Les Etats-Unis n’ont « pas peur » d’envoyer des troupes au sol au Venezuela, a assuré le président américain, lors de la conférence de presse samedi soir. Emmanuel Macron a dit souhaiter qu’Edmundo Gonzalez Urrutia, opposant de Nicolas Maduro, assure la transition.
Interrogé par le New York Times, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, « a déclaré qu’il réservait son jugement sur les propos de Delcy Rodriguez, dans lesquels elle niait avoir l’intention de travailler avec les États-Unis ».
La vice-présidente vénézuélienne a notamment exigé, lors d’une conférence de presse, la libération de Nicolas Maduro, qu’elle a qualifié d’« unique président du Venezuela », avant d’assurer que son pays « ne sera la colonie de personne ». Donald Trump avait pourtant affirmé, lors de sa conférence de presse, que Mme Rodriguez avait dit au secrétaire d’Etat américain être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l’éviction de Nicolas Maduro.
« Nous prendrons des décisions en fonction de leurs actions et de leurs actes dans les jours et les semaines à venir », a déclaré le secrétaire d’Etat américain au New York Times, en parlant des responsables du gouvernement intérimaire vénézuélien. « Nous pensons qu’ils auront des occasions uniques et historiques de rendre un grand service au pays, et nous espérons qu’ils les saisiront. »
Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi matin pour discuter de l’opération américaine de capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, a fait savoir la présidence somalienne du Conseil à l’Agence France-Presse (AFP)
La réunion d’urgence, qui est prévue à 10 heures (16 heures à Paris) a été demandée par le Venezuela, requête relayée par la Colombie qui vient d’entrer au Conseil de sécurité, ont précisé des sources diplomatiques.
Le sénateur Jack Reed, membre de la commission sénatoriale sur les forces armées, s’en est pris, sur le réseau social X, à Donald Trump qui « est parti en guerre contre une nation étrangère, sans autorisation ou notification et sans explication auprès du peuple américain » et affirme que le président américain devra « en subir les conséquences ».
Le leader des Démocrates au Sénat, Chuck Schumer, est allé dans le même sens et a rappelé, lui aussi sur X, que « lancer une action militaire sans autorisation du Congrès et sans plan crédible pour la suite est téméraire ». De son côté, le chef des Démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, regrette, lui aussi, que le Congrès n’ait pas été informé et exige que « la Chambre et le Sénat soient briefés immédiatement et que des preuves convaincantes pour expliquer et justifier ce recours non autorisé à la force militaire soient présentées immédiatement ».
Comme l’expliquait notre correspondant à New York, Nicolas Chapuis, un peu plus tôt, aux Etats-Unis, le pouvoir de déclarer une guerre revient au Congrès. Le président dispose tout de même du pouvoir d’ordonner des opérations militaires à l’étranger, si celles-ci sont rapides, urgentes et limitées. En cas d’envoi de troupes, il doit informer le Congrès dans les quarante-huit heures, et il ne peut ordonner une opération au-delà de soixante jours sans l’accord des élus.
« Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse », a dénoncé le chef de file des « insoumis », sur X. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a déclaré que les Etats-Unis « renou[ai]ent avec les coups d’Etat et la guerre ».
Le premier secrétaire du Parti socialiste, a, quant à lui, affirmé sur X : « Quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné. » Jugeant que « la force ne peut remplacer le droit », il s’est inquiété d’« un feu vert donné à tous les autocrates du monde ».
« Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort », s’est inquiété l’eurodéputé social-démocrate.
Silencieux jusqu’en début de soirée, le chef de l’Etat a écrit sur X que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir » lui qui « a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple ». Il appelle à une « transition à venir pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le président Edmundo Gonzalez Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition », sans évoquer l’opération américaine. Plus tôt, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, avait affirmé que l’opération américaine « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international » et qu’« aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur ».
L’ancien premier ministre a fait savoir que l’attaque américaine « confirm[ait] que l’usage décomplexé, unilatéral de la force devient dangereusement le mode privilégié d’action internationale, y compris de la part de démocraties alliées ».
La cheffe du Rassemblement National a jugé qu’il y avait « mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro : communiste, oligarchique et autoritaire », mais que « la souveraineté des Etats n’[était] jamais négociable ». « Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel Etat, reviendrait à accepter demain notre propre servitude », a-t-elle ajouté, appelant à « rendre la parole » aux Vénézuéliens.
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré que le Royaume-Uni « a toujours soutenu une transition du pouvoir au Venezuela », a toujours « considéré Maduro comme un président illégitime et nous ne verserons pas une larme sur la fin de son régime ».
M. Starmer déclaré également, dans ce message publié sur X, avoir « réaffirmé ce matin [son] soutien au droit international » et assure que « le gouvernement britannique discutera de l’évolution de la situation avec ses homologues américains dans les prochains jours, afin de parvenir à une transition sûre et pacifique vers un gouvernement légitime qui reflète la volonté du peuple vénézuélien ».
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a réclamé lors d’une conférence de presse la libération de Nicolas Maduro, qu’elle a qualifié d’« unique président du Venezuela ».
Selon le quotidien espagnol El Pais, la vice-présidentielle vénézuélienne a assuré que son pays « ne sera la colonie de personne » et que l’opération militaire américaine « est une barbarie qui viole le droit international ». « Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national », a déclaré Mme Rodriguez, à la tête d’un Conseil de défense.
Ces déclarations semblent aller à l’encontre des propos tenus par les dirigeants américains. Donald Trump a ainsi affirmé que Mme Rodriguez avait dit au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis après l’éviction de Nicolas Maduro. « Marco vient d’avoir une conversation avec elle, et elle est prête à faire ce que nous estimons nécessaire pour que cela marche », avait déclaré le président américain lors de sa conférence de presse.
Nicolas Maduro a « joué un rôle problématique dans la région », notamment en « impliquant le Venezuela dans le trafic de drogue », a jugé Friedrich Merz, le chancelier allemand, rappelant que l’Allemagne n’a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, « truquées ».
L’agence européenne de sécurité aérienne (AESA) recommande aux compagnies aériennes d’éviter de survoler le Venezuela après les frappes américaines, estimant que la possible activation des systèmes de défense aérienne engendre « un risque élevé pour les vols civils ».
« Compte tenu des frappes américaines et du niveau globalement élevé de tensions, le Venezuela est susceptible de maintenir des niveaux d’alerte renforcés pour ses forces aériennes et ses unités de défense aérienne (…), notamment au regard de la possibilité d’actions militaires ponctuelles supplémentaires. Par conséquent, le risque d’erreur de calcul et/ou de mauvaise identification est évalué comme élevé », détaille le bulletin de l’AESA.
Le régulateur américain de l’aviation (FAA) a lui « interdit » aux compagnies aériennes immatriculées aux Etats-Unis d’opérer dans l’ensemble de l’espace aérien des Caraïbes, « en raison des risques sécuritaires (…) liés à l’activité militaire en cours ».
L’Espagne « ne reconnaîtra pas (…) une intervention qui viole le droit international », comme elle n’avait pas reconnu le régime de Nicolas Maduro, a déclaré le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, sur le réseau social X, après l’opération américaine au Venezuela.
Cette intervention américaine « pousse la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », a ajouté le dirigeant espagnol, appelant à une transition « juste et dans le dialogue ». Le ministère des affaires étrangères espagnol avait proposé, ce matin, de faire office de médiateur dans la crise pour « parvenir à une solution pacifique » dans la crise.
Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré, sur le réseau social X : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir. » Pour le chef de l’Etat, « en confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolas Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple ».
Désormais, « la transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », poursuit Emmanuel Macron, qui annonce souhaiter que « le président Edmundo Gonzalez Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition ».
Le président français assure, par ailleurs, que « la France est pleinement mobilisée et vigilante, notamment pour assurer la sécurité de ses ressortissants en ces heures d’incertitude ».
Israël a « salué » l’opération des Etats-Unis au Venezuela, « menée par le président (américain Donald) Trump, qui a agi en tant que leader du monde libre », écrit son ministre des affaires étrangères, dans un message sur le réseau social X.
« En ce moment historique, Israël se tient aux côtés du peuple vénézuélien épris de liberté, qui a souffert sous la tyrannie illégale de Maduro. Israël se félicite de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue », ajoute Gideon Saar.
Ce message s’affichera sur l’autre appareil.
Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.
Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).
Comment ne plus voir ce message ?
En cliquant sur « » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Vous ignorez qui est l’autre personne ? Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?
Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.
Si vous utilisez ce compte à plusieurs, créez un compte pour votre proche (inclus dans votre abonnement). Puis connectez-vous chacun avec vos identifiants. Sinon, cliquez sur « » et assurez-vous que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Vous ignorez qui d’autre utilise ces identifiants ?
Si vous êtes bénéficiaire de l’abonnement, connectez-vous avec vos identifiants. Si vous êtes 3 ou plus à utiliser l’abonnement, passez à l’offre Famille. Sinon, cliquez sur « » et assurez-vous que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Vous ignorez qui d’autre utilise ce compte ?
Si vous utilisez ce compte à plusieurs, passez à une offre multicomptes pour faire profiter vos proches de votre abonnement avec leur propre compte. Sinon, cliquez sur « » et assurez-vous que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.
Editorial Context & Insight
Original analysis & verification
Methodology
This article includes original analysis and synthesis from our editorial team, cross-referenced with primary sources to ensure depth and accuracy.





