EN DIRECT, enlèvement de Maduro au Venezuela : le président vénézuélien comparaîtra lundi devant un juge de New York

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EN DIRECT, enlèvement de Maduro au Venezuela : le président vénézuélien comparaîtra lundi devant un juge de New York
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Why it matters

Maduro et sa femme, Cilia Flores, feront leur apparition bientôt devant le tribunal fédéral de Manhattan », rappelait le New York Times, hier.

Key takeaways

  • »Sur NBC, relève The New York Times, le secrétaire d’Etat américain a déclaré : « Ce n’est pas diriger, c’est diriger la politique, en fonction de cela.
  • »Hier, Donald Trump avait pourtant affirmé que les Etats-Unis comptaient « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse ».
  • Interrogé sur qui dirigerait le pays exactement, il s’était retourné vers Marco Rubio et Pete Hegseth, le secrétaire à la guerre.

Inculpé par la justice américaine notamment pour « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux Etats-Unis, le chef d’Etat capturé lors d’une opération de l’armée américaine sera présenté devant le tribunal fédéral du Southern District, à Manhattan.

Nommée présidente par intérim du Venezuela par la Cour suprême samedi soir, Delcy Rodriguez a réuni, dimanche soir, son premier conseil des ministres après l’enlèvement par l’armée américaine du président Nicolas Maduro dont elle était la vice-présidente.

La télévision d’Etat VTV a montré en début de soirée Mme Rodriguez présidant une table au palais présidentiel de Miraflores, à laquelle étaient notamment assis le ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez, ou le ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello.

Edmundo Gonzalez Urrutia, dont l’opposition estime qu’il a remporté la présidentielle de 2024 au Venezuela, s’est exprimé dimanche sur la capture de Nicolas Maduro.

« Ce moment constitue un pas important, mais pas suffisant. La normalisation réelle du pays ne sera possible que lorsque tous les Vénézuéliens privés de liberté pour des raisons politiques (…) seront libérés et que la volonté majoritaire exprimée par le peuple vénézuélien le 28 juillet sera respectée, sans ambiguïté », a-t-il dit dans une vidéo depuis son exil en Espagne.

« Aujourd’hui, celui qui a usurpé le pouvoir n’est plus dans le pays et fait face à la justice. Ce fait instaure un nouveau scénario politique, mais ne remplace pas les tâches fondamentales qui nous attendent encore », souligne-t-il, insistant : « Aucune transition démocratique n’est possible tant qu’un seul Vénézuélien est injustement emprisonné ».

M. Gonzalez Urrutia, qui se considère président élu du Venezuela, a une nouvelle fois adressé un appel à l’armée lui demandant « de respecter et de faire respecter le mandat souverain exprimé le 28 juillet 2024. En tant que commandant en chef, je vous rappelle que votre loyauté va à la Constitution, au peuple et à la République ».

M. Gonzalez Urrutia avait remplacé au pied levé comme candidat à la présidentielle Maria Corina Machado, déclarée inéligible par le pouvoir.

Nicolas Maduro sera présenté demain devant le tribunal fédéral du Southern District, à Manhattan, à New York, parce que c’est dans cette juridiction qu’a été déposé l’acte d’accusation.

Comme l’expliquait hier notre correspondant à New York, Nicolas Chapuis, le Southern District of New York est l’une des cours fédérales les plus importantes du pays. Elle représente Manhattan, le Bronx, ainsi que quelques comtés situés au nord de la ville. Dans le complexe système judiciaire fédéral américain, ces cours opèrent un peu comme des tribunaux de première instance.

Le tribunal a souvent de gros dossiers financiers à traiter, en raison de la concentration de sièges sociaux de grandes entreprises et de banques autour de Wall Street, mais gère tous types de cas. De nombreuses affaires très médiatiques y ont été jugées ces derniers temps, comme le procès de Sean Combs, alias Diddy, ou celui de Sam Bankman-Fried, le roi déchu de la cryptomonnaie.

Lors de sa conférence de presse, Donald Trump a annoncé que le procès pourra avoir lieu ailleurs, en Floride, par exemple, mais, « dans tous les cas, M. Maduro et sa femme, Cilia Flores, feront leur apparition bientôt devant le tribunal fédéral de Manhattan », rappelait le New York Times, hier. « Les accusés seront présentés à un juge et plaideront probablement non coupables. Le juge ordonnera très probablement leur détention provisoire dans l’attente d’un procès, qui pourrait avoir lieu dans plus d’un an », explique le quotidien new-yorkais, qui souligne que « si l’affaire reste à Manhattan, le bureau du procureur fédéral, dirigé par Jay Clayton, sera chargé des poursuites. L’affaire a été confiée au juge Alvin Hellerstein, magistrat fédéral fort de près de trente ans d’expérience. Les accusations reposent sur une enquête menée par la DEA, l’agence fédérale de lutte contre le trafic de drogue », poursuit le quotidien américain.

Alors que Donald Trump avait affirmé une demi-douzaine de fois que les Etats-Unis allaient « diriger » le Venezuela, lors de sa conférence de presse, hier, Marco Rubio a dit autre chose, lors de ses nombreux entretiens avec les médias américains, aujourd’hui.

Le secrétaire d’État américain a, en effet, laissé entendre que les États-Unis ne gouverneraient pas le Venezuela au quotidien, se contentant d’appliquer un « embargo pétrolier » déjà en vigueur dans le pays, et qu’ils utiliseraient ensuite ce moyen de pression pour obtenir des changements politiques favorables, rapporte l’agence de presse américaine Associated Press (AP).

« C’est à ce type de contrôle que le président fait allusion lorsqu’il dit cela », a ainsi déclaré Marco Rubio sur CBS. « Nous poursuivons cet embargo et nous nous attendons à voir des changements, non seulement dans la façon dont l’industrie pétrolière est gérée au profit du peuple, mais aussi pour mettre fin au trafic de drogue. »

Sur NBC, relève The New York Times, le secrétaire d’Etat américain a déclaré : « Ce n’est pas diriger, c’est diriger la politique, en fonction de cela. »

Hier, Donald Trump avait pourtant affirmé que les Etats-Unis comptaient « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Interrogé sur qui dirigerait le pays exactement, il s’était retourné vers Marco Rubio et Pete Hegseth, le secrétaire à la guerre. Interrogée par AP, la Maison Blanche n’a pas réagi.

Un peu plus tôt, sur CBS, Marco Rubio a également déclaré que les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions ». « S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien.

Le fils du président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé ses partisans à se mobiliser et à descendre dans la rue, après sa capture par les Etats-Unis. « Vous nous verrez dans la rue, vous nous verrez aux côtés de ce peuple, vous nous verrez brandir les drapeaux de la dignité », a-t-il déclaré dans un message audio diffusé sur les réseaux sociaux.

« Ils veulent nous voir faibles, ils ne nous verront pas faibles », a ajouté celui qui figure, comme son père et sa belle-mère, parmi les six personnes accusées de « narcoterrorisme » par la justice américaine.

« L’histoire dira qui ont été les traîtres, l’histoire le révélera », a-t-il ajouté, en allusion à des informations circulant sur la présence au sein du premier cercle de Nicolas Maduro d’un espion qui aurait facilité sa capture.

Le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro comparaîtra lundi à midi (18 heures à Paris), devant un juge de New York, a annoncé le tribunal, où il se verra officiellement signifier les charges retenues contre lui.

L’Union européenne a exigé le respect de la volonté du peuple vénézuélien, au lendemain du renversement du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis, y voyant « le seul moyen de résoudre la crise », selon un communiqué.

Précisant s’exprimer au nom de 26 pays (soit tous les pays membres sauf la Hongrie), la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, « appelle tous les acteurs à faire preuve de calme et de retenue, afin d’éviter une escalade et de garantir une solution pacifique à la crise ». « Respecter la volonté du peuple vénézuélien reste le seul moyen pour le Venezuela de rétablir la démocratie et de résoudre la crise actuelle », est-il ajouté.

Les guérillas colombiennes qui opèrent à la frontière avec le Venezuela ont dit être prêtes à affronter « les plans impériaux » des Etats-Unis, selon des communiqués diffusés au lendemain de l’opération militaire américaine ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro.

La guérilla de l’ELN (Armée de libération nationale) a dit se joindre à « tous les patriotes, démocrates et révolutionnaires » pour « affronter les plans impériaux contre le Venezuela et les peuples du Sud », selon un communiqué envoyé via Telegram. Les dissidents des FARC (qui ont signé un accord de paix et de démobilisation en 2016), ont pour leur part averti qu’ils donneraient « jusqu’à la dernière goutte de sang en luttant contre l’empire » américain « si nécessaire ». « Tôt ou tard, l’empire yankee tombera », ont-ils écrit sur X.

Le président colombien Gustavo Petro a déployé 30 000 soldats pour renforcer les points de passage frontaliers avec le Venezuela et placé le pays en alerte face à de possibles attentats de ces groupes armés illégaux.

Donald Trump a déclaré que la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, « paiera cher, probablement plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut », dans une interview accordée au magazine The Atlantic.

« Reconstruire le pays n’est pas une mauvaise chose », a continué le président américain, joint par téléphone. Le Venezuela est « en faillite. Ce pays est une catastrophe dans tous les domaines », a-t-il dit.

Concernant la gestion politique future du pays d’Amérique latine, le président américain a assuré que « la reconstruction et le changement de régime » valaient « mieux que ce qu’il y a actuellement » au Venezuela. « Ça ne peut pas être pire », a-t-il dit. Plus tôt, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a affirmé que les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions », assurant que les Etats-Unis gardaient des moyens de pression sur le pays, notamment l’embargo pétrolier.

Hier, M. Trump avait déclaré que Mme Rodriguez était disposée à coopérer avec les Etats-Unis. Mais cette dernière avait répliqué peu après que le Venezuela était prêt à se « défendre ».

Comme son mari, l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale vénézuélienne Cilia Flores a été arrêtée puis enlevée par les forces américaines dans la nuit de vendredi à samedi.

Comme le rappelle le New York Times, Cilia Flores n’était pas mentionné dans le précédent acte d’accusation, datant de 2020. Dans le nouvel acte d’accusation, publiée hier par la procureure générale américaine Pam Bondi sur le réseau social X, elle est notamment accusée, en compagnie de son mari et plusieurs autres personnes, de s’être associée « avec des trafiquants et des groupes narcoterroristes, qui expédiaient de la cocaïne transformée du Venezuela vers les Etats-Unis ». Elle est également accusée d’avoir participé à une réunion où elle aurait « accepté des centaines de milliers de dollars en pots-de-vin pour organiser une rencontre entre un important trafiquant de drogue et le directeur de l’Office national antidrogue vénézuélien ».

Dans un message publié sur le réseau social X, Pam Bondi a promis que Nicolas Maduro et Cilia Flores « vont bientôt affronter toute la rigueur de la justice américaine sur le sol américain, devant les tribunaux américains ».

Si des images de l’arrivée de Nicolas Maduro sur le sol américain ont été diffusées par les autorités américaines, il ne semble pas que ce ne soit le cas pour Cilia Flores. Selon le New York Times, tous deux doivent comparaître pour la première fois devant un tribunal fédéral de Manhattan, demain.

Le ministre de la défense vénézuélien, le général Vladimir Padrino Lopez, entouré de militaires en armes, a appelé ses compatriotes à « reprendre leurs activités » et ne pas « céder à la peur », au lendemain de l’enlèvement de Nicolas Maduro par les Etats-Unis.

« J’appelle le peuple du Venezuela à reprendre ses activités économiques, professionnelles et de toute nature, ainsi que ses activités éducatives dans les prochains jours, et la patrie à se remettre sur ses rails constitutionnels », a déclaré le ministre, exhortant la population « à la paix, à l’ordre, à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu’on veut nous imposer ».

L’armée vénézuélienne a reconnu la vice-présidente, Delcy Rodriguez, comme présidente par intérim du pays, a annoncé le ministre de la défense, le général Vladimir Padrino Lopez. Lisant un communiqué, le général a cité la décision de la Cour suprême ordonnant à Mme Rodriguez d’assumer le pouvoir pendant quatre-vingt-dix jours.

Réclamant la libération de M. Maduro, il a également dénoncé l’assassinat de « sang froid » d’une partie de son équipe de protection.

Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a déclaré qu’il était « prématuré à ce stade » d’évoquer des élections au Venezuela, lors d’une interview accordée à la chaîne NBC, alors qu’il était interrogé sur le sujet.

« Des élections ? Ecoutez, c’est un pays qui a été gouverné par ce régime depuis quatorze, quinze ans. Les élections auraient dû avoir lieu il y a longtemps déjà. Elles ont déjà eu lieu, ils ont perdu et ont refusé de compter les votes, et tout le monde le sait. Donc tout ça c’est prématuré à ce stade. Mais il y a beaucoup de travail », a-t-il dit, ajoutant plus tard : « Nous attachons de l’importance aux élections et à la démocratie. Mais ce qui nous importe avant tout, c’est la sécurité, le bien-être et la prospérité des États-Unis. »

Interrogé sur ABC au sujet des critiques de l’opposition démocrate et de plusieurs experts juridiques quant à la légalité de l’opération américaine, car l’exécutif n’a pas cherché l’approbation du Congrès, seul habilité par la Constitution à déclarer une guerre à un autre pays, Marco Rubio a affirmé qu’une telle approbation « n’était pas nécessaire car ce n’était pas une invasion, nous n’avons pas occupé le pays ».

« C’était une opération d’arrestation », a assuré le secrétaire d’Etat américain. Selon lui, Nicolas Maduro a été « arrêté sur le terrain, au Venezuela, et ses droits lui ont été lus par des agents du FBI », a-t-il expliqué en référence aux droits Miranda. Le président vénézuélien a ensuite été « sorti du pays ». « Mais ce n’est pas un territoire amical », a-t-il poursuivi. « Pour l’arrêter, nous avons dû demander au département de la guerre d’intervenir, ce qu’il a fait (…). C’était une opération limitée et très ciblée », a assuré Marco Rubio.

Par ailleurs, Marco Rubio a répété qu’il aurait été impossible de prévenir les élus par peur des risques de fuite et en raison des conditions particulières de l’opération.

Des images satellites fournies par Vantor permettent de constater les dégâts commis durant l’attaque américaine sur le complexe militaire de Fuerte Tiuna. Il s’agit du plus grand complexe militaire du pays.

Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a affirmé, dans un entretien sur la chaîne américaine ABC, que les Etats-Unis « gèrent la direction » dans laquelle va aller le Venezuela dans le futur, assurant qu’à cette fin les Américains ont « des moyens de pression qu’ils utilisent, prévoient d’utiliser et [ont] déjà utilisé ».

Interrogé sur la légalité de la gestion américaine du pays, Marco Rubio avait d’abord affirmé avoir « instauré un blocus sur leur pétrole. Cela signifie que leur économie ne pourra pas progresser tant que les conditions qui sont dans l’intérêt national des Etats-Unis et dans l’intérêt du peuple vénézuélien ne seront pas remplies ». « Vous pouvez voir où ils ont des capacités de stockage. Dans quelques semaines, ils devront arrêter leur production de pétrole, à moins qu’ils ne fassent des changements », a-t-il ensuite développé

« Les moyens de pression que nous avons nous permettent de saisir n’importe quel bateau qui entre au Venezuela pour récupérer du pétrole ou en sort chargé de pétrole et nous pouvons choisir après lesquels courir », a expliqué le secrétaire d’Etat américain. « Nous avons des ordonnances judiciaires pour chacun d’entre eux. Et cela se poursuivra tant que les personnes qui ont le contrôle du pouvoir dans ce pays font des changements qui ne vont pas uniquement dans le sens des Vénézuéliens, mais aussi des intérêts américains », affirme-t-il

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Published: Jan 5, 2026

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