Le premier ministre groenlandais a déploré ne pas savoir ce que contenait « l’accord concernant [son] pays ». Les Européens ont tenu un sommet d’urgence, dans la nuit de jeudi à vendredi, et les réactions diplomatiques se succèdent.
Le Canada « n’existe pas grâce aux Etats-Unis », a lancé le premier ministre canadien, Mark Carney, en réponse aux attaques de Donald Trump la veille depuis Davos après un discours retraçant l’histoire de son pays et ses particularités.
« Le Canada prospère parce que nous sommes canadiens. Nous sommes maîtres chez nous, c’est notre pays, c’est notre avenir », a-t-il ajouté depuis la ville de Québec, expliquant vouloir faire de son pays un « phare » en cette période de « déclin démocratique ».
Malgré un accueil glacial, un recul sur ses menaces concernant le Groenland et l’absence de tout membre du Conseil de sécurité de l’ONU au sein de son Conseil de la paix, Donald Trump a passé « un moment incroyable à Davos », a-t-il écrit sur Truth Social.
« La structure du Groenland est en cours de construction et sera formidable pour les Etats-Unis. Le Conseil de la paix est une initiative inédite dans le monde – vraiment exceptionnelle. Que de bonnes choses se passent ! », a-t-il ajouté lors de son retour à Washington.
Selon des informations du site d’information européen, Euractiv, les premiers ministres hongrois Viktor Orban, slovaque Robert Fico et tchèque Andrej Babis, ne se sont pas adressés à la presse avant le sommet d’urgence du Conseil européen. Les trois dirigeants sont réputés pour leur euroscepticisme.
Face aux ambitions de Donald Trump, les dirigeants populistes européens sont d’ailleurs tiraillés entre leur proximité affichée avec le président américain et la défense de la souveraineté des Etats.
Dans le contexte actuel de fortes tensions au sujet du Groenland et de fragilisation politique de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’annonce est bien plus que symbolique. Alors que Donald Trump était à Davos pour trouver un cadre d’accord au sujet du Groenland, permettant de faire retomber le niveau de stress au sein de l’Alliance atlantique, le Pentagone, le département américain de la défense, informait ses alliés européens du prochain retrait de quelque 200 personnels américains de certaines structures dépendantes de l’organisation de défense collective, comme l’a révélé le Washington Post.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a reconnu un « coup dur » porté aux relations transatlantiques, mais a insisté sur le fait que l’Europe ne renoncerait pas à « quatre-vingts ans de bonnes relations » à cause des différends actuels.
A son arrivée au Conseil européen, elle a évoqué les récentes tensions concernant le Groenland, ajoutant que l’année écoulée avait démontré que l’Europe devait se préparer à une imprévisibilité constante. « Les désaccords entre alliés comme l’Europe et l’Amérique ne profitent qu’à nos adversaires, qui observent et se délectent du spectacle. Un jour, la situation peut changer, le lendemain, tout peut basculer. C’est le monde dans lequel nous vivons », a-t-elle déclaré.
« Si le gouvernement danois nous demande de l’aide, nous sommes toujours prêts à nous engager auprès de l’OTAN », a déclaré la première ministre lettone, Evika Siliņa, à la presse avant sa rencontre avec ses homologues ce soir. Concernant la défense de l’Arctique, elle a affirmé : « Nous devons passer à l’action et ne pas nous contenter de discussions. »
Elle s’est également félicitée du récent changement de position de Trump et de la désescalade qui en découle, qualifiant la relation actuelle avec les Etats-Unis d’« intense, mais positive ».
Après avoir échangé avec les journalistes à leur arrivée à Bruxelles, les dirigeants de l’UE vont entamer les discussions – avec plusieurs minutes de retard – à l’occasion du « sommet d’urgence » du Conseil européen.
« L’objectif principal est de parvenir à une compréhension commune de la situation actuelle, ainsi qu’aux enseignements à tirer pour l’avenir », a déclaré un diplomate européen, au site d’information Euractiv.
Le premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a déclaré que les dirigeants de l’Union européenne devaient apporter leur plein soutien au Danemark et au Groenland, « en principe comme en pratique », face à la montée des tensions transatlantiques concernant l’île arctique.
« Lorsqu’un pays revendique le territoire d’un autre, c’est totalement inacceptable », a affirmé M. Kristersson, ajoutant que toute nation insulaire pouvait imaginer la situation du Danemark : « Nous ne nous laisserons pas faire. »
Le premier ministre a aussi averti que la rhétorique hostile des Etats-Unis « nuisait à la confiance » et a déclaré que Washington « sous-estimait les conséquences néfastes de cette rhétorique sur les relations entre les pays, leurs dirigeants et les entreprises ».
Selon les agences de presse Bloomberg et Reuters, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, aurait brusquement quitté un dîner mardi soir, lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, après des critiques formulées par le secrétaire au commerce des Etats-Unis, Howard Lutnick.
Un porte-parole du département du commerce américain a déclaré que personne n’avait quitté la salle pendant le discours de trois minutes de M. Lutnick et qu’une seule personne avait hué, ajoutant qu’il s’agissait de l’ancien vice-président américain Al Gore.
La BCE et le Forum économique mondial n’ont pas souhaité faire de commentaires.
Le Danemark entrevoit l’opportunité de négocier avec les Etats-Unis les conditions d’un renforcement de la sécurité au Groenland, a dit jeudi son ministre des affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen.
Une opportunité « s’est ouverte pour que nous puissions à nouveau avoir une véritable négociation entre le royaume, c’est-à-dire le Danemark et le Groenland d’un côté, et les Etats-Unis de l’autre », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue suédoise, Maria Malmer Stenergard. « Je pense donc que nous partageons les objectifs, mais pas nécessairement les méthodes, mais cela ouvre désormais la possibilité de mettre les choses en place », a-t-il ajouté.
A Bruxelles, avant le sommet d’urgence du Conseil européen, le premier ministre finlandais, Petteri Orpo, s’est dit « très heureux » de l’amélioration de la « situation très difficile » avec les Etats-Unis. Il a toutefois averti que l’Europe doit rester « prête à utiliser » ses instruments commerciaux « si nécessaire ».
L’utilisation de l’instrument anticoercition de l’UE a été notamment évoquée par Emmanuel Macron après les menaces de Donald Trump.
« Il a été démontré que l’unité et la détermination peuvent faire la différence », a déclaré, à son arrivée à Bruxelles, le chancelier allemand, Friedrich Merz, ajoutant qu’il était reconnaissant à l’égard de Donald Trump d’avoir renoncé à ses projets d’acquisition du Groenland par la force et de droits de douane à l’encontre de huit pays européens.
L’OTAN « est l’alliance politique la plus fructueuse qui ait jamais existé entre l’Europe et l’Amérique », a-t-il ajouté.
Tous les pays de l’OTAN sont d’accord pour une présence permanente de l’Alliance dans l’Arctique et autour du Groenland, a affirmé jeudi la première ministre danoise Mette Frederiksen. « Tout le monde au sein de l’OTAN est d’accord sur ce point (...) : nous avons besoin d’une présence permanente de l’OTAN dans la région arctique, y compris autour du Groenland », a-t-elle déclaré à son arrivée à Bruxelles pour un sommet des dirigeants de l’Union européenne.
« La sécurité dans l’Arctique est une affaire qui concerne l’ensemble de l’OTAN. Il est donc bon et naturel qu’elle soit également abordée entre le secrétaire général de l’OTAN et le président des Etats-Unis », a-t-elle écrit plus tôt sur Facebook, ajoutant que le « Danemark œuvre depuis longtemps pour que l’OTAN renforce son engagement dans l’Arctique ».
Les membres du Conseil européen se réunissent en ce moment à Bruxelles pour « débattre de l’évolution récente des relations transatlantiques et des conséquences qui en résultent pour l’Union européenne ».
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Curated by Marcus Thompson






