« Reconstruire le pays n’est pas une mauvaise chose », a déclaré le président américain au magazine « The Atlantic », arguant que le Venezuela est « en faillite. Ce pays est une catastrophe dans tous les domaines », a-t-il dit.
L’Union européenne a exigé le respect de la volonté du peuple vénézuélien, au lendemain du renversement du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis, y voyant « le seul moyen de résoudre la crise », selon un communiqué.
Précisant s’exprimer au nom de 26 pays (soit tous les pays membres sauf la Hongrie), la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, « appelle tous les acteurs à faire preuve de calme et de retenue, afin d’éviter une escalade et de garantir une solution pacifique à la crise ». « Respecter la volonté du peuple vénézuélien reste le seul moyen pour le Venezuela de rétablir la démocratie et de résoudre la crise actuelle », est-il ajouté.
Les guérillas colombiennes qui opèrent à la frontière avec le Venezuela ont dit être prêtes à affronter « les plans impériaux » des Etats-Unis, selon des communiqués diffusés au lendemain de l’opération militaire américaine ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro.
La guérilla de l’ELN (Armée de libération nationale) a dit se joindre à « tous les patriotes, démocrates et révolutionnaires » pour « affronter les plans impériaux contre le Venezuela et les peuples du Sud », selon un communiqué envoyé via Telegram. Les dissidents des FARC (qui ont signé un accord de paix et de démobilisation en 2016), ont pour leur part averti qu’ils donneraient « jusqu’à la dernière goutte de sang en luttant contre l’empire » américain « si nécessaire ». « Tôt ou tard, l’empire yankee tombera », ont-ils écrit sur X.
Le président colombien Gustavo Petro a déployé 30 000 soldats pour renforcer les points de passage frontaliers avec le Venezuela et placé le pays en alerte face à de possibles attentats de ces groupes armés illégaux.
Donald Trump a déclaré que la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, « paiera cher, probablement plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut », dans une interview accordée au magazine The Atlantic.
« Reconstruire le pays n’est pas une mauvaise chose », a continué le président américain, joint par téléphone. Le Venezuela est « en faillite. Ce pays est une catastrophe dans tous les domaines », a-t-il dit.
Concernant la gestion politique future du pays d’Amérique latine, le président américain a assuré que « la reconstruction et le changement de régime » valaient « mieux que ce qu’il y a actuellement » au Venezuela. « Ça ne peut pas être pire », a-t-il dit. Plus tôt, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a affirmé que les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions », assurant que les Etats-Unis gardaient des moyens de pression sur le pays, notamment l’embargo pétrolier.
Hier, M. Trump avait déclaré que Mme Rodriguez était disposée à coopérer avec les Etats-Unis. Mais cette dernière avait répliqué peu après que le Venezuela était prêt à se « défendre ».
Comme son mari, l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale vénézuélienne Cilia Flores a été arrêtée puis enlevée par les forces américaines dans la nuit de vendredi à samedi.
Comme le rappelle le New York Times, Cilia Flores n’était pas mentionné dans le précédent acte d’accusation, datant de 2020. Dans le nouvel acte d’accusation, publiée hier par la procureure générale américaine Pam Bondi sur le réseau social X, elle est notamment accusée, en compagnie de son mari et plusieurs autres personnes, de s’être associée « avec des trafiquants et des groupes narcoterroristes, qui expédiaient de la cocaïne transformée du Venezuela vers les Etats-Unis ». Elle est également accusée d’avoir participé à une réunion où elle aurait « accepté des centaines de milliers de dollars en pots-de-vin pour organiser une rencontre entre un important trafiquant de drogue et le directeur de l’Office national antidrogue vénézuélien ».
Dans un message publié sur le réseau social X, Pam Bondi a promis que Nicolas Maduro et Cilia Flores « vont bientôt affronter toute la rigueur de la justice américaine sur le sol américain, devant les tribunaux américains ».
Si des images de l’arrivée de Nicolas Maduro sur le sol américain ont été diffusées par les autorités américaines, il ne semble pas que ce ne soit le cas pour Cilia Flores. Selon le New York Times, tous deux doivent comparaître pour la première fois devant un tribunal fédéral de Manhattan, demain.
Le ministre de la défense vénézuélien, le général Vladimir Padrino Lopez, entouré de militaires en armes, a appelé ses compatriotes à « reprendre leurs activités » et ne pas « céder à la peur », au lendemain de l’enlèvement de Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
« J’appelle le peuple du Venezuela à reprendre ses activités économiques, professionnelles et de toute nature, ainsi que ses activités éducatives dans les prochains jours, et la patrie à se remettre sur ses rails constitutionnels », a déclaré le ministre, exhortant la population « à la paix, à l’ordre, à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu’on veut nous imposer ».
L’armée vénézuélienne a reconnu la vice-présidente, Delcy Rodriguez, comme présidente par intérim du pays, a annoncé le ministre de la défense, le général Vladimir Padrino Lopez. Lisant un communiqué, le général a cité la décision de la Cour suprême ordonnant à Mme Rodriguez d’assumer le pouvoir pendant quatre-vingt-dix jours.
Réclamant la libération de M. Maduro, il a également dénoncé l’assassinat de « sang froid » d’une partie de son équipe de protection.
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a déclaré qu’il était « prématuré à ce stade » d’évoquer des élections au Venezuela, lors d’une interview accordée à la chaîne NBC, alors qu’il était interrogé sur le sujet.
« Des élections ? Ecoutez, c’est un pays qui a été gouverné par ce régime depuis quatorze, quinze ans. Les élections auraient dû avoir lieu il y a longtemps déjà. Elles ont déjà eu lieu, ils ont perdu et ont refusé de compter les votes, et tout le monde le sait. Donc tout ça c’est prématuré à ce stade. Mais il y a beaucoup de travail », a-t-il dit, ajoutant plus tard : « Nous attachons de l’importance aux élections et à la démocratie. Mais ce qui nous importe avant tout, c’est la sécurité, le bien-être et la prospérité des États-Unis. »
Interrogé sur ABC au sujet des critiques de l’opposition démocrate et de plusieurs experts juridiques quant à la légalité de l’opération américaine, car l’exécutif n’a pas cherché l’approbation du Congrès, seul habilité par la Constitution à déclarer une guerre à un autre pays, Marco Rubio a affirmé qu’une telle approbation « n’était pas nécessaire car ce n’était pas une invasion, nous n’avons pas occupé le pays ».
« C’était une opération d’arrestation », a assuré le secrétaire d’Etat américain. Selon lui, Nicolas Maduro a été « arrêté sur le terrain, au Venezuela, et ses droits lui ont été lus par des agents du FBI », a-t-il expliqué en référence aux droits Miranda. Le président vénézuélien a ensuite été « sorti du pays ». « Mais ce n’est pas un territoire amical », a-t-il poursuivi. « Pour l’arrêter, nous avons dû demander au département de la guerre d’intervenir, ce qu’il a fait (…). C’était une opération limitée et très ciblée », a assuré Marco Rubio.
Par ailleurs, Marco Rubio a répété qu’il aurait été impossible de prévenir les élus par peur des risques de fuite et en raison des conditions particulières de l’opération.
Des images satellites fournies par Vantor permettent de constater les dégâts commis durant l’attaque américaine sur le complexe militaire de Fuerte Tiuna. Il s’agit du plus grand complexe militaire du pays.
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a affirmé, dans un entretien sur la chaîne américaine ABC, que les Etats-Unis « gèrent la direction » dans laquelle va aller le Venezuela dans le futur, assurant qu’à cette fin les Américains ont « des moyens de pression qu’ils utilisent, prévoient d’utiliser et [ont] déjà utilisé ».
Interrogé sur la légalité de la gestion américaine du pays, Marco Rubio avait d’abord affirmé avoir « instauré un blocus sur leur pétrole. Cela signifie que leur économie ne pourra pas progresser tant que les conditions qui sont dans l’intérêt national des Etats-Unis et dans l’intérêt du peuple vénézuélien ne seront pas remplies ». « Vous pouvez voir où ils ont des capacités de stockage. Dans quelques semaines, ils devront arrêter leur production de pétrole, à moins qu’ils ne fassent des changements », a-t-il ensuite développé
« Les moyens de pression que nous avons nous permettent de saisir n’importe quel bateau qui entre au Venezuela pour récupérer du pétrole ou en sort chargé de pétrole et nous pouvons choisir après lesquels courir », a expliqué le secrétaire d’Etat américain. « Nous avons des ordonnances judiciaires pour chacun d’entre eux. Et cela se poursuivra tant que les personnes qui ont le contrôle du pouvoir dans ce pays font des changements qui ne vont pas uniquement dans le sens des Vénézuéliens, mais aussi des intérêts américains », affirme-t-il
« En tant qu’organisation régionale multilatérale dédiée à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’Etat de droit, le Conseil de l’Europe considère que tout recours à la force sur le territoire d’un autre Etat soulève de graves questions au regard du droit international, notamment des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence », écrit M. Berset dans un communiqué.
Après la capture du président vénézuélien par les forces américaines, il avertit du risque d’« aggravation de la polarisation au Venezuela, dans toute la région et à l’échelle mondiale, entre ceux qui condamnent une grave violation du droit international et ceux qui l’estiment justifiée. Ces fractures fragilisent les fondations de la sécurité internationale ».
« Qu’on parle de changement de régime ou d’influence étrangère, on applique trop souvent deux poids, deux mesures, dicté par des intérêts stratégiques ou une proximité idéologique plutôt que par des principes juridiques partagés et constants », écrit M. Berset. « Le droit international est universel, ou il est dénué de sens », insiste-t-il. « Un monde régi par des exceptions, un deux poids deux mesures ou des sphères d’influence concurrentes est un monde plus dangereux. »
Alors que le président américain Donald Trump a annoncé, hier, que les Etats-Unis avaient l’intention de « diriger » la transition au Venezuela, le secrétaire général du Conseil de l’Europe appelle à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ».
Au lendemain de l’attaque américaine visant à enlever le président Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores, les habitants de Catia La Mar, au Venezuela, ont constaté des dégâts sur leurs habitations, qu’ils attribuent à l’opération.
Comme à Madrid, plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté à la mi-journée devant le consulat des Etats-Unis à Amsterdam, la capitale des Pays-Bas, brandissant des pancartes « Yankees go home » (« les Américains, rentrez chez vous »), « Stop killing for oil » (« arrêtez de tuer pour du pétrole ») ou encore « Stop Trumps Fossil Army » (« Stop à l’armée des hydrocarbures de Trump »), a rapporté l’agence de presse Algemeen Nederlands Persbureau (ANP).
Ils répondaient à l’appel de plusieurs organisations des mouvances pacifiste et antifa, détaille l’Agence France-Presse (AFP).
Le président ukrainien a réagi à l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis, samedi, lors d’un point presse à Kiev. Ce point presse était organisé au terme d’une rencontre entre les conseillers à la sécurité de quinze pays, dont la France, l’Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l’UE et de l’OTAN, pour examiner les détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie.
Devant le parterre de journalistes réunis à Kiev, Volodymyr Zelensky a esquissé un rictus – comme on peut le voir sur cette vidéo – lorsqu’il a été questionné sur l’opération militaire américaine. « S’il est possible de traiter avec des dictateurs de cette façon, aussi facilement, alors les Etats-Unis d’Amérique savent ce qu’il faut faire ensuite », a-t-il lancé.
Sans le nommer, M. Zelensky visait Vladimir Poutine, son homologue russe, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre.
Pour saisir les répercussions pour l’Ukraine et la Russie de la capture du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis je vous conseille cette analyse de nos journalistes Claire Gatinois et Benjamin Quenelle.
Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l’embargo pétrolier.
« S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d’une interview à la chaîne CBS.
Plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés dimanche matin devant l’ambassade des Etats-Unis à Madrid pour dénoncer une « agression impérialiste », après l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro.
Les manifestants ont brandi de nombreuses pancartes montrant notamment Donald Trump avalant goulûment un bidon de pétrole aux couleurs du drapeau vénézuélien, une autre clamant « Trump agresseur », tandis que sur une banderole on pouvait lire « Non à l’agression impérialiste contre le Venezuela ».
Plusieurs drapeaux de la formation d’extrême gauche espagnole Podemos ou du Parti communiste espagnol étaient également visibles parmi les drapeaux vénézuéliens agités devant l’ambassade, en plein cœur de Madrid.
Le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, dont le pays a accueilli le candidat de l’opposition à la présidentielle vénézuélienne de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil, avait déjà condamné samedi « une intervention qui viole le droit international », jugeant que cette opération « [poussait] la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », et avait appelé à une transition « juste et dans le dialogue ».
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