EN DIRECT, colère des agriculteurs : les dernières informations et réactions après les actions à Paris
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EN DIRECT, colère des agriculteurs : les dernières informations et réactions après les actions à Paris

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Jan 8, 2026

Selon le ministère de l’intérieur, 670 personnes ont manifesté en région parisienne, avec 109 tracteurs, jeudi. « Les agriculteurs ne croient plus dans la parole publique, ils veulent voir des résultats tangibles et concrets », a dit le président de la FNSEA, après une rencontre avec les présidents du Sénat et de l’Assemblée.

« Les conditions n’étaient plus tenables depuis déjà des semaines », a déclaré le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, à l’issue de sa rencontre avec Gérard Larcher, le président du Sénat, puis avec Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale. « Nous avons besoin d’annonces rapides », a-t-il ajouté.

« Les agriculteurs ne croient plus dans la parole publique, ils veulent voir des résultats tangibles et concrets », a-t-il insisté, disant avoir discuté avec Mme Braun-Pivet de son ambition de faire discuter un texte par les Parlementaires sur des « mesures très attendues », notamment sur la prédation, la question de l’eau, la transformation. Interrogé sur le calendrier potentiel d’une telle loi agricole, M. Rousseau a déclaré n’avoir pas reçu de réponse claire. « On ne peut pas attendre », a-t-il toutefois martelé, appelant à trouver un créneau « d’ici mars-avril ».

La colère qui s’exprime dans les blocages, à Paris mais aussi dans 40 départements à travers la France, « est parfaitement légitime et nécessite que les gens qui exercent le pouvoir apportent des réponses », a-t-il ajouté. M. Rousseau a dénoncé le manque de « vision » des agriculteurs, tant au niveau économique que sur les normes européennes en attendant le vote sur l’accord avec le Mercosur.

Alors que des manifestants sont reçus en ce moment par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, le ministère de l’intérieur a fait état, dans son dernier décompte, de la présence de 109 tracteurs en région parisienne, dont 46 à Paris et 63 bloqués en périphérie. Quelque 670 manifestants ont aussi été dénombrés par le ministère, qui doit s’exprimer au sujet de cette mobilisation lors d’une conférence de presse prévue à 18 heures.

Des agriculteurs ont levé jeudi à la mi-journée le blocage des accès à la ville de Rodez, organisé dans la matinée en réaction au placement en garde à vue du président de la Coordination rurale d’Occitanie (CR). Ce dernier, Eloi Nespoulous, est « sorti de garde à vue vers 12 heures sans poursuites judiciaires », a annoncé à l’Agence France-Presse Audrey Gaffard, l’une des responsables de la CR de l’Aveyron, qu’il préside également.

« On a levé les blocages, c’était le deal », a affirmé Mathieu Galliou, coprésident de la CR du département. Les services du département ont confirmé la « fin des déviations » et un retour à des « conditions de circulation normales ».

La Confédération paysanne de l’Aveyron avait également apporté son soutien aux agriculteurs de la CR placés en garde à vue, dénonçant « avec la plus grande fermeté ces méthodes de répression, qu’elle subit depuis des décennies et contre lesquelles elle s’est toujours élevée, quel que soit le syndicat visé ».

A Entrelacs, en Savoie, la Confédération paysanne de Savoie et de Haute-Savoie bloque un dépôt pétrolier depuis la fin de matinée, jeudi. Les manifestants sont quelques dizaines sur place et ont les mêmes revendications qu’au niveau national (fin de l’abattage total des troupeaux touchés par la DNC, non au traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, pour la souveraineté alimentaire). « On s’organise pour durer », prévient Manuel Arandel, un éleveur de Haute-Savoie.

Entrelacs est un lieu symbolique. C’est là que le premier cas de DNC a été découvert en France, le 29 juin 2025. La commune a été la plus touchée du département. Trente-deux foyers ont été découverts au total en Savoie, 44 en Haute-Savoie.

Fanny Hardy (Chambéry, correspondance)

Cela fait plusieurs jours que des agriculteurs bloquent la N7 en direction de Lyon, au sud de la ville. Jeudi après-midi, une trentaine de camions sont encore en train de bloquer la deux fois deux voies.

« On est organisés au campement pour pouvoir rester encore beaucoup de jours », a fait savoir un membre de la Coordination rurale du Rhône, au micro de BFM-TV, en assurant que les agriculteurs sont « plus que motivés » face aux réactions des forces de l’ordre et du gouvernement à Paris. Il insiste sur l’importance des revenus des agriculteurs.

« Des manifestations agricoles sont en cours sur [les autoroutes] A7, A9, A20 et A61 », rapporte Vinci Autoroutes dans un post sur X.

Annie Genevard, la ministre de l’agriculture, a rencontré des agriculteurs de la Coordination rurale (CR), jeudi, devant une entrée de l’Assemblée nationale. Un échange qui n’a pas satisfait le coprésident de la CR 47 (Lot-et-Garonne) José Perez : « Elle ne nous a pas dit grand-chose », a-t-il rapporté à BFM-TV.

« On est venus lui porter nos doléances. Ça fait deux ans qu’on dit que l’agriculture va mal, que ça ne va pas, qu’on leur apporte des solutions », a-t-il déclaré, déplorant une réponse « pas suffisante » et sans aucun « engagement ».

« Ça ne leur fait pas plaisir aux agriculteurs d’être là, ils sont là parce qu’ils sont en détresse », a-t-il ajouté, appelant à « laisser produire les agriculteurs dans notre pays ».

Dans la nuit de mercredi 7 au jeudi 8 janvier, des convois de la Coordination rurale (CR) des départements des Landes, Pyrénées Atlantique, Lot-et-Garonne et Gironde ont convergé vers Bassens, près de Bordeaux, pour bloquer le site de stockage pétrolier, malgré l’interdiction des convois de tracteurs mis en place par le préfet de Nouvelle-Aquitaine, Etienne Guyot. Plusieurs ronds-points du site sont fermés à la circulation, et des déviations on été mises en place.

Depuis tôt ce jeudi matin, plus aucun camion citerne ne sort du dépôt de Bassens, lequel assure une mission de prestataire de services logistiques pour le compte des différents distributeurs de produits pétroliers. Il gère la réception, le stockage et le chargement de carburants, biocarburants, additifs pour les stations services, les revendeurs et pour l’aviation, pour un volume qui correspond à 5 % du volume consommé en France.

Sur deux ronds-points stratégiques, des membres de la CR ont donc installé, ce jeudi matin, leur campement, prévu pour durer. « On est ici pour paralyser le trafic de carburant, ce qui, on l’espère, va impacter l’Etat au niveau financer et le faire réagir » annonce d’emblée Fabrice Lagueyt, co-président de la CR33, et éleveur de bovins à Saint-Laurent du Médoc (Gironde). Comme sur les autres points de blocage, les revendications portent sur le refus du protocole d’abattage mis en place pour endiguer la dermatose nodulaire, et le traité de libre échange entre l’Union européenne et le Mercosur, dont le vote par les Etats membres de l’UE est imminent.

« L’idée, c’est de rester » insiste M. Lagueyt. Des représentants de la Coordination rurale de la région doivent être reçus dans l’après-midi par le préfet Guyot. « On va discuter une énième fois autour d’une table » soupire Fabrice Lagueyt, arguant que ce mouvement agricole est « pacifique », mais qu’il est grand temps d’être entendu. D’autres blocages sont en cours d’organisation.

Des agriculteurs venus de l’Herault, du Gard, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales se mobilisent depuis ce matin au péage de Perpignan sud, sur l’A9. Dès 3 heures du matin, ils étaient une cinquantaine à se rassembler aux abords de celui-ci pour contrôler tous les camions qui sortaient de l’autoroute pour trouver des produits qui ne respecteraient pas les normes, rapporte Ici Roussillon.

Aux alentours de 7 h 15, la préfecture a décidé de fermer le péage en raison des embouteillages occasionnés, rapporte la chaîne locale, qui fait aussi état de tentatives entravées de bloquer l’autoroute à pied, et de « tensions avec les forces de l’ordre ». Un feu de palettes et de pneus a été déclenché sur la route.

Arnaud Rousseau, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a annoncé, lors d’une conférence de presse organisée jeudi, la date de la mobilisation prévue à Strasbourg. Ce sera le 20 janvier et cette manifestation, qui regroupera des agriculteurs européens, sera gérée par la Cogeca, dont la FNSEA fait partie. L’enjeu est de faire pression sur les eurodeputés si l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur est voté vendredi à Bruxelles.

Le syndicat a dit attendre du premier ministre un « signal très fort » vendredi à destination des agriculteurs en colère, appelant à des « mesures d’urgences » avant même le vote du budget. La FNSEA veut « interpeller les eurodéputés qui auront encore la possibilité de saisir la Cour de justice européenne pour repousser cet accord du Mercosur », a expliqué M. Rousseau.

Sur l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, « il faut que le vote français soit non, bien sûr. C’est la parole du gouvernement qui n’a pas changé depuis des semaines et depuis des mois », a déclaré le ministre des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, au micro de Sud Radio.

« Les conditions n’y sont pas », a-t-il tranché, tout en admettant que la France devra composer avec les conséquences d’être « isolée au niveau européen » sur ce sujet. « Il n’est pas question que nous importions dans notre pays des produits agricoles qui sont réalisés dans des conditions qui nous sont interdites à nous, à nos producteurs français ».

« Ce qui compte pour moi, c’est que la parole du gouvernement français soit entendue en Europe et que les agriculteurs, les éleveurs français sachent que le gouvernement les soutient et qu’il a confiance en eux », a-t-il poursuivi.

De son côté, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a précisé que la position française définitive serait donnée par le premier ministre et le président.

En marge d’une visite d’Etat à Shanghaï, en Chine, le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a confirmé que le gouvernement voterait contre l’accord commercial avec le Mercosur, estimant que les concessions faites pour apaiser les inquiétudes des agriculteurs irlandais étaient insuffisantes.

« Nous devons être sûrs que les normes ainsi fixées et les obligations imposées aux agriculteurs irlandais et européens ne seront pas compromises par des systèmes de production alimentaire moins efficaces en termes d’émissions de carbone et qui ne respectent pas les mêmes normes strictes », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant que « des progrès ont été réalisés en matière de garanties, tant au niveau du marché que de la question des pesticides », M. Martin estime ne pas être assuré que ces normes « ne seront pas contournées ».

De son côté, le vice-premier ministre, Simon Harris a clarifié : « La position du gouvernement sur le Mercosur a toujours été claire : nous ne soutenons pas l’accord tel qu’il nous a été présenté. »

« Ils sont en colère, c’est normal que cette colère s’exprime », a déclaré Mme Braun-Pivet une fois rentrée dans l’enceinte du Palais-Bourbon, estimant que sa venue à leur rencontre était « la moindre des choses ». La présidente de l’Assemblée a répété au micro de BFM-TV et de LCI qu’elle prévoyait de recevoir « l’ensemble des organisations syndicales » dans son bureau dans l’après-midi, pour des « échanges apaisés sur le fond ».

Mais elle a insisté sur la nécessité d’aller aussi les voir dans le rassemblement, de ne pas se « dérober » face à une colère « légitime » : « Nous devons être à l’écoute des citoyens, même si c’est tendu, même s’ils n’ont pas envie de parler mais d’exprimer leur colère, je suis là pour l’entendre. »

L’Assemblée nationale « a exprimé à plusieurs reprises son refus du Mercosur », a-t-elle rappelé. « Il faut continuer à mener le combat jusqu’au bout, c’est ce que nous allons faire. »

Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, est sortie du Palais-Bourbon pour aller à la rencontre des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) rassemblés devant l’institution. Un accueil hostile lui a été réservé, avec huées et sifflets. La présidente de l’Assemblée a aussi reçu un projectile.

« Vous savez que l’agriculture me préoccupe beaucoup », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer qu’elle rencontrerait les représentants syndicaux à 14 heures. Elle a ensuite été exfiltrée après un mouvement de foule.

Les agriculteurs, dénonçant une « provocation », ont scandé « Démission ! Démission ! » à l’unisson. Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, était à leurs côtés. Ils ont entonné La Marseillaise avant d’appeler à un Frexit.

La foule est de plus en plus compacte devant l’Assemblée, où se mêlent de nombreux policiers et des agriculteurs de la CR, reconnaissables à leurs bonnets jaunes. « On est chez nous », entend-on scander, alors qu’un panneau « Corrèze » a été disposé devant une statue. Derrière, une autre banderole est tendue sur un tracteur : « On ne crèvera pas en silence ».

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