Plusieurs pays européens, comme l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal ou la Belgique, ainsi que la Grande-Bretagne, ont fait de même récemment. Aux Etats-Unis, Donald Trump a demandé aux manifestants de « continuer », promettant que « l’aide est en route », sans donner d’autres précisions.
Le premier ministre a justifié mardi la prudence de la France sur la contestation en Iran par la situation « plus que fragile et préoccupante » de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus pendant plus de trois ans et actuellement assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran.
La France a « toujours un éminent devoir de protection de la communauté française présente en Iran », a souligné le premier ministre devant l’Assemblée nationale, en évoquant « la question de Mme Kohler et de M. Paris, qui sont encore actuellement à l’ambassade, et dont vous savez très bien que la situation reste plus que fragile et préoccupante ». « Parler de silence est excessif », a-t-il ajouté. « La République française se tient derrière le peuple iranien », assure le premier ministre.
Le ministère des affaires étrangères danois a annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires d’Iran, l’ambassadeur étant actuellement absent, « afin d’exprimer la condamnation par le gouvernement de l’usage de la violence par le régime iranien contre les manifestants ».
Le ministère danois a déclaré dans un communiqué qu’il a également exhorté « l’Iran à respecter ses obligations internationales, y compris le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion ». « Cela vaut également pour la garantie d’un accès libre et sans entrave à internet », a-t-il ajouté.
Le président américain a encouragé mardi les manifestants iraniens à poursuivre leur mouvement jusqu’à renverser les autorités, en promettant sur son réseau Truth Social que « l’aide était en route », sans plus de précisions.
« Patriotes iraniens, CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS ! ! ! » a écrit Donald Trump, précisant qu’il avait « annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêtaient pas. »
Le Royaume-Uni a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Londres pour dénoncer la « répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations » depuis des années, a annoncé, mardi, la cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, devant les députés britanniques.
« Sur mes instructions, le secrétaire d’Etat chargé du Moyen-Orient a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour souligner la gravité du moment, et exiger de l’Iran qu’il réponde aux rapports horribles que nous recevons », et qui font état de « milliers de morts », a-t-elle rapporté.
La France a convoqué, mardi, l’ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer la « violence d’Etat qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques », a annoncé le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors des questions aux gouvernements devant les députés.
Pour Jean-Noël Barrot, la répression des manifestations qui agitent l’Iran depuis le 28 décembre 2025 est « intolérable, insupportable et inhumaine ». « Cette condamnation, je l’ai signifié au ministre des affaires étrangères de l’Iran et elle sera réitérée à l’ambassadeur d’Iran en France que j’ai convoqué aujourd’hui au Quai d’Orsay », a déclaré le chef de la diplomatie.
« Nous ne nous arrêterons pas là : il ne saurait y avoir aucune impunité pour ceux qui tournent leurs fusils contre des manifestants pacifiques », a affirmé le chef de la diplomatie française, évoquant les sanctions « rapides » contre Téhéran promises par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Plusieurs pays européens, notamment l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal ou la Belgique, ont également annoncé ces dernières heures la convocation à leur ministère des affaires étrangères du représentant de la République islamique dans leur pays. Mme von der Leyen « va proposer un certain nombre de désignations nouvelles ciblant les auteurs qui ont tourné leurs armes contre des civils innocents », a rappelé M. Barrot.
Le gouvernement irlandais a annoncé mardi avoir décidé de reporter la cérémonie de présentation des lettres de créance du nouvel ambassadeur d’Iran à Dublin.
Cette décision « a été prise à la lumière des manifestations en Iran ces derniers jours qui ont entraîné un très grand nombre de tués ou de blessés ainsi qu’une coupure des communications », a déclaré un porte-parole du ministère des affaires étrangères irlandais dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse.
Eshaq Al-Habib a été nommé par le ministère des affaires étrangères iranien fin 2025. Il devait prendre officiellement ses fonctions à l’issue de la cérémonie prévue mardi à la résidence de la présidente irlandaise, Catherine Connolly. L’ancien ambassadeur d’Iran en Irlande, Masoud Eslami, occupait ce poste entre 2018 et 2024, depuis lors laissé vacant.
Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a appelé, mardi, « à la fin de la répression en Iran ». « Il faut une gouvernance différente en Iran, davantage de libertés pour la population, le droit de se réunir librement, le droit à la liberté d’expression et un système de gouvernance plus démocratique », a-t-il déclaré devant des journalistes à Dublin.
Le ministre des affaires étrangères portugais, Paulo Rangel, a convoqué le représentant de la diplomatie iranienne « pour lui transmettre de vive voix la condamnation véhémente, déjà réitérée ces derniers jours, de la répression violente des manifestations » des derniers jours contre le régime de Téhéran.
« Par ailleurs, dans un cadre de concertation européenne, le Portugal est prêt à renforcer les sanctions contre l’Iran », a précisé le ministère des affaires étrangères sur son compte X. Lisbonne a ainsi appelé « à ce que soient respectés les droits des citoyennes et des citoyens iraniens ».
Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, qui s’est érigé en figure de ralliement dans la contestation, a estimé, dans un entretien publié mardi par Le Figaro Magazine, que « jusqu’à présent, la France a malheureusement adopté une posture d’apaisement vis-à-vis du régime iranien » face à la répression des manifestations.
« Il me semble moralement impératif pour le président Emmanuel Macron, et les dirigeants occidentaux, de se placer du bon côté de l’Histoire », a martelé cet opposant qui vit en exil depuis la révolution islamique de 1979 qui a renversé son père, mettant en garde contre un « énième arrangement avec un régime au bord de l’effondrement ».
Le président français a d’abord condamné « fermement », vendredi 9 janvier, « le meurtre de manifestants », dans une déclaration avec le chancelier allemand, Friedrich Merz, et le premier ministre britannique, Keir Starmer. Les trois dirigeants ont appelé Téhéran à la « retenue ».
Lundi soir, sur X, il a de nouveau condamné « la violence d’Etat qui frappe aveuglément » les manifestants et s’est dit « aux côtés » des défenseurs des « libertés fondamentales » − alors que de premières critiques commençaient à émerger sur la position française.
Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l’ambassade de France à Téhéran en attente d’une potentielle libération, « vont bien » malgré le mouvement contestataire inédit qui secoue l’Iran, a fait savoir mardi à l’Agence France-Presse leur entourage, qui « suit la situation heure par heure ».
« Ils sont toujours assignés à résidence à l’ambassade. Ils sont avec les personnels essentiels [de l’ambassade] qui continuent à être très attentifs à leur égard », a déclaré Noémie Kohler, la sœur de Cécile Kohler. « Leur sécurité est assurée », a insisté, de son côté, Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris. « Ils se remettent peu à peu de leur détention, mais ils sont impatients de rentrer », a-t-elle ajouté.
Les deux Français avaient été arrêtés et incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à vingt et dix-sept ans de prison, notamment pour espionnage pour Israël, en octobre 2025. Ils avaient finalement été libérés, au début de novembre, avec l’interdiction toutefois de quitter le pays.
« Nous savons que toute escalade [entre Washington et Téhéran] aurait des conséquences catastrophiques dans la région et au-delà, et nous voulons donc l’éviter autant que possible », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères qatari, Majed Al-Ansari, lors d’une conférence de presse à Doha, après que le président américain a menacé d’intervenir militairement dans ce pays, en proie à la contestation.
Le président américain a assuré, il y a dix jours, que les Etats-Unis étaient « parés à intervenir » et viendraient au « secours » des manifestants si les autorités iraniennes les tuaient. De son côté, l’Iran a menacé, dimanche, Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d’intervention militaire des Etats-Unis contre la République islamique.
Dans un message posté sur son compte Instagtam, la dernière impératrice d’Iran, Farah Pahlavi, veuve de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, et mère de Reza Pahlavi, s’est adressée aux manifestants en Iran : « Votre courage, votre patriotisme et votre abnégation ces derniers jours vous ont valu le respect du monde entier », écrit-elle.
« Je sais que les esprits sombres, craignant d’entendre votre voix, ont coupé vos moyens de communication avec le monde extérieur, mais sachez que votre message est trop fort pour être réduit au silence par de telles actions », ajoute-t-elle, affirmant que ces actions « finiront tôt ou tard par briser le mur de la censure ».
Mme Pahlavi dénonce aussi le « massacre de manifestants innocents en Iran », déplorant le « sang versé de chaque enfant de ce pays ». « Sachez que l’histoire de ces jours en Iran restera à jamais gravée dans les pages de l’histoire, et que la honte restera pour ceux dont les balles ont transpercé la poitrine de leurs frères et sœurs », conclut-elle.
Volker Türk s’est déclaré mardi « horrifié » par la violence croissante des forces de sécurité iraniennes à l’égard des manifestants. « Ce cycle de violence effroyable ne peut se poursuivre. Le peuple iranien et ses revendications d’équité, d’égalité et de justice doivent être entendus », a-t-il dit dans un communiqué. Interrogé sur le bilan de la répression, le haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme a évoqué « plusieurs centaines » de morts.
M. Türk a jugé « extrêmement préoccupant » les déclarations de certains responsables judiciaires « laissant entendre que la peine de mort pourrait être appliquée à l’encontre des manifestants dans le cadre de procédures judiciaires accélérées », et rejeté le qualificatif de « terroristes » pour parler des manifestants.
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a exprimé mardi sur Telegram son « objection » à la décision du Parlement européen d’interdire l’entrée de diplomates ou de responsables iraniens dans ses locaux. « L’Iran ne cherche pas à être hostile à l’Union européenne, mais toute restriction sera réciproque », a-t-il affirmé.
Le ministre a dénoncé un deux poids deux mesures avec les représentants israéliens, notant que « plus de deux ans de génocide à Gaza ayant coûté la vie à 70 000 Palestiniens n’ont pas poussé le Parlement européen à prendre une quelconque mesure réelle contre Israël ».
Lundi, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, avait affirmé sur X que la Chambre « ne contribuera pas à légitimer ce régime [iranien] qui s’est maintenu par la torture, la répression et le meurtre ».
Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé, dans un communiqué commun daté du 8 janvier, la « répression meurtrière » des forces de l’ordre et des autorités judiciaires iraniennes depuis le début des manifestations, l’« utilisation illégale de la force et des armes à feu », ainsi que les « arrestations arbitraires massives ».
« Les forces de sécurité, notamment les services de renseignement des gardiens de la révolution, la force de résistance bassidj et la police iranienne, ont illégalement utilisé des fusils d’assaut, des fusils de chasse, des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des coups pour disperser, intimider et punir des manifestants largement pacifiques », dénoncent les deux organisations, alors que les liaisons téléphoniques internationales ont repris mardi avec l’Iran, permettant la sortie de nouveaux témoignages.
« Le peuple iranien, qui ose exprimer sa colère face à des décennies de répression et réclamer des changements fondamentaux, a une fois de plus été confronté à un schéma meurtrier de tirs illégaux, de poursuites, de détentions et de passages à tabac de manifestants par les forces de sécurité, dans des scènes qui rappellent le soulèvement “Femmes, vie, liberté” [de 2022] », a déclaré Diana El-Tahavi, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, citée dans le communiqué. Elle appelle le gouvernement iranien à « cesser l’usage illégal de la force et des armes à feu ».
Rectificatif, le 13/01 à 13 h 05 : retrait d’une mention d’un ancien bilan de la répression.
Deux semaines après le début d’une contestation qui atteint une ampleur sans précédent, les morts se comptent par centaines. Y compris dans des villes du sud-ouest du pays, habituellement plus loyales au régime. Le média en exil IranWire y a recueilli des témoignages qui décrivent une répression impitoyable.
Nous vous recommandons la lecture de cet article traduit par nos confrères de Courrier international, une rédaction du Groupe Le Monde.
Forts du rassemblement massif de leurs partisans lundi, de hauts responsables de la République islamique ont durci le ton et multiplié les menaces envers les manifestants, alors que le pays traverse la vague de protestation la plus importante depuis la fondation du régime, en 1979.
Après les manifestations massives et la répression sanglante de ces derniers jours, la République islamique d’Iran a tenu à faire une démonstration de force. Lundi 12 janvier, à Téhéran, à Hamadan, à Ilam, à Kerman et dans plusieurs autres villes, le pouvoir a appelé ses partisans à descendre dans la rue afin de condamner les « vandales », les « fauteurs de trouble » et les « terroristes armés ». Une opération organisée alors que le pays traverse la vague de contestation la plus importante depuis la fondation de la République islamique, en 1979, et que le bilan de la répression ne cesse de s’alourdir.
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Curated by Shiv Shakti Mishra






