanche que l’armée américaine étudiait des « options très fortes » concernant l’Iran, au moment où les craintes d’une répression meurtrière du mouvement de contestation dans le pays se renforcent.

« Nous examinons la question très sérieusement. L’armée examine la question, et nous étudions des options très fortes. Nous allons prendre une décision », a dit le président américain aux journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.

Dans un message posté sur le réseau social X dimanche soir, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, se réclamant d’« un mandat public » qu’il aurait reçu des manifestants iraniens, annonce une « nouvelle phase du soulèvement visant à renverser la République islamique et à récupérer notre Iran bien aimé ».

« A l’intérieur de l’Iran », Reza Pahlavi appelle ses compatriotes à considérer « toutes les institutions et tous les appareils chargés de la propagande du régime et de la coupure des communications (…) comme des cibles légitimes ».

Aux fonctionnaires du régime, aux membres de l’armée et aux forces de l’ordre, il offre une alternative : « Se ranger du côté du peuple et devenir les alliés de la nation, ou choisir la complicité avec les assassins du peuple et porter à jamais la honte et la condamnation de la nation. »

Reza Pahlavi appelle par ailleurs à ce que les ambassades iraniennes du monde entier soient rendues au peuple iranien. « Le moment est venu de les orner du drapeau national iranien, en remplacement de la bannière honteuse de la République islamique », dit-il, dans une allusion au drapeau qui était celui de l’Iran sous la monarchie.

« Nous ne nous rendrons pas », assure-t-il encore, alors que la répression se déchaîne en Iran contre les manifestants. « La liberté de l’Iran est proche », clame-t-il encore, affirmant : « Nous ne sommes pas seuls. Le soutien international arrivera bientôt. »

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