Des milliers de personnes auraient également été blessées depuis le 28 décembre, selon l’ONG basée en Norvège, alors que la répression a pris une ampleur inédite et que l’accès à Internet est coupé depuis le 8 janvier.
Au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début de la contestation contre le pouvoir, a annoncé l’ONG Iran Human Righs (IHR), basée en Norvège, dans un nouveau bilan. Elle ajoute que des milliers de personnes auraient également été blessées.
« Ce chiffre est un minimum absolu », avertit IHR, qui indique avoir reçu « de nouveaux rapports et témoignages montrant davantage encore l’ampleur de la violence ». L’ONG ajoute qu’au moins 10 000 personnes ont été arrêtées.
La France affirme étudier la possibilité de recourir à du matériel de l’opérateur de satellites de communication européen Eutelsat pour aider les Iraniens à communiquer avec l’extérieur, alors que les autorités iraniennes ont coupé Internet dans le pays.
« Nous explorons toutes les options », a déclaré, mercredi, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, à l’Assemblée nationale, à une députée qui l’interrogeait sur la possibilité d’envoyer du matériel Eutelsat en Iran. « Cette piste va être effectivement explorée », a ensuite ajouté Pascal Confavreux, le porte-parole du ministère des affaires étrangères français. « Ce que nous demandaient nos autorités, c’est que nous puissions explorer cette piste », a-t-il ajouté. « Cela va prendre un petit peu de temps. En tout cas, c’est en cours », a-t-il assuré.
Eutelsat est souvent présenté comme le pendant européen à Starlink, de l’entreprise américaine SpaceX dirigée par Elon Musk. Les terminaux Starlink ont été utilisés par la population iranienne aux premiers jours du blocage d’Internet par les autorités, qui ont ensuite réussi à les brouiller à grande échelle.
Sur son site, l’ambassade américaine à Riyad a appelé son personnel à « redoubler de prudence » et à « limiter les déplacements non essentiels vers les installations militaires de la région ». « Nous recommandons aux citoyens américains présents dans le royaume de faire de même. La mission américaine en Arabie saoudite continue de suivre la situation régionale », détaille la publication.
« A l’heure actuelle, le personnel et les opérations de la mission américaine restent inchangés, et les services consulaires continuent de fonctionner normalement », précise l’ambassade alors que l’Iran a déclaré qu’il était capable de « riposter » en cas de frappes américaines, ce qui rappelle les bombardements inédits menés en juin par la République islamique contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar.
L’Iran est capable de « riposter » à d’éventuelles frappes américaines, a averti mercredi un conseiller du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, rappelant les frappes inédites menées en juin par la République islamique contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar.
Donald Trump devrait se souvenir de cette attaque, qui a prouvé « la volonté et la capacité de l’Iran à riposter à toute attaque », a écrit Ali Shamkhani sur son compte X, en réponse aux menaces d’intervention de Washington face à la répression de la contestation en Iran.
Sur X, le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a rapporté s’être entretenu avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, et lui avoir demandé de soutenir la qualification des gardiens de la révolution islamique en Iran comme « organisation terroriste » au sein de l’Union européenne.
« Depuis des décennies, le CGRI – corps des gardiens de la révolution – œuvre à la propagation de la terreur et de l’instabilité au Moyen-Orient et au-delà. Aujourd’hui, il est à la tête d’une répression meurtrière contre le peuple iranien, qui se bat pour sa liberté. L’inscription du CGRI sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne constituerait à la fois une mesure morale et efficace, et adresserait un message clair au peuple iranien : nous entendons votre voix. Vous n’êtes pas seul », a écrit sur X le ministre.
Un peu plus tôt, des sources diplomatiques ainsi qu’un responsable américain avaient annoncé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) et de l’Associated Press (AP) qu’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar avait reçu l’ordre de partir, après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat.
Une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar a reçu l’ordre de partir, ont déclaré mercredi deux sources diplomatiques à l’Agence France-Presse (AFP), après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat.
Cette information a aussi été confirmée à l’Associated Press (AP) par un responsable américain. Il n’a pas fourni davantage de détails, notamment si l’évacuation était facultative ou obligatoire, si elle concernait des militaires ou du personnel civil, ni le nombre de personnes concernées, invoquant des impératifs de sécurité opérationnelle.
« Il faut cesser de tuer des manifestants pacifiques », a dénoncé Volker Türk, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, dans un communiqué diffusé mardi. « Il est inacceptable de qualifier les manifestants de terroristes pour justifier la violence à leur égard. » Rappelant que les Iraniens ont le droit de manifester pacifiquement, il a insisté sur le fait que « leurs griefs d[evaient] être entendus et pris en compte, et ne d[evaient] être instrumentalisés par personne ».
Selon Volker Türk, plusieurs hôpitaux seraient désormais débordés par l’afflux de victimes, parmi lesquelles figureraient des enfants. Des membres des forces de sécurité auraient également été tués, détaille la publication de l’ONU.
La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran a critiqué la menace de recourir à la peine de mort en réponse aux manifestations meurtrières, affirmant qu’elle viole le droit international, selon des propos rapportés par Al-Jazira.
Mai Sato a déclaré que même si les exécutions ne sont pas immédiatement effectuées, l’intention affichée d’imposer la peine de mort est « illégale » et témoigne d’un « mépris pour la liberté de réunion et d’expression ». « La peine de mort n’est pas la réponse d’un pays où la liberté de réunion et d’expression est respectée », a-t-elle déclaré.
Ces commentaires font suite à une déclaration du chef du pouvoir judiciaire qui a promis des procès « rapides » pour les suspects arrêtés pendant les manifestations. Les groupes de défense de droits humains parlent de milliers d’arrestations depuis le début du mouvement, le 28 décembre, et craignent un large usage de la peine de mort. Selon la diplomatie américaine, une première exécution est prévue dès mercredi.
Le ministère des affaires étrangères suédois a dit avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran à Stockolm afin « de protester fermement contre les violences meurtrières généralisées perpétrées contre les manifestants pacifiques et les détentions arbitraires à grande échelle en Iran », peut-on lire dans le communiqué de presse.
Cette convocation « soulignait que le droit à la liberté d’expression et de réunion, ainsi que le droit de réunion pacifique, devaient être respectés par l’Iran », ajoute le ministère.
Venezuela, Groenland, Iran… Derrière la rhétorique martiale de Trump, Washington dessine une approche faite de frappes ajustées et d’opérations simultanées, au risque de dépasser ses capacités militaires.
Par Chloé Hoorman, Elise Vincent
« Nous avons besoin de continuer à travailler avec l’Iran pour mettre en œuvre les accords bilatéraux », a affirmé le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à Moscou. « Un pays tiers ne peut pas changer la nature des relations entre la Russie et l’Iran », a-t-il assuré, alors que les Etats-Unis ont menacé d’intervenir militairement en Iran.
« La Russie condamne fermement l’ingérence destructrice étrangère dans les processus politiques internes de l’Iran », a par ailleurs affirmé une porte-parole du ministère, estimant que des « forces étrangères hostiles tentent d’exploiter les tensions générales pour déstabiliser et affaiblir le gouvernement iranien ».
« Je tiens tout d’abord à condamner avec la plus grande fermeté la répression révoltante et le meurtre des manifestants en Iran », a déclaré le premier ministre britannique, Keir Starmer, en ouverture de la séance de questions au gouvernement.
« Le contraste entre le courage du peuple iranien et la brutalité de son régime désespéré n’a jamais été aussi flagrant », a-t-il ajouté, assurant avoir dénoncé cette brutalité directement aux Iraniens. « Nous travaillons avec nos alliés à l’élaboration de nouvelles sanctions et nous faisons tout notre possible pour protéger les ressortissants britanniques », a-t-il par ailleurs annoncé.
Tirs à bout portant dans les manifestations, hangars jonchés de cadavres, forces de l’ordre omniprésentes : plusieurs témoignages recueillis par Le Monde attestent de la violence sans précédent employée par les autorités pour mater les manifestations.
Kiarash n’a pu dormir que quelques heures depuis le samedi 10 janvier. Dans sa tête, résonne toujours le bruit sourd des trois corps qui se sont écroulés autour de lui lors d’une manifestation à Téhéran. « J’étais sur la place Kadj [nord-ouest]. On scandait : “Mort à [Ali] Khamenei.” J’ai vu passer une femme en tchador. Puis j’ai entendu : “Toc. Toc.” Un homme est tombé par terre à côté de moi. La femme en tchador a avancé. J’ai vu son pistolet avec un silencieux. Toc. Toc. Une balle dans la tête. Une balle dans les jambes. Un deuxième corps est tombé, puis un troisième. J’ai crié : “Rattrapez-la ! Elle tire sur les gens !” Je ne sais pas si c’était vraiment une femme ou un homme déguisé sous le tchador. Elle est partie en courant, et je l’ai perdue de vue dans la foule. »
Un rassemblement massif est en cours mercredi à Téhéran pour les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres « martyrs » tués lors des manifestations contre le pouvoir en Iran, selon la télévision d’Etat. Sur les images diffusées, on voit des milliers de personnes agitant des drapeaux de la République islamique, ainsi que des photos de l’ayatollah Khamenei. La cérémonie a débuté avec la lecture de prières pour les morts devant l’université de la capitale.
Les cercueils, recouverts de drapeaux iraniens, sont empilés sur au moins trois rangées à l’arrière de camions et recouverts de roses rouges et blanches et de photos encadrées des personnes tuées.
Les cours du pétrole montent, mercredi, le marché continuant d’être soutenu par les menaces de Donald Trump contre le régime de Téhéran secoué par un important mouvement de contestation, ce qui fait craindre une rupture d’approvisionnement.
Vers 11 h 35, heure de Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, prenait 0,92 %, à 66,07 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, gagnait 0,93 %, à 61,72 dollars.
Le président américain a promis son aide aux manifestants, mais Washington hésite non seulement sur les moyens mais sur l’objectif même d’une intervention : décapiter le régime de Téhéran, annihiler son appareil répressif ou le contraindre à une reddition sur le dossier nucléaire ?
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