Cela concerne des « personnes vénézuéliennes et étrangères », selon Jorge Rodriguez, qui n’est pas entré dans le détail au sujet de l’identité des prisonniers. La célèbre avocate et militante vénézuélienne Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a été relâchée, tout comme cinq prisonniers espagnols.
La célèbre avocate et militante vénézuélienne Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a été relâchée, jeudi, dans le cadre du mouvement de libération de prisonniers politiques annoncée par les autorités vénézuéliennes, et elle « va bien », a affirmé son avocate à l’Agence France-Presse (AFP). Elle était accusée de « trahison », de « terrorisme » et de « conspiration ».
Les autorités vénézuéliennes accusaient Mme San Miguel, experte militaire et directrice de l’ONG Control Ciudadano, d’être impliquée dans un prétendu complot visant à assassiner le président Nicolas Maduro. Des accusations que sa défense avait toujours niées en bloc. Son arrestation s’était produite cinq mois avant l’élection présidentielle de juillet 2024, à l’issue de laquelle Nicolas Maduro avait été déclaré vainqueur, au grand dam de l’opposition, qui avait crié à la fraude. Quelque 2 400 personnes avaient été arrêtées et 28 tuées lors de la répression des troubles post-électoraux.
Le vice-président des Etats-Unis a « conseillé » jeudi aux dirigeants européens « de prendre au sérieux le président des Etats-Unis » à propos du Groenland, que Donald Trump veut acquérir.
« Mon conseil aux dirigeants européens et à n’importe qui d’autre serait de prendre au sérieux le président des Etats-Unis », a-t-il déclaré pendant une conférence de presse à la Maison Blanche, en ajoutant : « Ce que nous demandons à nos amis européens, c’est de prendre plus au sérieux la sécurité de ce territoire, parce que s’ils ne le font pas, les Etats-Unis devront faire quelque chose. »
Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi la libération de cinq Espagnols, après que le président du Parlement vénézuélien a fait état de la libération d’un nombre important de prisonniers politiques.
« Le gouvernement espagnol se félicite de la libération aujourd’hui à Caracas de cinq Espagnols, dont un binational, qui s’apprêtent à rentrer en Espagne avec l’aide de notre ambassade à Caracas », a déclaré le ministère des affaires étrangères espagnol dans un communiqué, où il ajoute qu’il s’agit d’une « étape positive dans la nouvelle phase dans laquelle entre le Venezuela ».
La présidence colombienne a fait savoir dans un communiqué que Gustavo Petro recevrait la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, « afin de contribuer à une issue à la crise politique au Venezuela », sans préciser de date de rencontre.
Le président colombien avait assuré, mercredi, qu’il s’était entretenu avec Mme Rodriguez, proposant un dialogue « mondial » pour la stabilisation du Venezuela post-Maduro.
La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de plus de 2 200 kilomètres le long de laquelle différents groupes armés se disputent les revenus du narcotrafic, de l’exploitation minière illégale et de la contrebande. M. Petro a tenté, sans succès, après son arrivée au pouvoir en 2022, de négocier la paix avec ces différents groupes armés, dont l’ELN avec laquelle les pourparlers sont suspendus depuis 2024.
Ces cinq sénateurs « ne devraient plus jamais être élus », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, en ajoutant : « Ce vote entrave grandement la défense et la sécurité nationale américaines », en jugeant que le texte examiné par la Chambre haute du Parlement américain était « inconstitutionnel ».
Des sénateurs républicains se sont joints jeudi à leurs collègues démocrates pour faire avancer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela ; un camouflet pour le président américain quelques jours après la capture de Nicolas Maduro.
La motion de procédure est passée avec 52 voix pour – dont 5 sénateurs républicains – et 47 contre, et le texte lui-même doit désormais être soumis au vote au Sénat la semaine prochaine. En cas d’adoption, il se dirigera vers la Chambre des représentants, où son sort est plus incertain.
Même en cas d’adoption par les deux chambres du Congrès, Donald Trump pourrait mettre un veto probablement insurmontable au texte, dont la portée reste donc largement symbolique. La résolution a pour but d’« ordonner le retrait des forces armées des Etats-Unis des hostilités à l’intérieur du – ou contre le – Venezuela qui n’ont pas été autorisées par le Congrès ».
Donald Trump ne serait ainsi pas autorisé à lancer de nouvelles opérations militaires contre le Venezuela sans un vote préalable des parlementaires.
« Afin de favoriser la coexistence pacifique, le gouvernement bolivarien et les institutions de l’Etat ont décidé de libérer un nombre important de personnes vénézuéliennes et étrangères », a déclaré Jorge Rodriguez. « Ces processus de libération sont en cours », a-t-il précisé lors d’une déclaration à la presse faite à l’Assemblée nationale, sans entrer dans le détail.
C’est la première libération de prisonniers depuis l’opération, le 3 janvier, de l’armée américaine qui a emmené de force le président Nicolas Maduro pour le traduire en justice aux Etats-Unis, et la nomination de Delcy Rodriguez comme présidente par intérim.
L’ONG Foro penal (« forum pénal »), qui estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la « bonne nouvelle ». « Nous savons que des personnes sont en train de retrouver la liberté, dont des étrangers », écrit sur X l’avocat de l’ONG, Alfredo Romero, qui cherche à déterminer qui figure parmi les personnes relâchées.
Plusieurs opposants avaient encore été arrêtés au Venezuela fin 2025. En septembre, un groupe d’experts de l’ONU avait dénoncé un durcissement de la persécution pour motifs politiques au Venezuela.
Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2 400 personnes. Plus de 2 000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels. Fin décembre, au moins 99 autres personnes avaient été libérées, puis 87 autres pour le Nouvel An.
Le vice-président américain, J. D. Vance, a confirmé la vision de Washington avec la plus grande clarté, en déclarant mercredi soir sur Fox News : « La manière dont nous contrôlons le Venezuela, c’est en contrôlant les cordons de la bourse, en contrôlant les ressources énergétiques, et nous disons au régime : “Vous pouvez vendre le pétrole à condition que vous serviez les intérêts de sécurité nationale américains”. »
« Voilà comment nous exerçons une pression incroyable sur le pays sans perdre une seule vie américaine, sans mettre en danger un seul citoyen américain », s’est-il félicité, en faisant référence à l’absence de déploiement militaire des Etats-Unis dans le pays.
Le président colombien, Gustavo Petro, et son homologue américain, Donald Trump, « se sont engagés à mener des actions conjointes » contre la guérilla ELN, qui agit à la frontière avec le Venezuela, a affirmé jeudi le ministre de l’intérieur colombien, Armando Benedetti.
MM. Petro et Trump ont eu mercredi soir un entretien téléphonique, le premier entre les deux dirigeants depuis le retour du Républicain à la Maison Blanche en janvier 2025. Lors de cet entretien, le dirigeant colombien, de gauche, a accepté une invitation de Donald Trump à se rendre à Washington et lui a demandé « d’aider à frapper durement l’ELN à la frontière » avec le Venezuela, a assuré M. Benedetti dans un entretien à Blu Radio.
Cette guérilla d’extrême gauche apparue en 1964 sous l’inspiration du révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara compte quelque 5 800 membres qui agissent dans plus de 20 % des plus de 1 100 municipalités de Colombie, selon le centre d’études InSight Crime. C’est la plus grande organisation rebelle d’Amérique.
Le 13 décembre, l’ELN, qui contrôle des régions de production de cocaïne, a décrété trois jours de confinement de la population de ces zones, en invoquant des « menaces d’intervention impérialistes » de Donald Trump. Le président américain a annoncé que des pays producteurs de cocaïne en Amérique latine étaient « susceptibles d’être attaqués », en mentionnant la Colombie, qui « fabrique de la cocaïne » et « la vend [aux Etats-Unis] ».
En novembre 2019, le président Emmanuel Macron avait horrifié la communauté occidentale en déclarant l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) « en état de mort cérébrale », dans un entretien à The Economist, à la veille d’un sommet de l’Alliance atlantique. Toucher à un tel monument, pilier depuis soixante-dix ans du lien transatlantique, lui-même pilier de l’ordre international, relevait quasiment du sacrilège. La chancelière Angela Merkel marqua froidement sa désapprobation, comme elle savait le faire. Le président Donald Trump qualifia ces propos d’« insultants » et de « très dangereux » pour la France, car « personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France ».
L’Alliance des Etats du Sahel (AES), qui réunit les juntes du Burkina Faso, du Mali et du Niger, a condamné « fermement » un « acte d’agression » des Etats-Unis au Venezuela, avec lequel elle entretient d’excellentes relations diplomatiques. Les trois pays de la confédération de l’AES sont dirigés par des juntes militaires issues de coups d’Etat commis entre 2020 et 2023. Elles défendent une politique souverainiste et anti-impérialiste.
L’AES « condamne fermement cet acte grave et contraire au droit international, notamment aux principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations unies », a-t-elle réagi dans un communiqué signé par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte burkinabé et président en exercice de la confédération.
« L’AES rappelle que l’emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre Etat est une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un Etat souverain et constitue un acte d’agression », a ajouté jeudi l’alliance, exprimant « sa solidarité au peuple vénézuélien dont la souveraineté a été bafouée ».
Les trois pays ont interpellé le Conseil de sécurité des nations unies « afin qu’il assume pleinement sa mission (…) en condamnant clairement l’action militaire américaine et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale ».
Les cours de l’or noir progressent jeudi, portés par le risque géopolitique et une application plus offensive des sanctions américaines. Vers 11 h 50, à Paris, le prix du baril de brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, prenait 1,12 % à 60,63 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas intermediate, pour livraison en février, gagnait 1,18 % à 56,65 dollars.
Mercredi, les Etats-Unis ont saisi deux pétroliers, le Bella-1, rebaptisé Marinera, sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l’Iran, et le Sophia, était, selon Washington, « sans pavillon et sous sanctions ».
En parallèle, le ministre de l’énergie américain, Chris Wright, a affirmé mercredi que Washington contrôlerait « pour une période indéterminée » la commercialisation du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays. « Seul l’avenir nous dira » combien de temps Washington entend garder la tutelle sur Caracas, a estimé le Donald Trump dans un entretien publié jeudi par le New York Times.
Une exploitation pétrolière accrue au Venezuela ferait chuter les cours, mais toute hausse significative de la production pourrait prendre plusieurs années selon les experts, car les investissements requis pour produire davantage sont massifs dans ce pays d’Amérique du Sud.
Merci pour votre message. Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants et le Sénat sont censés donner leur aval en cas de conflit à l’étranger. Or, ils n’ont été ni consultés ni même informés avant l’opération menée samedi pour enlever le président vénézuélien, Nicolas Maduro.
Signe de l’affaiblissement de l’institution parlementaire, John Thune et Mike Johnson, les deux leaders républicains au Sénat et à la Chambre des représentants, ont salué à l’unisson la décision de Donald Trump, sans un mot pour le piétinement de leurs prérogatives.
C’est donc logiquement de l’opposition démocrate que se sont élevées les principales critiques, et encore se sont-elles exprimées le plus souvent avec prudence, comme s’il fallait peser chaque mot et ne surtout pas donner l’impression de s’associer au régime de Caracas : aux Etats-Unis, le chavisme de Nicolas Maduro, qui s’est maintenu au pouvoir malgré une victoire contestée, fait office de repoussoir pour l’ensemble du personnel politique.
L’administration Trump argue qu’il s’agissait d’arrêter un trafiquant de drogue – Nicolas Maduro a été inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour « conspiration narcoterroriste » – et non pas du déclenchement d’un conflit international. Mais, dans le même temps, Donald Trump a fait part de son intention de « diriger le Venezuela », sans que l’on sache si cela nécessiterait d’envoyer des troupes au sol, ce qui reposerait la question – à tout le moins – de la consultation du Congrès.
Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire l’article ci-dessous.
Les Etats-Unis « se détournent progressivement » de certains alliés et « s’affranchissent des règles internationales », a déploré jeudi Emmanuel Macron dans son discours annuel devant les ambassadeurs français, évoquant aussi « une agressivité néocoloniale » de plus en plus en vigueur dans les relations diplomatiques.
« Les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien. Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde », a dit le président français.
Emmanuel Macron a aussi dit refuser « le nouveau colonialisme » de grandes puissances tout comme le « défaitisme » ambiant face aux dernières évolutions dans le monde. « Nous, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme », a-t-il lancé.
« Ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens. Plus d’autonomie stratégique, moins de dépendance à l’égard des Etats-Unis comme de la Chine », a-t-il insisté.
La diplomatie russe a accusé jeudi les Etats-Unis d’attiser des « tensions militaires et politiques » après la saisie d’un pétrolier lié à Moscou dans l’Atlantique Nord, dans le cadre du blocus de Washington visant l’exportation du pétrole vénézuélien.
« Le fait que Washington soit disposé à susciter de graves crises internationales est regrettable et alarmant », a déclaré le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué, dénonçant les agissements « dangereux et irresponsables » des Etats-Unis et la complicité de Londres dans la saisie de ce navire.
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